Libération de Rennes

De WikiRennes

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1er AOÛT, COUP D'ARRÊT À MAISON-BLANCHE

Juin et juillet 1944

Dès le 6 juin, l'annonce du débarquement des alliés en Normandie a des effets immédiats à Rennes. Les bombardements des 9 et 12 juin 1944 déclenchent un affolement qui s'avérera prématuré de près de deux mois, chez les Allemands : des troupes commencent à quitter Rennes. Les soldats prennent partout les bicyclettes. Des officiers partent en auto, en camions, emportant leurs valises. Les "souris grises" ont été embarquées en camions . "Ils partent ! Personne n'en croit ses yeux." Les routes sont barrées par les Allemands, ce qui a empêché l'arrivée du ravitaillement. La ville est sans lait."[2] et il y eut le 18 juin 1944 : un dimanche ensoleillé et des bombes.

Le colonel Eugen König, chargé de la défense de Rennes, plus tard Generalleutnant
Canons de la batterie allemande à Maison-Blanche
Bruce C. Clarke, colonel commandant le groupe de combat A de la 4e division blindée en août 1944, ici général une dizaine d'années plus tard

Le 5 juillet au matin, 600 prisonniers alliés détenus au camp de la Marne (Stalag 221) sont embarqués dans des wagons à bestiaux, direction l'Allemagne. Dans la matinée du 7 juillet, l'armée allemande s'était livrée à des tirs d'artillerie à diverse entrées de Rennes : notamment au nord de Saint-Grégoire vers Montgermont (route de Saint-Malo), de la route de Fougères en direction de Liffré, vers Thorigné, au sud du Rheu et au nord-ouest de Pacé (route de Saint-Brieuc), de Chantepie à Cesson (route de Paris). La population avait été avertie la veille que l'accès à ces terrains serait interdit et qu'il y avait danger de mort à y pénétrer[3]. Les troupes allemandes avaient commencé à quitter la ville dans les derniers jours de juillet: "au cours de la nuit du 30 au 31, les officiers de la Feldkommandantur sont partis précipitamment, emportant leurs bagages. Des convois traversent la ville mais, dans les voitures, il n'y a plus que des colis, ni armes, ni munitions"[4].

Major General John Shirley "Tiger Jack" Wood, commandant de la 4th Armored Division
Un des canons Flak de 88 mm de la batterie allemande, en position de tir tendu, devant la ferme de la Chesnaie

Mais trois semaines plus tard, le 1er août, se termine l'opération Cobra entamée en Normandie : par la route d'Antrain des éléments de la 4e DB américaine dirigée par le Major General John S. Wood commandant la 4e division blindée (4th Armored Division), dit "Tiger Jack", sous les ordres des généraux George Patton et Omar Bradley, descendent d’Avranches. À Antrain le colonel Rémy constate que 480 Allemands se sont rendus à des FFI et sont parqués dans une vaste salle [5] "La longue descente sur Rennes ne fut pas une promenade dominicale dans un parc". Bien que la résistance allemande se fut évanouie au sud d’Avranches, il n’y avait aucune certitude quant à ce que rencontrerait la 4e blindée à mesure de l’approche du prochain objectif d’importance. Le 10e bataillon d’infanterie blindé (AIB) aurait bientôt un échantillon de ce que les Allemands lui réservaient à Rennes". Ce jour-là, un membre de la compagnie A, sans égal pour son audace et sa réussite mena une mission de reconnaissance bien particulière. Le soldat de première classe du 10e bataillon d’infanterie blindé, Wilfred Pelletier, était d’ascendance française comme son nom l‘indiquait et parlait français couramment. Il fut volontaire pour se mettre en civil et paraître un civil français pour faire une mission de reconnaissance approfondie des positions ennemies. Il se promena dans la campagne et fut bientôt chez les Allemands sans avoir été interpellé. De fait, il resta avec les troupes allemandes ce soir-là et demanda à l’une de leurs sentinelles de le réveiller à 7 heures du matin. Et l’Allemand s’exécuta ! Pelletier revint avec une moisson de renseignements sur les positions ennemies et leur dépôt de stocks." L'objectif premier était de "contrôler la hauteur entre Saint-Laurent et Lesboria" ("Lesboria", déformation phonétique de Le Poirier, ferme à l'ouest de la route (à l'emplacement de l'actuelle rue du Poirier Nivet).»[6]

À 5,5 kilomètres de la place de la Mairie de Rennes...

Des chars et les autochenilles s’arrêtent avant Maison-Blanche, sur la commune de Saint-Grégoire, à 5,5km de la place de la Mairie de Rennes à vol d'avion. Est installée dans le voisinage au sud depuis mars 1943 une batterie de DCA mixte (Gemischte Flak-Abteilung 441) avec 6 canons de 88 m/m, 2 canons quadritubes de 20 m/m, une centaine de fantassins disposant aussi de mitrailleuses et lance-roquettes antichar. Les Américains savent l'existence d'une batterie allemande quelque part dans le secteur mais ne la situent pas exactement.


Combat de Maison-Blanche : Les blindés américains, venant de Betton en direction de Saint-Laurent, font face aux canons de Flak allemands, après l'échec de l'entrevue (à l'endroit marqué par un cercle.[7]

Des conseils qui font long feu...

