Rue Hippolyte Vatar

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La rue Hippolyte Vatar est une étroite voie de Rennes, axée nord-sud, reliant la rue de la Palestine à la rue de Paris, à hauteur de l'ancienne imprimerie Oberthür et ce n'est pas un hasard. Cette voie fut dénommée par délibération du conseil municipal de la Ville de Rennes le 8 mars 1962.

Cette dénomination rappelle :

Hippolyte Vatar

Imprimeur

(25 décembre 1808, Rennes - 29 août 1893, Rennes)

Licencié en droit en 1831, Hippolyte fut reçu avocat le 4 janvier suivant ; ses goûts et ses aptitudes le poussaient dans le courant traditionnel de la passion du livre et de l'art typographique que pratiquait sa famille de longue date.

Le Bibliothécaire

Il prit à la bibliothèque de la ville de Rennes, à peine âgé de vingt-trois ans, les fonctions de sous-bibliothécaire, auxquelles il avait été nommé par M. Jouin, maire de Rennes. A la mort de M. Maillet, il est nommé bibliothécaire-chef en avril 1845. Il en profita pour commencer à compléter les collections bretonnes de la bibliothèque de Rennes.

Mais la municipalité de Rennes ayant pris un arrêté étendant la durée quotidienne du temps d'ouverture de la bibliothèque à tous les jours non fériés, y compris le jeudi, qui jusque-là avait été excepté, et le maire — contre toutes les habitudes administratives — ayant omis de consulter le chef de service, c'est-à-dire le bibliothécaire, mit à cet arrêté un considérant assez singulier : Considérant que, jusqu'ici, la plupart des étudiants et des « élèves n'ont pu profiter des ouvrages que renferme la Bibliothèque publique par suite du peu de durée des heures d'ouverture... ». Cela avait l'air d'un blâme contre le service de la Bibliothèque que critiqua dans la forme Hippolyte Vatar qui reçut du maire une lettre l'invitant à donner sa démission, attendu que ses critiques inconvenantes contre l'arrêté municipal « faisaient devoir au maire de cesser tous rapports avec un fonctionnaire qui ne sait pas respecter l'autorité ni se respecter lui-même ». Vatar exprima ses regrets de l'incident, mais refusa sa démission, car la donner eût été accepter l'accusation qu'il repoussait. Le lendemain, il était destitué. Mais le Conseil municipal adopta la proposition de la Commission municipale de fixer le montant de la pension de retraite de M. Vatar à la somme annuelle de 600 francs, et de saisir cette occasion pour donner à cet honorable fonctionnaire un témoignage d'estime et de satisfaction en lui votant des remerciements.

L'Imprimeur

Autant perdit la Bibliothèque de Rennes, autant gagna l'imprimerie Vatar. C'était le moment où la plupart des évêques de France, affirmant de plus en plus leur union avec Rome, rejetaient les liturgies gallicanes inaugurées au 18e siècle et revenaient avec zèle à la liturgie romaine. Il fallait donc imprimer toute une nouvelle liturgie ou du moins, réimprimer l'ancienne. Pour les livres ordinaires, cela pouvait se faire assez vite ; les missels déjà demandaient plus de temps mais ce qui posait problème c'était les livres de chant, surtout les grands livres de lutrin in-folio maximo, graduels, vespéraux, antiphonaires, indispensables dans toutes les paroisses, et même tous les livres de chant de quelque format qu'ils fussent, d'autant que la restauration du chant grégorien étant dès lors réclamée. Il y avait en France une belle place à prendre ; Hippolyte Vatar réussit dans cette entreprise.

Mgr Godefroy Brossays Saint-Marc, évêque de Rennes, ayant offert, en 1855, au pape Pie IX le Graduel et le Vespéral romains que venait de produire l'imprimerie Vatar, celui-ci répondit en le félicitant. La même année, la collection des volumes liturgiques et des livres de chant de la maison Vatar, ayant été présentée à l'Exposition universelle, obtint une médaille de seconde classe.

Bientôt ces livres liturgiques, particulièrement les livres de chant, furent adoptés par un grand nombre de diocèses Grâce à cette grande œuvre typographique, l'imprimerie Vatar recouvrait une grande prospérité. Ce résultat étant uniquement dû à Hippolyte Vatar, son père crut juste de lui céder le brevet d'imprimeur .

En 1863, Hippolyte Vatar fonda la Semaine religieuse de Rennes, la première feuille de ce genre créée en Bretagne. L'incendie de son imprimerie, en 1875, causa à Hippolyte Vatar une grande peine. Outre sa grande œuvre liturgique, il a imprimé un grand nombre d'ouvrages historiques et scientifiques concernant presque tous la Bretagne: Brocéliande, ses chevaliers et quelques légendes, par A. Baron du Taya, 1839 ; Le roi Audren et Monseigneur saint Yves par le même, 1841 ; Histoire de Rennes, par E. Ducrest de Villeneuve ; Histoire ecclésiastique de Bretagne, par l'abbé Deric ; Poèmes des Bardes bretons du VIe siècle, par M. Th. de la Villemarqué, 1850 ; Le siège de Rennes en 1356 par J. Hodouin ; Mémoires sur l'état du clergé et de la noblesse de Bretagne par le P. Toussaint de Saint-Luc, Paroissien en langue bretonne, 1874.

L'Archéologue

Cette liste prouve le goût de l'imprimeur pour les études historiques se rapportant à la Bretagne. Il se plaisait surtout aux questions d'archéologie monumentale. C'est d'abord un mémoire concernant l'enceinte murale gallo- romaine de la ville de Rennes, rapport adressé au maire, en 1847, sur des fouilles dont Vatar avait eu la direction. Il y fait une reconnaissance complète de l'enceinte urbaine de Rennes, une restitution exacte de son état ancien, facile à suivre et d un aspect saisissant, avec trois planches en couleur, qui, montrant ces hautes courtines (de 11 à 14 mètres) toutes zébrées d'assises de briques très rapprochées, expliquent bien le nom de Ville rouge donné à Rennes par les anciens chroniqueurs. Le second mémoire de M. Vatar est une dissertation insérée par lui en 1853 dans la nouvelle édition du Dictionnaire de Bretagne d'Ogée, où il démontre que Brocéliande, au lieu d'être situé à Plélan même ou tout près comme le disent la plupart des historiens, se trouvait placé à Maxent.

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Lien externe

https://archive.org/details/revuedebretagne38nantgoog