Église des Sacrés-Cœurs

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L'église des Sacrés-Cœurs

L'église des Sacrés-Cœurs est une église de Rennes située au sud de la ville dans le quartier Sud-Gare. Elle fut construite au début du XXe siècle, d'abord isolée entre les faubourgs de Nantes et de Chatillon, à l'initiative du curé de la paroisse Toussaints, le chanoine Albert Girard, pour répondre aux besoins de la population en croissance autour de ces deux directions. Elle apparaît ainsi "plantée" presque seule au milieu de terres sur les cartes postales du début du siècle et l'architecte Arthur Regnault lui donna naturellement l'allure d'une église rurale, dans un style néogothique. La première pierre fut posée le 28 octobre 1908.

Les Cœurs sacrés dont il est question dans le nom de cette église et de cette paroisse sont ceux de Jésus et de Marie, sa mère, le chanoine Girard ayant fait un séjour à Paris dans la Congrégation des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie. Ce thème se retrouve en quelques points de l'édifice : le fronton du porche ; la statue du Sacré-Coeur (dans sa niche éclairée par la lumière du jour) ; l'ornementation de la porte de la sacristie ; les vitraux posés en 1950 en remplacement de ceux qui ont été endommagés par le bombardement allié du 8 mars 1943.

Une première phase de travaux aboutit en mars 1911 à une sorte de demi-église. Puis, une fois le presbytère construit dans l'intervalle, l'église fut progressivement amenée à son développement complet en mai 1915. Pourtant le projet de clocher en dentelle de pierre n'ayant pas été réalisé, c'est à l'occasion du cinquantenaire que s'éleva un clocher de structure en bois, recouverte de cuivre (architectes Derrouch et Tual).

L'église est construite en schiste pourpre provenant de Pont-Réan plus au sud de Rennes, en grès de Saint-Germain-sur-Ille (au nord cette fois) et de pierre de Caen à l'intérieur (colonnes séparant les trois vaisseaux, fonts baptismaux, relief du monument aux morts en complément de marbre griotte). Dans une des chapelles, une dalle est décorée de mosaïques d'isidore Odorico ; dessous, reposent les restes du chanoine fondateur et du premier curé de la paroisse, le chanoine Sallier-Dupin. Après la Seconde Guerre mondiale, un riche orgue de 27 jeux prend place dans la tribune du bas de la nef ; les feuilles de vigne qui ornent son buffet rappellent que l'orgue a pour une part une origine champenoise, celui qui le commanda, le marquis Melchior de Polignac, étant à la tête du champagne Pommery avant la Grande guerre. Cette guerre vit au moins 132 Rennais du quartier partis pour le front reconnus ensuite morts pour la France, ainsi qu'en conserve la mémoire le monument conçu par Arthur Regnault et inauguré en 1921.

Les décennies suivantes, la ville continua son expansion autour de ce nouveau lieu de culte, faisant naître d'autres besoins tel que celui d'instruction publique : en 1936, l'école Saint-Joseph est édifiée juste à côté, à l'est, mais nettement en retrait par rapport au porche. Des artisans et des commerçants se sont installés à proximité, principalement dans la rue Ginguené qui s'étend devant l'église dans une orientation est-ouest. L'espace resté libre entre la rue et l'entrée principale a été aménagé en forme de petit square dans la moitié ouest et, depuis 1958, dans l'autre moitié, par la construction d'un bâtiment paroissial, une école maternelle s'y adossant par la suite en complément de l'école primaire qui lui fait face.

Voir aussi

Notes et références

  • Source :
    Rennes, Église des Sacrés-Cœurs, plaquette réalisée pour le texte par Danielle Roulleau pour l'association "Centenaire de l'église des Sacrés-Cœurs" à l'occasion de l'exposition consacrée en 2011 à Arthur Regnault aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine ; sources primaires : bulletins paroissiaux et fonds iconographiques des Archives d'Ille-et-Vilaine.
    Le numéro 52 de l'Echo du Quartier (comité de quartier Villeneuve-La Madeleine) consacre un bref article à la fête du centenaire le 6 mars 2011, indiquant par exemple que Michel Rabaux, président de l'association, a présenté la rénovation dont a bénéficié l'église en 2010.