Jean Chasle, 23 ans, qui habite la ferme de la Chesnaie où cantonnent les Allemands, est au lieu-dit Roulefort, à 1,5 km au nord de celle-ci au bord de la route en direction de Betton, occupé à nettoyer un talus à la faucille, quand il voit arriver une drôle de voiture avec des soldats - c'est une jeep - et, derrière, des chars marqués d’une étoile blanche et de panneaux orange. Ce sont les Américains que l’on croyait à Avranches. L’un d’eux lui dit être Pierre Bourdan - et il connaît cette voix française de l'émission Les Français parlent aux Français - qui lui demande où est la batterie allemande. Chasle explique qu’elle est près de chez lui, au nord de la ferme Les Fontenelles, dans des cuves bétonnées et cachée aux vues par des haies, aussi tente-t-il, deux fois, la première à Roulefort, la seconde au passage à niveau, de les dissuader ("Ils vous tireraient comme des lapins") et il leur conseille d’entrer dans Rennes ("comme dans du beurre") par la route qui, au passage à niveau, mène à gauche à la route Fougères-Rennes. Mais l’officier américain, très probablement le colonel Bruce C. Clarke, commandant le groupe de combat A (CCA), dit que les chars ne sont pas faits pour les combats de rue et exige qu’il les conduise à la batterie. Chasle enfourche son vélo et pédale, suivi de la jeep et des chars, l'un deux ayant cassé les barrières du passage à niveau fermées alors que les trains ne circulent plus, et il les mène jusqu’à la cour de la Chesnaie, les chars restant en arrière en file sur la route. Chasle va rejoindre son père qui quitte les lieux avec la famille. L’officier américain de la jeep a un entretien avec le capitaine commandant la batterie de DCA [8] [9]

Les Allemands font mouche : de lourdes pertes

Autochenille de la 4e DB, à Avranches le 31 juillet 1944
Autochenille touchée par un tir direct sur la route après Maison Blanche, l'avant écrasé dirigé vers Rennes; ses 7 occupants sont tués

A 15 heures le secteur est atteint par des tirs de la batterie de Flak de Chantepie, les chars avancent et sont en butte aux tirs allemands. Le commandant du bataillon, le lieutenant-colonel Kirkpatrick, commandant le 10e bataillon d'infanterie blindée, et l’officier commandant le bataillon de chars 37, le capitaine Tiegs, sont atteints en terrain dégagé pendant le tir de barrage et un obus éclata au-dessus de leurs têtes, blessant sérieusement les deux officiers. Le major Arthur L. West, qui se tenait près de Kirkpatrick lorsqu’il fut touché par l’obus, prit le commandement du 10e bataillon d’infanterie blindée et le Ier lieutenant Leach reçut le commandement du 37e bataillon. La division blindée perdit 11 chars sur 25 et 3 autochenilles touchées par la batterie de DCA œuvrant à tir tendu.[10]. Les troupes américaines se retirent de plusieurs kilomètres sous couvert d'un rideau de fumée et 30 P.47 Thunderbolt du 19th tactical Air Command pilonneront les positions de DCA allemande, sans grand résultat.

Les Allemands accentuent leur replis le 1er août.[11] Cependant le colonel Eugen König y commande deux bataillons de recrues amenés du Mans dans la nuit du 1er au 2 août, soit 1900 hommes équipés de mitrailleuses et de lance-roquette antichar (Panzerfaust)[12], dont un grand nombre sont envoyés par le chemin de la Motte-Brûlon en renfort à la batterie le 2 vers 4 heures. Ces deux bataillons s'ajoutent aux restes de la 9Ie division d'infanterie (91.Luftlande-Infanterie Division) amenés par le général Fahrmbacher "pour défendre Rennes, une ville commerciale de 80000 h. [...] considérée par certains comme la ville la plus laide du pays" (!). Cette appréciation américaine a sa source dans un guide britannique de 1895 et fut reprise ensuite dans divers guides de langue anglaise : dans son North-Western France Augustus J.-C. Hare qualifiait Rennes de "ville la plus morne de même qu'elle est presque la plus laide du pays"[13] D'autres Américains pensent que Rennes est encore pleine de gens en costumes noirs et aux cols de dentelle familiers aux touristes américains avant la guerre" ![14]

Le 2 août, vers 10 heures, une dizaine de soldats américains, parmi lesquels des observateurs d'artillerie, venus du nord en passant à moins de 100 mètres de la batterie, arrivent à la ferme des Grandes Cours et l'un d'eux monte au faîte de la maison. Ils s'en vont à l'approche d'un groupe d'Allemands. L'après-midi, une section d'obusiers tire de Roulefort sur la batterie allemande.

