Difference between revisions of "1940, scène du début de l'occupation"

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=== Scène du début de l'occupation allemande à Rennes. ===
 
=== Scène du début de l'occupation allemande à Rennes. ===
  
'''* Quand ?'''  On est au tout début de l'occupation à Rennes. En témoigne une pancarte en anglais, indiquant la direction d un "veterinary park". Cette indication n'a pas du subsister longtemps. La scène est-elle de juin, ou plus tard, d'août 1940 alors que les Allemands sont preneurs de vélos ?
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'''* Quand ?'''  On est au début de l'occupation à Rennes mais on constate une pancarte en allemand, indiquant la direction d'un "Veterinär Park" et une autre donnnant les directions de postes de croix Rouge (Rotes Kreuz). La scène peut-elle être en juin 1940, ou plus tardive, comme le laisseraient penser ces pancartes, mais les Allemands ne tardaient pas à apposer leur signalétique à leur arrivée dans une ville. On peut  envisager le mois d'août 1940, période  où les Allemands étaient preneurs de vélos. Il n'y a pas de plaque arrière de vélo (avec immatriculation GV) car elle n'apparaît que fin 1940, instituée par arrêté préfectoral du 29 novembre.
  
 
'''* Qui ?''' Des militaires et des civils.
 
'''* Qui ?''' Des militaires et des civils.
  
Les militaires: deux soldats allemands de la Wehrmacht, celui de gauche un caporal, celui de droite, plus gros, un sergent(Unteroffizier) ou sergent-chef (Unterfeldwebel). Le troisième est un  français, comme l'indique son brassard marqué "police",  portant béret et botte. Le pantalon est d'un gendarme avec la bande verticale) mais le port du béret est étrange, car le gendarme portait képi ou casque. L'insigne de manche n'est pas reconnu.
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Une femme s'apprête à traverser mais des militaires et des civils au premier plan sont l'objet du photographe : deux soldats allemands de la Wehrmacht, celui de gauche un caporal, celui de droite, plus gros, un sergent(Unteroffizier) ou sergent-chef (Unterfeldwebel), le troisième est un  français, comme l'indique son brassard marqué "police",  portant béret et botte. Le pantalon est d'un gendarme (avec la bande verticale latérale) mais le port du béret est étrange, car le gendarme portait képi ou casque. Un insigne de poitrine et l'insigne de manche ne sont pas identifiés.
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Les civils, trois jeunes passent : une petite fille sur le trottoir, sur la rue, deux jeunes gens, l'un en culottes de golf, vêtement usuel des jeunes à l'époque, ont quitté le trottoir et vont dépasser le groupe  qui stationne. Deux cyclistes rennais sont arrêtés, l'un a la tenue d'un bourgeois, costume, cravatte et chapeau, l'autre porte un vêtement à col ouvert et est tête nue.
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Les civils, trois jeunes passent : une petite fille sur le trottoir et, sur la rue, deux jeunes gens, l'un en culottes de golf, vêtement usuel des jeunes à l'époque, ont quitté le trottoir et vont dépasser le groupe  qui stationne. Deux cyclistes rennais sont arrêtés, l'un a la tenue d'un bourgeois, costume, cravate et chapeau, l'autre porte un vêtement à col ouvert et est tête nue.
  
'''* Que se passe t-il ?''' Il s'agit d'un contrôle : le caporal a probablement les yeux tournés sur un papier que lui a remis le cycliste qui est descendu de vélo, le sergent ou sergent-chef attend, il parait en train de parler. Le second cycliste n'a mis qu'un pied à terre et semble interrogé par le policier français qui  lui parle et prend des notes sur un carnet. Il ne s'agit probablement pas d'une infraction au code de la route mais plutôt d'un contrôle d'identité, la possession des vélos étant peut-être en cause : ces civils en ont-ils vraiment besoin pour leur travail ?
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'''* Que se passe t-il ?''' Il s'agit d'un contrôle : le caporal a probablement les yeux tournés sur un papier que lui a remis le cycliste qui est descendu de vélo, le sergent ou sergent-chef attend, il parait en train de parler. Le second cycliste n'a mis qu'un pied à terre et semble interrogé par le policier français qui  lui parle et prend des notes sur un carnet. Il ne s'agit pas d'une infraction au code de la route mais plutôt d'un contrôle d'identité, la possession des vélos étant peut-être en cause : ces civils en ont-ils vraiment besoin pour leur travail ?
  
