Procès en sorcellerie: l'affaire Poussinière

De WikiRennes


Des sorciers parmi d'autres au 17e siècle

En 1642-1643, le Parlement de Bretagne eut à connaître d'une affaire de sorcellerie où furent inculpés des habitants de Fougères, notamment le sieur Mathurin Trullier, dit de la Poussinière, et quelques complices dont Isaac Marais. Trullier s'occupait de sciences physiques et passait pour se livrer à des expériences alchimistes en vue de trouver la pierre philosophale, ce qui lui valait une réputation suspecte de diablerie. Les bruits les plus fantaisistes allèrent bon train : il aurait fait surgir des cerises hors saison, il aurait provoqué un violent orage qui fripa les toilettes des dames de la bonne société fougeraise au luxe estimé extravagant, il aurait volé de 10 heures moins trois de l'église Saint-Sulpice de Fougères jusqu'au jardin de l'abbaye Saint-Melaine à Rennes quand "le gros" y égrenait les dix coups de l'heure. Arrêté, Trullier ne s'en fit pas, car son horoscope lui prédisait qu'il ne pourrait mourir que du fait d'un âne mais il déchanta , son procès commencé, en apprenant que le magistrat qui l'avait fait arrêter s'appelait ... "Lasne". Les arrêts du parlement ne dirent pas quels actes criminels il aurait commis. Il fut considéré comme magicien, s'occupant de conjuration, pratiquant peut-être l'envoûtement. Son complice, Marais, fut accusé d'avoir usé de maléfices au traitement de la peste vers 1635 et d'incantations au diable évoqué par le médium Poussinière.

Jugements et condamnations

La communauté de ville s'étant plainte, Marais traduit devant le sénéchal de Fougères, fut condamné au gibet par sentence du 7 août 1642 mais fit appel. La cour ordonna l'arrestation de Trullier et, le 7 janvier 1643, le procureur général obtint obtint que Poussinière et Marais, incarcérés à la conciergerie du palais, fussent visités par le médecin et le chirurgiens attachés au parlement pour voir s'ils avaient quelque marque du démon sur le corps mais le rapport médical a disparu. Le 19 janvier 1643, la Tournelle, chambre criminelle du Parlement, prononça son arrêt définitif. Mathurin Trullier, dit Poussinière, déclaré coupable du crime de lèse-majesté divine pour avoir usé d'arts magiques et de sortilèges, fut condamné au supplice du feu et Isaac Marais, à la potence pour avoir usé de maléfices au traitement de la peste et participé à plusieurs sortilèges avec ledit Trullier.

Après avoir subi la question préalable et les brodequins, dans le but d'obtenir la dénonciation de complices, Trullier et Marais, en chemise, la corde au col, tête et pieds nus, une torche de cire de trois livres à la main, furent menés devant la porte principale de la cathédrale Saint-Pierre, pour y faire amende honorable. Puis Trullier, conduit sur la place des Lices, fut attaché au bûcher qu'on alluma; il périt dans les flammes sans que son courage eût faibli; ses cendres furent dispersées au vent. Quant à Marais, le guérissou, il se balança à la potence sur la place dite Le grand bout de cohue. Et le bon peuple de Rennes se dispersa, satisfait d'avoir assisté à l'exécution des célèbres sorciers de Fougères.

références

[1]

[2]

  1. L'affaire Poussinière, par Marie Droüart. dans La Bretagne - janvier 1937
  2. Conférence de Arthur Le Moyne de la Borderie, à la Société littéraire et artistique de Bretagne - 1891

Voir aussi