Au milieu des pommiers, un char frappé par un tir de canon allemand de 88 mm
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Relations américaines sur le combat de Maison Blanche

« ... Puis, à Ducey, je fus rattaché au 10e bataillon d’infanterie blindé, ils étaient bien équipés et on poussa sur Rennes. Ils me mirent un chalumeau au cul pour me bouger et ceux du 53e il fallait aussi leur bouger le cul. En arrivant sur Rennes, il y avait deux buttes par ici sur le côté et des baraquements au pied de ces buttes. On appelle ça « exploitation et poursuite » : vous foncez dans l’ennemi à l’occasion mais vous n’êtes pas censé engager le combat avec l’ennemi latéral, on tire dessus mais on continue de rouler. Donc on passait à côté et je tire sur ces soldats qui sortaient des baraques et couraient vers ces buttes. Eh bien, ces buttes étaient des emplacements de canons de 88 mm antiaériens, des vrais, tous les deux. Alors je leur tire dessus et je fonce parce qu’on était en tête et qu’on devait foncer et j’étais chef de section, Tiegs capitaine, et nous voilà dans les haies de Rennes, notre colonne en arrière sur la route et voilà ces canons de 88 mm qui tirent sur la colonne le long de la route : pchi, pchi [...] Je me souviens de ce chef de section de mortiers du 10e qui grimpa sur un arbre pour diriger les tirs de mortier et alors qu’il était en haut sur l’arbre les Allemands descendirent l’arbre sous lui et il tomba par terre. On s’est foutu de lui pendant longtemps. Finalement la 35e blindée l’emporta et les neutralisa." Jimmie Leach [16]. Ce témoignage semble un peu simpliste et "arrangé" quant à sa chute au vu du déroulement du combat.

Les Allemands avaient bien tenté de paralyser l'effort américain par des frappes aériennes mais ne réussirent qu'à perdre trois appareils irremplaçables.[17] Wood attend des renforts en hommes, vivres, carburant et munitions. Le général Wood amorce, le 3, avec une partie de ses troupes du groupe de combat A, parties de Saint-Aubin d'Aubigné, un large débordement de Rennes par l'ouest, par Melesse, Montfort, Talensac, Lohéac, Maure, et Bain-de-Bretagne sera atteint le 3 août en début d'après-midi, le groupe de combat B effectuant la même descente plus au large.

Le New York Times du 4 août annonce en page 1 la prise de Rennes et invente la reddition d'un millier d'Allemands se rendant sans armes en rangs par quatre, drapeaux blancs au bout de bâtons, officiers en tête et présente une relation fantaisiste du combat de Maison Blanche qui se serait terminé par la destruction de la batterie allemande ! Il relate, en page 4, une communication téléphonée de Saint-Aubin d'Aubigné par son correspondant Gene Currivan, du 2 août mais retardée, titrant :" Une colline près de Rennes s'avère un os", ajoutant : "canons de 88 mm allemands, mortiers, tireurs d'élite, mitrailleuses tentent en vain d'encercler une colonne US". Il relate que "le fer de lance d'une unité blindée a foncé dans ce qu'un officier haut gradé a appelé un "nid de frelons". Comme ils approchaient de Saint-Laurent, "colline donnant sur la belle ville épiscopale de Rennes", ils furent accueillis par des tirs de canons allemands de 88 mm. Une section de chars fut envoyée pour répondre à cette attaque et, approchant la zone de combat où des canons allemands tiraient à bout portant, d'autres canons de 88 mm tirèrent des deux côtés, cernant les Américains. Jusqu'alors on avait cru n'avoir que deux gros canons en face alors que de tous côtés provenait un feu nourri de mortiers et de mitrailleuses. Le colonel qui avait envoyé la colonne en avant et suivait à pied dût rester dans un fossé pendant plus d'une heure. A chaque tentative de sa part pour partir des rafales de mitrailleuse provenant des haies voisines le forçaient à se remettre à couvert. Décrivant plus tard la bataille, il dit que même Hollywood n'aurait produit rien de tel en matière de feu d'artifice et de frissons. Nos pertes furent relativement légères. La bataille finie, il ne resta aucun des canons de 88 mm, les nids de mitrailleuses étaient balayés, les mortiers mis en pièces, et les tireurs qui avaient gaspillé leurs munitions étaient dirigés vers des camps de prisonniers. (traduction Étienne Maignen)

La ville de Rennes reçoit pendant deux jours par intermittence des obus, probablement pour tenter de convaincre l'ennemi de la quitter.[18] La libération de Rennes ne sera effective que le 4 août. Questionné par Yves Milon sur ces tirs d'obus, le général Patton aurait répondu avec son humour : "Avant d'entrer chez quelqu'un, on frappe toujours." *

Les jours suivants, les Rennais iront nombreux à Saint-Laurent et Maison-Blanche voir les vestiges des combats.


AUBE DU 4 AOÛT 1944 : LA 4e D.B AMÉRICAINE EST À LA PORTE DE RENNES, LES RÉSISTANTS SONT DANS LA PLACE MAIS LES PONTS SAUTENT

En tirets jaunes le parcours de la 4e division blindée de Wood en Bretagne avec le contournement de Rennes

3 août

Dans Rennes, une alternance administrative en douceur

Quelques jours avant, certain du succès allié, le maire avait voulu avoir à l'hôtel de ville la grande flamme tricolore qui flottait au beffroi les jours de fête, pour l'y déployer lors de la Libération. C'est son adjoint Lebastard qui l'apporta de la voirie, au nez des Allemands, enroulée autour de sa taille, ce qui lui fit une belle corpulence, la flamme mesurant huit mètres.

