Trois terroristes fusillés en mars 1944

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Trois terroristes jugés et fusillés

Le journal l'Ouest-Eclair du 14 mars annonce la condamnation par la cour martiale de Rennes et l'exécution immédiate, le 12 mars 1944, de trois "terroristes" présentés anonymement comme des rançonneurs.

Des terroristes

Il s'agissait de Le Floch Jean, 25 ans, né à Plévin (Côtes-du-Nord, Côtes-d'Armor) et Manach Yves, 21 ans, né à Plestin-les-Grèves (Côtes-du Nord, Côtes-d'Armor), détachés du maquis de Saint-Goazec-Spézet car pourchassés par les Allemands. Ils menaient des expéditions punitives, rançonnant des personnes soupçonnées de collaboration. Le 21 janvier 1944, après avoir rançonné un notable du bourg de Plévin qui était un collaborateur notoire, avec cinq autres maquisards ils avaient fait irruption dans le village de Gartulan en Plévin dans le but de trouver de l'argent et tuèrent deux paysans qui avaient tenté de s'y opposer. Arrêtés le 26 janvier 1944, Jean Le Floch et Yves Manach sont inculpés du double meurtre. Ces événements renforcèrent la répression de la police de Vichy qui procède à l'arrestation d'une dizaine de carriers de la région. Le troisième condamné était Page Yves, 22 ans, né à Loqueffret (Finistère), du bataillon René Caro. Tous les trois furent exécutés à la butte des Fusillés de la Maltière.

Un peloton d'exécution composé de gendarmes

Depuis février 1944, Joseph Darnand, le secrétaire général au maintien de l'ordre, imposait aux gendarmes de participer aux pelotons d'exécution des cours martiales, tache rebutante pour les gendarmes dont certains tentent d'échapper à cette mission, tel le maréchal des logis-chef Gouazic absent à 6 h 15 le 12 mars au rassemblement des gendarmes commandé pour cette exécution. Le chef d'escadron convoque ce gradé et lui inflige 10 jours d'arrêts de rigueur en proposant le motif suivant :" Commandé de service pour l'exécution de la sentence d'une cour martiale, a, par suite d'une sensibilité excessive qu'il n'a pu dominer, été victime d'une défaillance physique qui l'a empêché de remplir sa mission, donnant ainsi à ses subordonnés le spectacle d'un gradé sans volonté et sans énergie." Puis le chef d'escadron supprime la punition mais propose son élimination de l'arme par la mise à la retraite d'office, ce qui, en fait, semble une sanction plus lourde et plus dissuasive pour ceux qui voudraient échapper à pareille mission. le rapport conclue que "le secret des exécutions capitales est bien difficile à garder, tout au moins quand elles ont lieu sur un polygone à proxilité d'une ville; il serait donc souhaitable qu'elles se fassent à l'intérieur d'une prison, d'une caserne ou dans un bâtiment quelconque." [1]

En 1945, le 16 mai,le chef d'escadron Métayer, commandant la compagnie de gendarmerie d'Ille-et-Vilaine, rapportera que les gradés et gendarmes désignés pour participer à l'exécution du 12 mars 1944 ont manifesté leur répugnance et leur mécontentement. "L'adjudant Meignen a demandé sa mise à la retraite immédiate, le maréchal des logis-chef Gouazic a présenté une déclaration indiquant qu'il ne voulait pas exécuter ce service. Enfin, le maréchal des logis-chef Maffard s'est déclaré malade et n'a pas quitté son logement. Il s'agir de préciser par qui ces trois gradés ont été menacés de révocation et d'internement."

Références

  1. Compte-rendu du 28 mars 1944 du chef d'escadron Métayer et rapport n° 18/4 du même le 1er avril 1944.