1808 : Les derniers partisans de « l’armée des princes » fusillés sur le Champ de mars

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Les derniers courriers des princes

Une douzaine d’années après les velléités de reconquête de la France révolutionnaire par les royalistes à partir de l’Angleterre, vont aborder sur le sol de France les derniers partisans du comte de Puisaye. C’est pour rétablir en France des comités royalistes comme en 1797, en commençant par Rennes, que, le dimanche 10 janvier 1808, quittèrent Jersey ces ultimes courriers des princes pour ne débarquer que le 20 en raison d’une longue escale à Chausey due aux tempêtes.

C’est sur la grève de Rothéneuf, qu’’une longue annexe du cotre Le Drack les amena. Le navire repartit avec ses trente marins fortement armés, laissant sur le rivage cinq passagers. Leur chef se faisait appeler Blondel, en fait colonel Prigent, chevalier de Saint-Louis, second du comte de Puisaye. Il était accompagné de Guignet fils d’un jardinier de Saint-Servan, Deschamps, alias Frécinet, de Rothéneuf, Jean Leclerc de Saint-Servan et Bouchard. Gouyon-Vaucouleurs, compagnon d’exil de François rené de Chateaubriand à Londres, avait été du voyage mais, âgé, resta à bord du cotre avec mission de rendre compte du voyage.

Huit mois d’errance achevée sur le Champ de Mars

Du rivage, à sept heures du soir, ils gagnèrent de nuit la route de Saint-Servan où, à une maison de confiance de La Flourie, localité de Jean Leclerc, ils trouvèrent porte close. Dès lors ce furent sept mois d’errance de bêtes traqués. Le 5 septembre, Bouchard se constitua prisonnier, puis, dans un champ de seigle où ils s’étaient cachés aux environs de Dinan, Blondel et deux de ses compagnons furent cueillis par les gendarmes alertés par un jeune berger.

Le colonel Prigent, pour sauver sa peau dénonça alors tout le monde et révéla les plans dans une audition qui dura six heures. L’affaire fut jugée suffisamment sérieuse par le ministre de la police Fouché pour envoyer Bouchard à Jersey chercher M. Gouyon- Vaucouleurs incité traitreusement à revenir en France et qui sera fusillé avec Armand de Chateaubriand le 30 mars 1809 à Paris Ils furent trente-six à comparaître à Rennes, le 30 septembre, devant la commission militaire qui, trois jours plus tard, prononça onze condamnations à mort. Le mardi 4 octobre, à cinq heures du soir, la troupe encercle le Champ de Mars et la foule attend, aux sons d’une musique militaire qui joue des airs allègres. Neuf condamnés sont amenés et refusent de s’agenouiller et de tourner le dos au peloton d’exécution. Tirez ici, dit de Gouyon, main sur le cœur. Le lendemain, Prigent – que ses révélations n’avaient pas sauvé – et Bouchard sont aussi passés par les armes sur le Champ de Mars.[1]

références

  1. Saint-Malo sous la Révolution 1789-1800. Eugène Herpin. La découvrance – 2002