Le 3 août au matin, à 4 h 00, on entend les explosions au loin d'un dépôt de munitions à Fouillard alors que depuis une heure flambe le dépôt de de munitions de la Luftwaffe à la Croix-Carrée avec des explosions qui se succèdent. Les Allemands viennent de faire partir nuitamment le dernier train de résistants déportés qui emporte aussi 293 soldats américains, 81 britanniques et 27 Canadiens [19]. Le docteur René Patay constate que l’aile sud de l’hôtel de ville, a été abandonnée par la Standhortkommandantur. Sur une table, il trouve soigneusement plié, le drapeau à croix gammée qui, pendant quatre ans, a flotté du balcon de l'hôtel de ville ; il le prend ainsi qu'un Mauser à crosse cassée et des munitions et met le tout dans une armoire de son cabinet. Le drapeau en ayant disparu, il pensa alors qu'il devait "orner l'appartement de quelqu'un qui doit se vanter de l'avoir enlevé au péril de sa vie".

Pierre Herbart, "général Le Vigan"

Pierre Herbart, dit « général Le Vigan», délégué général du MLN pour l'ouest (Mouvement de libération nationale), avait été chargé de mettre en place les nouvelles autorités civiles avant l’arrivée des troupes alliées. Le plan de prise du pouvoir fut mis au point avec le futur commissaire de la République, Le Gorgeu et le futur préfet d’Ille-et-Vilaine, Cornut-Gentil, le comité départemental de Libération devant être présidé par le magistrat de Kérembrun. Herbart, qui disposait d'un groupe d'action spéciale destiné à l'insurrection civile, [20] expose au préfet régional Robert Martin et au préfet d’Ille-et-Vilaine Émile Bouché-Leclercq qu’il est chargé par la Résistance de mettre en place les nouvelles autorités, les conduit à l’hôtel de France où ils restent sous surveillance. Vers 16 h la police commence à arrêter des collaborateurs et des Rennais les conspuent et les houspillent rue Ferdinand Buisson. Vers 16 h 30 des avions de chasse alliés passent en rase-motte et sont acclamés.

Vers 19h30, des agents casqués et quelques civils avec brassard tricolore au bras gauche se dirigent vers la mairie. [21] Le docteur René Patay, nommé maire le 14 juin, est contraint de se démettre de ses fonctions, en présence de Hubert de Solminihac (Hémeric dans la Résistance), accompagné de quatre gardes mobiles de réserve, représentant du commissaire de la République nommé par le Comité d’Alger, il écrit sa lettre de démission et passe les pouvoirs à son premier adjoint, M. Gripon. On lui donne l’autorisation de se retirer dans une propriété qu’il possède dans les environs de Rennes. René Patay dit à de Solminihac en franchissant la porte : «  Maintenant c’est à vous d’empêcher les ponts de sauter. » .[22] Il est aussitôt remplacé par le résistant Yves Milon, nommé président de la délégation spéciale qui s'installe à la mairie.

En effet, dès la matinée de la veille, les Rennais ont vu des soldats allemands amener des caisses d'explosifs, sur les jardins de la Vilaine et près des ponts.[23]

Char M18 touché par plusieurs tirs le 3 août au soir par la batterie allemande (photo Erwin Verholen)

En fin d'après-midi et nuit devant Saint-Laurent

"Fort des renseignements inestimables" ramenés par Pelletier, le 10e bataillon d'infanterie blindée rapporte qu'il détruisit facilement les positions et le dépôt ennemis. Tel ne fut pas le cas. En réalité, ce n'est que le 3 à 15 h 00 que le 13th Regimental Combat Team, en fait son 1er bataillon, détaché de la 8e division d'infanterie pour cette action, amené par des camions d'intendance, fut enfin à pied d'œuvre devant les Gantelles sur la commune de Rennes, et à 17 h 30 que la compagnie A du 704th Tank Destroyer, en appui du 1er bataillon en tête, lança une attaque et perdit son premier char M. 18 Hellcat, le A 13, sur tirs directs de canons anti-aériens allemands de 20 mm ; (ce char réputé au blindage trop faible pour affronter une batterie antichar, perd trois des cinq hommes d'équipage tandis que le sergent Roger Turcan tire au canon de 76 mm jusqu'à épuisement des munitions et destruction du canon allemand). De lourdes pertes furent infligées à la compagnie C avant que l'ennemi ne se retirât.[24]

Le général Wood va passer la nuit du 3 au 4 août chez les Chuberre dans leur ferme de la Guinebaudière, un kilomètre à l'est du passage à niveau de Maison-Blanche, 1,5 kilomètre de la batterie de DCA allemande et à 2,5 kilomètres des Gantelles au nord de Rennes. Le 3 août, le C.C.A est depuis le début de l'après-midi à Bain-de-Bretagne et le C.C.B à Derval, 53 km au sud de Rennes. On apprendra ultérieurement que, le 3 au matin, un train de résistants et de prisonniers alliés partit de la Prévalaye vers l'Allemagne[25]