'''* Mais où ?''' Déterminer le lieu est difficile malgré une indication précise: la pancarte donnant la direction de Nantes, donc du sud. C'est à un carrefour car, de la droite débouche un peu en oblique une rue, dotée d'une vespasienne marquée de la réclame Cinzano, auquel est accrochée une pancarte avec Croix-Rouge signalant des postes de secours par un double fléchage  à gauche et à droite; la pancarte marquée "veterinary park" envoie vers une rue à gauche.
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'''* L'auteur de la photo ''' est inconnu. Il est probable qu'il est un soldat allemand photographiant comme beaucoup, en l'occurrence  une scène de contrôle de la population. Il peut être aussi français, dans le but de montrer la coopération entre autorités allemandes et autorités françaises, ou, au contraire, les mesures de contrôle  tatillonnes imposées par l'occupant. Une ordonnance du chef militaire de l'administration en France, datée du 16 septembre 1940, interdira la photographie en plein air à la population de la zone occupée.
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[[Fichier:Photo_sur_plan.jpg|300px|left|thumb|Lieu de la photo sur extrait de plan Larcher 1942]]
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'''* Mais où ?''' Déterminer le lieu est difficile malgré une indication précise: la pancarte donnant la direction de Nantes. C'est à un carrefour car, de la droite débouche un peu en oblique une rue, dotée d'une vespasienne marquée de la réclame Cinzano, à laquelle  est accrochée une pancarte avec Croix-Rouge signalant des postes de secours par un double fléchage  à gauche et à droite; la pancarte marquée "Veterinär Park" envoie vers une rue à gauche.  
  
Quelle est la rue circulée par des camions, l'un descendant, à l'apparence militaire, l'autre chargé, montant ou stationné  ?  En fond ytès lointain de la rue l'on aperçoit  des structures la dominant et la fermant: deux poteaux et très probablement un wagon de voyageurs, ce qui amène à penser à la voie ferrée en remblai qui passe sur  le pont de la [[ rue de Nantes]].
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Quelle est la rue parcourue par des camions, l'un descendant, l'autre chargé, montant ou stationné  ?  En fond très lointain de la rue l'on aperçoit  des structures la dominant et fermant la perspective: deux pylones et très probablement un wagon de voyageurs, ce qui amène à penser à la voie ferrée en remblai qui longe le boulevard de Beaumont et passe sur  le pont de la [[ rue de Nantes]].
  
Cette rue en direction de Nantes semble  assez large  et rectiligne pour être le [[boulevard de la Tour d'Auvergne]] mais l'on n'aperçoit pas à gauche une écoleau contraire la seule autre voie dirigeant vers le sud est l'ancienne rue de Nantes, qui était un peu tortueuse et plus étroite que la largeur vue sur la photo. Nous serions donc au carrefour de la [[ rue de l'Arsenal]]  débouchant de la droite, et à gauche  de la [[rue Thiers]]   qui donnait accès par la [[rue de Plélo]] à la caserne du Colombier où devait se trouver le centre vétérinaire (chevalin) britannique indiqué par la pancarte. La section de rue serait donc la portion du boulevard de la Tour d'Auvergne comprise entre la rue de l'Arsenal au nord  et l'extrémité du [[ boulevard du Colombier]] à 500 mètres au sud, distance importante que la photo donnerait en raccourci trompeur.
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Cette rue en direction de Nantes, assez large, rectiligne et en pente, ne peut être le [[boulevard de la Tour d'Auvergne]] car elle n'est pas plantée d'arbres;  la seule autre voie dirigeant plein sud est l'ancienne rue de Nantes, mais elle n'était pas rectiligne, était moins large que la section vue sur la photo et non pentue. La  seule section de rue restant avec indication de la direction de Nantes serait donc la portion du [[boulevard du Colombier]] descendant, sur 200 mètres, vers les voies ferrées avant de les longer. La pancarte  indiquant la direction d'un "Veterinär Park" dirige par le boulevard de Beaumont vers la gare ferroviaire de marchandises. Le site semble donc bien le carrefour avec  la [[rue de l'Alma]] et le [[boulevard de Beaumont]], photographié d'est vers l'ouest.  
  
Le secteur photographié a été complétement remanié dans les années 1970, lors de la construction du nouvel ensemble du Colombier.
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Le secteur photographié a été complètement remanié et n'offre pas de repère subsistant pour une identification aisée.
  
