1636, ce qu'un voyageur voit de Rennes

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Le Normand François Nicolas Baudot, sieur de Dubuisson Aubenay (1590-1652) a couru l'Europe comme diplomate ou officier attaché aux armées. Ce grand voyageur curieux et érudit fait un voyage en Bretagne en qualité de gentilhomme d'escorte de Jean d'Etampes-Valencay, commissaire du roi aux Etats de Bretagne qui devaient se réunir à Nantes de novembre 1636 à janvier 1637. Arrivé par Chateaubriant, il visita Rennes en septembre 1636, Saint-Brieuc, Vannes et Quimper, ainsi que la citadelle de Port-Louis en construction, et termina par Nantes où il séjourna plus de six semaines. Descendu à la propriété de l'évêque, à Bruz, il y apprécie le petit gris.

Son énumération des belles demeures de Rennes se limite à cinq - dont l'hôtel de Brissac - occupées par des parlementaires. A côté du monde de la justice, "il y a peu de bonne bourgeoisie" et donc probablement pas de marchands notables.[1]

Ses remarques sur la ville de Rennes ne donnent pas l'envie d'avoir été rennais à l'époque :

" Elle est peu belle; le pavé est comme celui de Vienne en Autriche, fort petit et pointu, les rues estroites, les maisons s'eslargissent par le haut, en sorte qu'en beaucoup de lieux elles se touchent presque l'une l'autre et à peine le jour entre-t-il dans les rues car les seconds estages s'avancent en dehors sur les premiers, et les troisièmes sur les deuxièmes et aynsi se vont toujours estrécissant. Par dedans elles sont mal ordonnées. En la plupart des logis, il faut passer par la salle ou cuisine pour aller à l'escurie ou estable... Les bestiaux passent par même passage que les hommes, et peu s'en faut qu'ils en logent ensemble. C'est comme au reste de la Bretagne... Leur meuble est à l'avenant, leurs lits sont fort courts et fort hauts de terre, leurs tables hautes et leurs sièges fort bas. Et comme les logis sont partie de pierre ardoisine (schiste) et principalement de bois, les rats et les souris y sont en plus grand nombre que j'aye jamais veu en aucun autre lieu... Les puces et les punaises n'y manquent pas."

Cette description recoupe celle de Jean Ogée [2] qui rapporte aussi que "les rues étaient fort étroites, et les maisons bâties en bois étaient si élevées que, les rayons du soleil ne pouvant pénétrer dans les rues, elles étaient toujours fort humides et très sales." [3]

références

  1. Les Parlements et la vie de la Cité-XVIIe-XVIIIe siècle Olivier Chaline, Yves Sassier. Association du Parlement de Normandie- 2004
  2. rue Jean Ogée
  3. Le Vieux Rennes par Paul Banéat. J.Larcher,éditeur -1911

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