4 août

Les transmissions semblant défaillantes, le général Troy Middleton vient rencontrer Wood sur place, de bonne heure le 4 août et pince-sans-rire, lui demande :" Qu'as-tu, tu as perdu ta division ?", et Wood de répondre : "Bien pire, on est en train de gagner la guerre mais pas comme il faut", mais celui-ci doit accepter la mission de contrôler les routes au sud de Rennes et de descendre le long de la Vilaine puis vers Quiberon au lieu d'obliquer vers Angers. Un télégramme du général Hugh J. Gaffey, chef d'état-major de la 3 e Armée de Patton, est envoyé, ordonnant à Wood d'aller sur Vannes, comme prévu, et non sur Angers comme Wood le souhaitait.[26] Vers 4 heures du matin, les servants restant de la batterie allemande mettent les canons hors d'usage et s'esquivent. Le colonel König, commandant les éléments allemands divers rassemblés à Rennes, a reçu du général Hausser vers 23 heures l’ordre officiel de repli, afin d'éviter l'encerclement total dans Rennes et 2000 hommes quittent la ville à partir de 3 heures du matin après avoir eu 60 morts et 130 blessés dans les combats de Maison-Blanche et Saint-Laurent. [27]. Ils vont sortir de Rennes par les routes secondaires, les grands axes étant coupés depuis la veille après-midi par les troupes américaines. Les GI du 13e régiment d'infanterie reçoivent l'ordre de pénétrer dans Rennes.

A 5h20, les ponts ont sauté

4 août 1944 : les ponts ont sauté et voici les immeubles riverains du quai Lamartine
4 août 1944: Rue de Nemours: la voie n'est pas coupée. (Archives de Rennes 255FI412)

Dès minuit, le pont Pasteur est dynamité. De son domicile du 22 quai Lamennais, René Patay assiste, en compagnie du professeur Duffieux, à la retraite des Allemands sans combat. Au matin, un galop de cheval rompt le silence suivi d’une formidable explosion qui ébranle les murs, effondrent des cloisons de briques et brisent les vitres de l’appartement : le pont de la Mission s’est effondré dans la Vilaine. Alors qu’ils descendent au rez-de-chaussée pour prendre un petit déjeuner, le pont de Nemours saute. D’après Mme Ladam, il est 5 h 20, d’ouest en est les ponts sautent tour à tour, à quelques minutes d’intervalle. Les immeubles bordant le quai Lamartine sont détruits ou fortement endommagés. Un peu plus tard, le docteur Patay pourra franchir la Vilaine sans encombre en voiture car la couverture entre le pont Jean Jaurès et le pont de Nemours n'est que partiellement effondrée. De nombreux immeubles riverains sont fortement endommagés et les rues jonchées de gravats et de verre brisé.

Seuls les ponts Legraverend et de Saint-Martin subsistent grâce au sang-froid de quelques riverains qui ont jeté la dynamite dans le canal. Au numéro 3 de la rue Saint-Yves s'élevait l'hôtel de Palys, construction tardive de style moyen-âge dont la façade sud était précédée d'un jardin donnant sur le quai Duguay-Trouin. Les Allemands y avaient installé un important central téléphonique et de radio qu'ils décidèrent de faire sauter en même temps que les ponts, dans la nuit du 3 au 4 août 1944. Deux Rennais, François Mahuas et Pierre Parthenay, munis d'un extincteur et d'un sac de sable pris dans l'ancienne chapelle Saint-Yves voisine, éteignirent à temps les mèches ajustées aux explosifs, épargnant ainsi de lourds dégâts à cette rue.

Mme Ladam écrit : « Peut-être aurait-il été relativement facile à des gens armés – et il y en avait – d’empêcher la sentinelle (il n’y en avait qu’une sur chaque pont) de mettre à exécution les ordres qu’elle avait reçus. » [28] "Une centaine d'hommes armées de fusils ou de revolvers, avec moins de dix cartouches par tête, ne pouvaient tenter le combat sans risquer d'aggraver le mal par des représailles sanglantes", telle est l'explication donnée dans le premier numéro de Défense de la France paru le 8 août en date du 9 août. De fait, les F.F.I. aux ordres de leur chef départemental, le commandant Adam, ne sont pas intervenus. Le souci premier de la Résistance était d'établir à Rennes, première grande ville libérée, les représentants responsables d'une nouvelle administration française, conformément aux directives du général de Gaulle qui voulait réussir cette démonstration en vue d'éviter un éventuel AMGOT, [29] un gouvernement militaire des Alliés en territoires occupés qui se contentèrent de mettre en circulation de nouveaux billets.[30]) De plus, les deux équipes Jedburgh chargées d'établir les contacts avec les groupes de Résistance d'Ille-et-Vilaine, composée chacune de trois hommes, avaient été parachutées le 10 juillet à ... Courcité dans l'est de la Mayenne, à 120 km de Rennes et ne parviennent en Ille-et-Vilaine que le Ier août entre Vitré et Fougères, trop tard pour assumer leur mission à Rennes.[31]

Les F.F.I. paradent place de la Mairie, le 4 août[32] L. Riordan
[33]
Les GI descendent la place de la Mairie, au début de la rue d'Orléans, à droite le café "L'Angélus"

