Marbode

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Marbode (ou Marbodus ou Merboldus) ( Angers vers 1035 - 11 Septembre 1123, Angers).

Un Angevin, évêque de Rennes

Après avoir enseigné quelques temps à l’Ecole cathédrale d’Angers, Marbode s’est vu confier en 1067 la direction de l’enseignement pour le diocèse d’Angers. En 1096 Urbain II (pape de 1088 à 1099) le nomme évêque de Rennes. Ayant eu une vie semble-t-il assez agitée durant sa jeunesse Marbode aura, à partir de sa venue à Rennes, une conduite sans reproche et conforme à ses fonctions. Nommé administrateur du diocèse d’Angers en 1109, Marbode, devenu aveugle, se retire, à 88 ans, au monastère de Saint-Aubin à Angers où il décède peu après.

Les écrits de Marbode (Liber Marbodi) ont été publiés, avec l'appui de l'évêque de RennesYves Mayeuc [1], pour la première fois en 1524 à Rennes par Jean Baudouyn qui se présentait comme le premier imprimeur à Rennes, oubliant ses prédécesseurs Pierre Bellesculée et Josses qui y avaient imprimé La coutume de Bretaigne dès 1484.[2] [3] Ils furent réédités par Beaugendre à Paris en 1708. Outre diverses vies de saints, des hymnes et des poèmes, l’œuvre de Marbode est surtout connue par ses lapidaires, ce terme désignant les traités consacrés aux propriétés et aux vertus des pierres précieuses en vers latins( De lapidis). Ses hymnes ont été édités par Ropartz à Rennes en 1873. La bibliothèque de Géosciences Rennes (université de Rennes 1) possède une copie d’une traduction du plus important des lapidaires de Marbode.

ancien étudiant qui n'aimait pas Rennes

Marbode avait dans sa jeunesse étudié quelque temps à Rennes et n'avait pas du tout apprécié la ville à en juger par sa méchante diatribe composée en vers latins, par laquelle il esquinta la ville de Rennes d'une façon tellement outrancière que l'on peut douter de sa bonne foi, lui qui devait y revenir comme évêque :

Urbs Redonis, spoliata bonis, vidvata colonis, plena dolis, odiosa solis, sine lumine solis, in tenebris vacat illecebris,gavdetqve latebris, desidiam pvtat egregiam, spernitqve Sophiam... "

ce qui signifie en traduction quasi littérale:

Ville des Rennais où grouillent en te poluant, toi vidée de tes habitants, plein de chenapans; ville au ciel déplaisant, sans ensoleillement, où l'on incite nuitamment à la débauche complaisamment, à la gaudriole subrepticement, où l'on prise fort la paresse, où l'on méprise la Sagesse... Et on peut traduire ainsi la suite en langage moderne : " Ta justice perfide fait de tout citoyen un condamné à mort potentiel; par des falsifications tes avocats vont innocenter tes adversaires et condamner tes amis paisibles qui disent la vérité; l'avocat ne faisant pas son travail, tout bon citoyen est jugé à charge; on y provoque la guerre et on y tient parce qu'on y fait le pire; personne vraiment ne pense qu'ici on peut faire confiance; tes soldats saccagent les champs des paysans; on rencontre partout la mort du fait des pillages et incendies de fermes;la colère divine n'arrête même pas ta fureur folle; tu refoules le visiteur après l'avoir tabaçé; ici les pauvres qui manquent de nourriture ploient sous les coups reçus". (traduction Etienne Maignen).

Ce texte, repris dans les premiers guides de voyage du 19e siècle, ternira durablement la réputation de Rennes, alors que, quelques décennies après Marbode, le grand géographe arabe attaché à la cour du roi normand de Sicile Roger II, Abou Abd Allah Mohamed ben Abd Allah ben Idris el Idrissi, présenta Rennes comme une "ville considérable, pleine de ressources, entourée de fortes murailles, propice aux opérations commerciales et dotée de fabriques." [4]

On trouve pourtant à Rennes une allée Marbode.

références

  1. rue Yves Mayeuc
  2. Livres et libraires à Rennes et ses environs à la Renaissance, conférence par Malcolm Walsby, donnée à la SAHIV le 10 novembre 2015
  3. rue Pierre Bellesculée
  4. Rennes dans les guides de voyage du XIXe siècle, par Etienne Maignen. Bulletin et mémoires de la Société archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine. tome CXII - 2008