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De WikiRennes

  • "Assemblée des évêques de Bretagne : on ne sait dans quel lieu. Les prélats approuvent le rétablissement des monastères de Saint-Gildas de Rhuis, de Lominé et de Saint Georges de Rennes. La première abbesse de cette maison fut la soeur d'Alain, duc de Bretagne, qui dota l'abbaye. Le premier terrain qu'il donna était un champ qui, quoique petit, dit l'acte de concession, n'était pas à mépriser : il renfermait des vignes abondantes, des prairies arrosées par une rivière poissonneuse et deux moulins. Ce champ touchait, du côté du nord, au chemin public ; du côté du midi, à la Vilaine ; du côté de l'orient, à Saint Melaine, et du côté de l'occident, aux faubourgs de la ville. Le duc leur donna en outre le village nommé Tenteniac, avec son église, ses biens présents et à venir, et exempta de toute imposition les domaines de ces religieuses, présent et futurs, et leur permit, dans tous les lieux de sa domination, d'acheter et de vendre toutes les marchandises qu'elles voudraient, etc. Sur la fin de l'acte, le duc enjoint aux évêques de Bretagne d'excommunier le premier audacieux qui osera violer ou attenter aux droits ci-dessus accordés. Cette pièce est signée du duc Alain ; de Junkeneus, archevêque de Dol, et de tous les évêques de Bretagne. L'église du couvent de Saint-Georges fut bâtie sur les ruines d'un ancien temple dont on aperçoit encore quelques vestiges, qui ont été adaptés à cette église ; elle forme une des paroisses de la ville. L'abbaye de Saint-Georges est le monastère le plus célèbre et le plus distingué de la province. On n'y reçoit que des filles de condition noble, quoiqu'il n'y ait aucune constitution pour fondement de cet usage, qui s'observe plus régulièrement que beaucoup de lois solennelles. L'illustre naissance d'Adelle de Bretagne, soeur du duc Alain III, qui fut la première abbesse de ce couvent, où elle vécut avec des demoiselles de premier rang, a été le motif de l'exactitude qu'on apporte à n'admettre dans cette communauté que des personnes de la première distinction. Parmi les religieuses de cette maison, on compte plusieurs princesses, et les plus anciennes de la province se sont toujours fait honneur d'y consacrer à Dieu des dames de leur maison. C'est de là sans doute, que sont venues les richesses immenses de cette abbaye. On sait qu'autrefois, pour prendre le voile comme pour porter le capuchon, il fallait faire des donations considérables aux monastères dans lesquels on entrait. Plus on était riche, plus on exigeait ; et il n'est pas étonnant qu'une communauté qui n'admettait que les filles de grands seigneurs ait trouvé le moyen de faire des revenus prodigieux". Source : Ogée, 1843, p. 451.