Rue des Innocents

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La fine carène d'ardoises renversée, rue des Innocents
Sur le plan de Rennes de 1726, la place des Lices et le symbole de la potence et la rue des Innocents - non nommée - un peu au-dessus.

La rue des Innocents est située dans le quartier 1: Centre et relie la place des Lices à la rue Saint-Louis.

Elle aurait été dénommée ainsi aux alentours de 1655.

C'est une toute petite rue que celle-ci mais avec une originalité : au coin de la rue Saint-Louis, un splendide petit toit d'ardoises en écailles de poisson en forme de fine carène à l'arête vive. Cette œuvre de charpentiers de marine vaut bien le coup d’œil obtenu en levant bien la tête.

Jusqu'à la Révolution, les exécutions ayant lieu place des Lices - comme l'attestent les anciens plans sur lesquels figure une potence - la voie la plus courte pour transporter les corps du lieu d'exécution à celui de sépulture des suppliciés, près de l'ancienne église Saint-Aubin, était cette voie étroite qui menait donc au "cimetière des pendus". Par ironie ou par pitié, les Rennais donnèrent à cette voie le nom de rue des Innocents et, vers 1850, de vieux Rennais l'appelaient encore rue des Innocents pendus.[1]

« Connaissez-vous la rue des Innocents ?

C'est une petite voie qui part de la place des Lices pour aboutir à la rue Saint-Louis. Petite, oh oui! Elle a peut-être vingt mètres de long, mais il faut dire qu'elle est bien plus sale qu'elle n'est longue. Alors que la voirie a fait mettre des cailloux, qu'elle a comblé les trous, et désinfecté les ruisseaux de la rue Saint-Louis, elle a abandonné la rue des Innocents qui peut certainement détenir le record de l'insalubrité à Rennes.

Non seulement cette petite rue sans trottoirs a deux ruisseaux qui deviennent des immondices, mais encore faut-il dire que jamais n'y doivent passer les voitures de la répurgation. A trois heures de l'après midi, heure à laquelle je passais hier dans la rue des Innocents, on pouvait voir trois ou quatre tas d'immondices qui attendaient encore la pelle des employés de la voirie. De plus, l'eau séjournait dans de jolies crevasses où, malgré le beau temps dont nous fûmes gratifiés, elle stagnait au grande dam de l'odorat des habitants de ce quartier. »

— L'Ouest-Eclair
Origine : Numéro du 9 janvier 1902 • Recueilli par Manu35 • 2018licence

Notes et références

  1. Les Rues de Rennes par Lucien Decombe, Alphonse Le Roy éditeur, 1892.

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