Vers 9h00, les libérateurs en ville

Surprise et liesse
Jean Marin le 1er août à Betton. Il sera à Rennes le 4 de bonne heure

Jean Marin, [34] en uniforme de lieutenant de vaisseau, dont la jeep à fanion tricolore est bloquée dans la file des chars et camions américains, route de Fougères, du côté des Gayeulles, emprunte un vélo à un Rennais et pédale pour arriver vers 8h30 au palais du commerce pour contrôler la station de radio.[35]

Vue partielle de la foule rennaise devant la mairie le 4 août. [36]

Des soldats du 13e régiment d'infanterie U.S pénètrent prudemment dans Rennes, arme à la main, par la rue d'Antrain et par la rue de Fougères, par la rue Victor Hugo puis la rue Nationale pour gagner la place de la Mairie. Il est près de 9h30 et, en tête un GI de petite taille sous son casque, Fred Scherrer, 19 ans depuis un mois, fusil Garand M1 à la hanche, va déboucher sur la place de la Mairie, déserte, dont il aperçoit à gauche le théâtre et sa rotonde, lorsqu'une jeune fille, descendue d'un immeuble, des fleurs et une bouteille de vin dans les mains, se jette dans ses bras et l'embrasse en criant " Je t'aime !"[37] [38] Jean Marin, homme d'Ici Londres, les Français parlent aux Français, maintenant de la Mission militaire de liaison administrative (MMLA), en tenue d'officier de marine, entré dans Rennes avec les Américains par les Gayeulles et la rue de Fougères les avait laissés pour gagner à vélo la place de la Mairie, avait pris à 9 h 15 le siège de la radio au Palais du Commerce et allait se rendre rue du Pré-Botté, au siège de l' Ouest-Éclair.[39] Un grand drapeau américain est accroché au balcon nord de la mairie, flanqué de deux drapeaux tricolores.


Impressions américaines

The Baltimore News-Post, "journal du soir le plus important de tout le Sud", titre en date du jeudi soir 3 août, en énorme bandeau sur toute sa première page, sur la prise de Rennes par les Américains (" Yankees") : YANKS CAPTURE RENNES

"Les Américains prennent Rennes. Gain de 75 km en 2 jours"
Rennes est pris. L'article annonce que... "1000 Allemands se sont présentés sans armes pour se rendre"

Les GI du 13e régiment d'infanterie, détaché de la 8e division, entrent dans Rennes vers 9 heures du matin et "acceptent les baisers et les vins des habitants libérés", rapporte Martin Blumenson. Les Rennais s'amassent peu à peu sur la place de la Mairie. "L'ancienne capitale de la Bretagne était belle, vrai parterre de fleurs multicolores au passage de nos unités de tête par les rues et avenues, fusil barrant la poitrine. Des femmes jeunes et vieilles accouraient pour nous serrer la main et embrasser ces Américains survenus et, au passage de nos jeeps et véhicules, les Français, dont beaucoup essuyaient des larmes de joie, accablaient notre convoi de fruits et de fleurs et démontraient leur quasi unanimité en criant "Vive l'Amérique !". [40] Un journaliste américain qui a couvert les combats de Normandie depuis le 6 juin constate que "l'arrivée des Américains ne s'est pas traduite par bombes et obus rasant des maisons de civils. Il n'y a pas eu de féroces combats de rue et maison par maison. Il y a bien eu quelques dégâts mais que l'on répare rapidement, estime-t-il. [...]De longues files de véhicules alliés s'écoulent à travers la ville. Une jeep a des portraits d'Hitler et de Goering ficelés à la roue de secours, leurs visages barrés d'une grande croix noires. Les citadins acclament, rient et chargent les jeeps de fleurs. Il note deux événements "inoubliables" : le défilé de 24 meneurs (sic) de la Résistance, fusils sur l'épaule. "C'étaient des hommes vieux, jeunes, aux teints clairs ou bronzés. Ils ne manœuvraient pas très bien et paraissaient un peu débraillés [...] Ils étaient fiers et Rennes aussi". L'autre fait : un vieillard grimpé sur une coupole et embouchant une trompette pour jouer la Marseillaise. "Aux premières notes les gens étaient silencieux, les larmes leur venant, puis ils se mirent à chanter. Le son, d'abord faible, résonna avec écho entre les murs à mesure qu'augmentait le nombre de ceux qui chantaient" [41] Rémy est aussi témoin de ce fait en indiquant que le "vieil homme à longues moustaches blanches à la gauloise [...] était juché à califourchon sur le toit d'une fenêtre mansardée"[42] Le Cairns Post indique que "l'atmosphère qui prévaut ici semble être une vive amitié absolument sincère".

Les Rennais s'amassent, dans la matinée, devant la mairie pour les acclamer ainsi que les nouveaux dirigeants au grand balcon nord de l'hôtel de ville décoré du drapeau français et de la bannière étoilée : Jean Marin, voix de la France Libre et le colonel de Chevigné, délégué militaire pour le front nord, entré en ville avant les troupes américaines. Certains pourchassent des Rennais dénoncés comme collaborateurs. On arrache les pancartes en allemand, on brûle le kiosque où, pendant quatre ans, les revues allemandes ont figuré en bonne place.

