Rue Monseigneur Duchesne

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La rue Monseigneur Duchesne est axée nord-sud et va de la passerelle des Bonnets Rouges à l'allée Saint-Hélier, ancien tracé de la rue Saint-Hélier. C'est l'ancienne rue de la Glacière Saint-Hélier qui reçut ce nom, visible sur la nomenclature des voies de Rennes du 24 juillet 1923. La rue fut bien modifiée après la seconde guerre mondiale. Elle desservait L'Economique.

Cette dénomination rappelle :

Mgr Duchesne

Mgr Louis Duchesne

(13 septembre 1843, Saint-Servan - 21 avril 1922, Rome)

Louis, Marie, Olivier Duchesne est né dernier d'une fratrie de cinq d'une famille de marins et de corsaires originaire de Binic, dont l'un, Noël Duchesne, fut compagnon de Surcouf. Après avoir hésité entre la science et la vocation religieuse, Louis est ordonné prêtre en 1867. Sa vocation religieuse lui vient des nombreux naufrages au large de la tour Solidor et de la piété des marins d'alors. Il enseigne quelque temps au collège Saint-Charles de Saint-Brieuc, avant de venir à Paris suivre des cours à l'École des Carmes et à l'École pratique des hautes études. Amateur d'archéologie, il organise plusieurs missions physiquement éprouvantes, tant au mont Athos qu'en Syrie et en Asie mineure.

Docteur ès lettres, après avoir refusé une chaire en faculté, il obtint la nouvelle chaire d'histoire ecclésiastique de l'Institut catholique. Cependant, son enseignement très critique l'oblige à quitter cette faculté de théologie en 1883. Il enseigna alors à l'École pratique des hautes études à Paris, avant d'être nommé, en 1895, directeur de l'École française de Rome, école dont il avait été membre de 1873 à 1876. Fondateur et collaborateur régulier du Bulletin critique de littérature, d'histoire et de théologie, Louis Duchesne produisit une abondante œuvre érudite sur l'histoire de l'Église. Ses livres lui aient bien valu de prestigieuses récompenses (chanoine honoraire de Paris, commandeur de la Légion d'honneur), mais ils inquiétèrent la hiérarchie catholique au point que le pape Pie X, adversaire du modernisme qu'il condamna en 1907 dans l'encyclique Pascendi, jugea son Histoire ancienne de l'Église trop moderniste et la mit à l'Index en 1912.

Louis Duchesne ne cachait guère son opinion sur la politique de Pie X, qu'il estimait un peu naïve. Lorsque parut l'encyclique Gravissimo officii munere, suite à la séparation de l'Église et de l'État, il la qualifia d' encyclique Digitus in oculo (Doigt dans l'oeil). Et Pie X, ayant été patriarche de Venise avant de devenir pape, il sortit : « C'est un gondolier vénitien dans la barque de saint Pierre : il est naturel qu'il la conduise à la gaffe...» Son rigoureux travail d'historien, contredisant certaines croyances populaires locales, lui valut des lettres anonymes pleines de menaces, entre autres celles d'être pendu, menaces en l'air lui donnant l'occasion de conclure que « dans le Midi, il n'y a de bien pendues que les langues ».

Membre de plusieurs académies étrangères (Berlin, Göttingen, Rome et Turin), docteur des universités d'Oxford, Cambridge, Louvain, Louis Duchesne fut élu à l'Académie française le 26 mai 1910, appuyé notamment par Pierre Loti et s'opposant aux candidatures droitières. Il y était voisin de Raymond Poincaré et d'Anatole France. A sa mort à Rome, son corps est ramené en Bretagne, transitant dans sa maison de la Cité d'Aleth, en Saint-Servan. Il y repose au petit cimetière du Rosais.

La presse internationale, tel le Times, salua l'œuvre de ce « petit-neveu de Voltaire » , traduite en de nombreuses langues. En mars 1996, Hélène Carrère d'Encausse évoqua l'œuvre de Duchesne dans son discours de réception à l'Académie française du cardinal Jean-Marie Lustiger.

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