Le Secours national

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Le Secours national, créé lors de la guerre en 1914, fut réactivé par un décret du 20 mai 1940, avec une ouverture de crédit de 50 millions de francs. Un autre décret, en date du 23 juillet 1940, attribua à l’organisme le produit de la liquidation des biens des Français déchus de leur nationalité et un décret du 4 octobre 1940 plaça le Secours national sous la haute autorité du maréchal Pétain.

L’organisme d assistance et d'entraide, aussi instrument de propagande, prend une importance croissante au fil des années, ayant le monopole des appels publics à la générosité, et bénéficiant de subventions de l’État et des collectivités locales et du produit de la loterie nationale.

Une cuisine roulante non loin de l'église Saint-Martin bombardée le 29 mai 1943

Un secours bien utile

René Patay est délégué départemental du Secours national en Ille-et-Vilaine, d'abord installé dans le magasin de meubles Marion, rue Victor Hugo, puis pour les stocks au foyer du soldat, square Alain Fergent et ensuite à l'angle de la rue Hoche et de la place Hoche. Il a des démêlés avec les représentants du siège central parisien mais obtient une livraison de cuisines roulantes ... sans roues, mais il en trouvera à l'Arsenal. Tirées par un cheval ou automobiles, ces cuisines permettent de distribuer des repas chauds dans les quartiers, les infirmes et les vieillards étant desservis par des jeunes gens. Du Ier août 1941 au Ier août 1945, 730 000 rations de viande chaude garnie avec légumes ont été servies. En 1942 et 1943, 432 000 rations de pâté et rillettes ont été distribuées en cantines scolaires, ainsi que des biscuits caséinés à la rentrée scolaire de 1941. 115 000 rations de viande froide et de bouillon sont livrées aux hôpitaux et œuvres diverses. Sur indication d'un médecin autrichien de l'armée allemande signalant la mauvaise nourriture des Français détenus, 90 000 rations sont remises par percolateurs à la Prison Jacques-Cartier du Ier août 1943 à fin juillet 1944. On servira même de la viande tuberculeuse dûment analysée, sous contrôle du professeur Roux, vétérinaire directeur des abattoirs de Rennes et il en sera même servie aux autorités invitées à un repas au printemps de 1942.

Une absence du maréchal

Cuisines roulantes pour les sinistrés des bombardements des 9 et 12 juin 1944 (Ouest-Eclair du 13 juin 1944)

Le maréchal Pétain ayant souhaité voir les délégués du Secours national des villes bombardées, le Dr Patay est convoqué à Vichy le 9 juin 1943. Il y rencontre le médecin-chef de l’hôpital militaire qui lui demande de lui dire comment il aura trouvé le maréchal. A l’heure dite, ils sont six délégués départementaux à l’hôtel du Parc avec M. Jardel, secrétaire général auprès du chef de l’Etat, et le Dr Menetrel, son secrétaire particulier. Le maréchal arrive, « bien droit, dans un impeccable costume gris, et fait grosse impression ». Représentant la ville la plus touchée par les bombardements, le Dr Patay fut le premier à expliquer l’action du Secours national et, à l’évocation des repas distribués par les cuisines roulantes, le maréchal l’interrompit disant : « Moi aussi, j’ai vu une cuisine roulante… ». A M. Jardel qui suggéra que c’était sans doute une cuisine d’un des camps de Jeunesse, Pétain répondit : « Non, elle était accrochée derrière un cirque… » et, sur un signe, le Dr Patay reprit son exposé. [1]


Toutefois le rapport des renseignements généraux pour Août 1943 fait état de vives critiques adressées au Secours national et autres organismes dont on accuse les dirigeants de détourner à leur profit quantité de dentées destinées aux camps de prisonniers [2] Une maison d'accueil d'une quarantaine d' enfants de prisonniers fonctionne à la Gromillais en Québriac. Le docteur Patay démissionne du poste de délégué départemental le 4 février 1944, sur un nième désaccord avec le siège parisien.

Le Secours national d'Ille-et-Vilaine vint aussi en aide aux Nantais durement touchés par le bombardement du 16 septembre 1943. Le 19 juillet 1944, est inauguré un restaurant communautaire dans l'ancien cloître des Carmes, 13 rue Martenot en présence des préfets, de Mgr Roques et du docteur Patay, maire. Fonctionnant depuis le 10, il accueille 250 convives à des prix modiques au repas de midi et peut distribuer des dîner à consommer à domicile

Références

  1. Mémoires d'un Français moyen, par René Patay - 1974
  2. La nuit à Rennes sous l'Occupation (18 juin 1940-4 août 1944, par Erwan Saladin. Université de Haute Bretagne Rennes 2 - 2001