Le feu au kiosque à journaux
Place de la Mairie, le 4 août 1944
Pour s'exprimer en français les soldats ont un petit manuel de langage parlé, édité par le War Department en juin 1943, à la prononciation phonétique adéquate : " juh nuh KAWM-prahng PA. par-lay LAHNT-mahng, seel voo PLAY" pour "Je ne comprends pas. Parlez lentement, s'il vous plaît".[43]
French language guide : guide du français parlé
Pour s'exprimer dans la langue de l'ennemi, les GI disposent aussi d'un petit manuel de même format, ici une page d'interjections guerrières
German Phrase Book, November 30, 1943 (restricted) : Six mois avant, Les Américains préparaient leur débarquement de juin 1944


"Soudain à Rennes ce matin-là, j'entendis une agitation : une jeune femme était emmenée violemment au poste de police tandis que des personnes présentes la conspuaient et crachaient sur elle" - John G. Morris
A Rennes la chasse aux collaborateurs est ouverte;[44]
Collaboratrices maltraitées près du palais du Commerce (Photo Lee Miller)


Des troupes de la 8e division d'infanterie (8th Infantry Division) vont prendre le relais et sécuriser Rennes et ses abords. Très vite, les soldats américains, dont beaucoup sont noirs, déblaient les rues et des ponts Bailey britanniques, composés d’éléments modulaires, vont suppléer les ponts détruits. Le journal Défense de la France, encore clandestin 8 jours avant, quotidien du soir du Mouvement de la Libération nationale, journal provisoirement imprimé à Rennes, 38 rue du Pré Botté sur une seule feuille, (qui deviendra France Soir dans Paris libéré) s'étonne dans son n°8 du 17 août 1944, "de voir des soldats américains, avec leur matériel, occupés à déblayer les débris de mur et de vitres, balayer les trottoirs, replacer les pavés sans qu'un seul ouvrier français n'ait l'air de vouloir sans mêler. La foule admire les efforts de nos braves "boys" avec componction, les encourageant volontiers du geste et de la voix, mais reste rigoureusement passive."


Dès le lundi 7 août, bonjour Ouest-France !

Diplôme de citoyen d'honneur de la Ville de Rennes remis, le 27 octobre 1945, au général Patton, commandant en chef des troupes américaines ayant libéré Rennes


En application d'une ordonnance du 22 juin 1944 de mise sous séquestre des entreprises de presse après le débarquement, un comité régional de presse se réunit dès le 6 août, à la préfecture, présidé par Henri Fréville, composé de deux membres du Comité départemental de libération d'Ille-et-Vilaine et de deux journalistes représentant les organisations syndicales, pour prendre acte de la suppression du journal l'Ouest-Eclair, approuver la création du quotidien Ouest-France, dont le directeur serait Paul Hutin, et l'impression à Rennes du journal clandestin désormais public Défense de la France.

Affiche imprimée à Rennes par l'Imprimerie bretonne donnant aux soldats allemands les modalités pour se rendre aux troupes alliées- août 1944

Le 3 août, Henri Fréville, chargé de mettre en place la presse nouvelle, avait reçu un billet de Paul Hutin, ancien secrétaire général de l'Ouest-Eclair, démissionnaire en juin 1940 à l'arrivée des Allemands, revendiquant le droit de reprendre son poste, ce qui était d'ailleurs bien dans les desseins du comité de libération.


Le 4 vers 13 heures, de nombreux membres du personnel se sont réunis dans la salle des rotatives avec Paul Hutin-Desgrées, Jean Marin et Alphonse Aubrée, administrateur. Ceux-ci prirent la parole pour affirmer que le grand quotidien mènerait le combat du redressement national dans le droit fil de ses origines, et pour présenter les lignes de la politique d'information qui allait être menée. Le 7 août sortait le premier numéro, trois jours après la libération de Rennes.[45] Curieusement, la revue mensuelle Accord, diffusée en France occupée par les aviations alliées, annonça la création à Rennes de ... France-Ouest avec deux autres erreurs : l'existence d'"un rédacteur en chef appointé par le Comité National de Libération, un professeur de la faculté de Rennes, membre de la Résistance" ("appointé" étant une mauvaise traduction du terme anglais "appointed" qui signifie "désigné", et Henri Fréville n'en était pas le rédacteur en chef. [46]

Journaux imprimés à rennes en août 1944, dont le 1er numéro de Ouest-France
Libération de Rennes, photo de couverture d'un ouvrage sur Rennes dans la guerre 1939/45

Une édition du journal de l'armée américaine, Stars and Stripes, sera imprimé à Rennes pendant plusieurs semaines. Il faudra attendre le samedi 19 août pour entendre " Ici, radio de la Nation française, poste de Radio-Bretagne". la radio émet sur 288,6 m à partir d'un camion de l'armée américaine équipé d'un émetteur d'I kw.[47] Les principaux cinémas rouvrent le 10 et une soirée de gala est organisée par les autorités alliées qui remettent les 150 000 f. de la recette à la municipalité.

En octobre 1945, Yves Milon, maire de Rennes, remet au général Patton le diplôme de citoyen d'honneur de la Ville

Montage édité par Charles Martin. Commentaires de Rex Keating.

Références

  1. documentation fournie par Étienne Maignen
  2. Les Heureuses douloureuses de Rennes, par V. Ladam. Imp. Les Nouvelles
  3. L'Ouest-Eclair du 6 juillet 1944
  4. Les Heures douloureuses de Rennes, par V. Ladam. imp. Les Nouvelles
  5. Les Mains Jointes, par Rémy, Raoul Solar éditeur, p. 226 - 1948
  6. Patton's Vanguard, the United States Army Fourth Armored Division, par Don M. Fox, éd. Macfarland - 2003
  7. Schéma Étienne Maignen
    Copyright Nous, créateur de cette œuvre ou ayant droit, n'autorisons aucune réutilisation de cette oeuvre sans notre autorisation, en dehors des exceptions permises par la législation française sur la propriété intellectuelle.

  8. Entretien d'Étienne Maignen avec Me Jean Chasle, le 21 mars 2013
  9. Rennes pendant la guerre, chroniques de 1939 à 1945, par Étienne Maignen. Éditions Ouest-France - 2013
  10. Herbert R. Bachant, un libérateur mort devant Rennes
  11. Notes d'un vieux rennais pendant les jours précédant la libération de Rennes
  12. Retreat to the Reich, The German Defeat in France 1944 par Samuel W. Mitcham, Jr. dans Stackpole Military History Series - 2007
  13. Rennes dans les guides de voyage du XIXe siècle, par Étienne Maignen. Bulletin et mémoires de la Sté archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine. t. CXII -2008
  14. Patton and his Third Army, par Gen. Benton G. Wallace; Stackpole books - 2000
  15. Récit du Dr Leroy
  16. James Herbert "Jimmie" Leach, lieutenant d'infanterie blindée, de Breakout (traduction Étienne Maignen)
  17. Operation Cobra. CSI Fort Leavenworth, Kansas
  18. notes d'un vieux rennais pendant les jours précédant la libération de Rennes
  19. Le dernier train de résistants déportés quitte Rennes juste avant la libération
  20. Défense de la France du 15 août 1944
  21. Mémoires d'un Français moyen, par René Patay -1974
  22. Mémoires d’un Français moyen par René Patay – 1974
  23. Ouest-France du 7 août 1944
  24. Headquarters Thirteenth Infantry APO#8 U. S. Army. The combat Hisrory of the 704th Tank Destroyer Battalion. Edited by Lonnie Gill
  25. Le dernier train de résistants déportés quitte Rennes juste avant la libération
  26. Le front des oubliés, par Daniel Laurent et Roger Levenette, Histomag'44 - Jan-fév. 2012
  27. U.S Army in World War II- Breakout and pursuit. chap. 19, par Martin Blumenson
  28. Les Heures douloureuses de Rennes par V. Ladam - imp. Les Nouvelles
  29. AMGOT : Allied Military Government in Occupied Territories
  30. https://fr.wikipedia.org/wiki/Allied_Military_Government_of_Occupied_Territories
  31. L'action des forces spéciales alliées en Ille-et Vilaine : les équipes Jedburgh Guy et Gavin (juillet-août 1944), par Yann Lagadec. Bulletin et mémoires de la Société archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine. t. CVII - 2003
  32. cliché U.S.I.S (service d'information des Etats-Unis)
  33. Rennes pendant la guerre. Chroniques de 1939 à 1945, par Etienne Maignen. Editions Ouest-France - 2013
  34. rue Jean Marin
  35. Petit bois pour un grand feu, par Jean Marin. éd. Arthème Fayard - 1994
  36. Accord n°9. Revue mensuelle diffusée en France occupée par les aviations alliées
  37. Le "big" baiser rennais au GI Fred.Ouest-France, édition de Rennes, 5 août 1994
  38. témoignage de René Herbault, Ouest-France, édition de Rennes, 1er juin 2010
  39. Petit bois pour un grand feu, par Jean Marin, éd. Fayard -1994
  40. Report of Enemy Action, 13th Infantry APO US Army, September 4 1944.
  41. Quand Rennes chante la Marseillaise c'est l'esprit de la France qu'on entend, par G. K. Hodenfield. Stars and Stripes.(journal de l'armée américaine)
  42. Les Mains Jointes, par Rémy, Raoul Solar éditeur, p. 226 - 1948
  43. French language guide- War department Washington, June 21, 1943
  44. photo USIS (United States Information Service)
  45. La presse bretonne dans la tourmente - 1940-1946, par Henri Fréville. Plon - 1979
  46. Accord revue mensuelle illustrée numéro 9, diffusée en France occupée par l’aviation alliée
  47. Radio Rennes PTT, histoire du poste de TSF breton


Liens internes

* le combat du Ier août 1944 à Maison Blanche

* Herbert R. Bachant, un libérateur mort devant Rennes

* détenus des prisons de Rennes

* Victor Janton

* Notes d'un vieux rennais pendant les jours précédant la libération de Rennes

* Rennes d'histoire et de souvenirs quatrain 55