 
Si un contributeur peut apporter confirmation ou infirmation étayée, il sera le bienvenu.
 
Si un contributeur peut apporter confirmation ou infirmation étayée, il sera le bienvenu.

Latest revision as of 12:14, 24 January 2020

1940, petite scène du début de l'occupation à l'angle de la rue de l'Alma et du Bd du Colombier
80 ans plus tard, le même endroit
Vos vélos, s.v.p ! (Ouest-Eclair du 11 août 1940)


Scène du début de l'occupation allemande à Rennes.

* Quand ? On est au début de l'occupation à Rennes mais on constate une pancarte en allemand, indiquant la direction d'un "Veterinär Park" et une autre donnnant les directions de postes de croix Rouge (Rotes Kreuz). La scène peut-elle être en juin 1940, ou plus tardive, comme le laisseraient penser ces pancartes, mais les Allemands ne tardaient pas à apposer leur signalétique à leur arrivée dans une ville. On peut envisager le mois d'août 1940, période où les Allemands étaient preneurs de vélos. Il n'y a pas de plaque arrière de vélo (avec immatriculation GV) car elle n'apparaît que fin 1940, instituée par arrêté préfectoral du 29 novembre.

* Qui ? Des militaires et des civils.

Une femme s'apprête à traverser mais des militaires et des civils au premier plan sont l'objet du photographe : deux soldats allemands de la Wehrmacht, celui de gauche un caporal, celui de droite, plus gros, un sergent(Unteroffizier) ou sergent-chef (Unterfeldwebel), le troisième est un français, comme l'indique son brassard marqué "police", portant béret et botte. Le pantalon est d'un gendarme (avec la bande verticale latérale) mais le port du béret est étrange, car le gendarme portait képi ou casque. Un insigne de poitrine et l'insigne de manche ne sont pas identifiés.

Emplacement de la photo
Recepisse déclaration vélo411.jpg

Les civils, trois jeunes passent : une petite fille sur le trottoir et, sur la rue, deux jeunes gens, l'un en culottes de golf, vêtement usuel des jeunes à l'époque, ont quitté le trottoir et vont dépasser le groupe qui stationne. Deux cyclistes rennais sont arrêtés, l'un a la tenue d'un bourgeois, costume, cravate et chapeau, l'autre porte un vêtement à col ouvert et est tête nue.

* Que se passe t-il ? Il s'agit d'un contrôle : le caporal a probablement les yeux tournés sur un papier que lui a remis le cycliste qui est descendu de vélo, le sergent ou sergent-chef attend, il parait en train de parler. Le second cycliste n'a mis qu'un pied à terre et semble interrogé par le policier français qui lui parle et prend des notes sur un carnet. Il ne s'agit pas d'une infraction au code de la route mais plutôt d'un contrôle d'identité, la possession des vélos étant peut-être en cause : ces civils en ont-ils vraiment besoin pour leur travail ?

* L'auteur de la photo est inconnu. Il est probable qu'il est un soldat allemand photographiant comme beaucoup, en l'occurrence une scène de contrôle de la population. Il peut être aussi français, dans le but de montrer la coopération entre autorités allemandes et autorités françaises, ou, au contraire, les mesures de contrôle tatillonnes imposées par l'occupant. Une ordonnance du chef militaire de l'administration en France, datée du 16 septembre 1940, interdira la photographie en plein air à la population de la zone occupée.

Lieu de la photo sur extrait de plan Larcher 1942

* Mais où ? Déterminer le lieu est difficile malgré une indication précise: la pancarte donnant la direction de Nantes. C'est à un carrefour car, de la droite débouche un peu en oblique une rue, dotée d'une vespasienne marquée de la réclame Cinzano, à laquelle est accrochée une pancarte avec Croix-Rouge signalant des postes de secours par un double fléchage à gauche et à droite; la pancarte marquée "Veterinär Park" envoie vers une rue à gauche.

Quelle est la rue parcourue par des camions, l'un descendant, l'autre chargé, montant ou stationné  ? En fond très lointain de la rue l'on aperçoit des structures la dominant et fermant la perspective: deux pylones et très probablement un wagon de voyageurs, ce qui amène à penser à la voie ferrée en remblai qui longe le boulevard de Beaumont et passe sur le pont de la rue de Nantes.

Cette rue en direction de Nantes, assez large, rectiligne et en pente, ne peut être le boulevard de la Tour d'Auvergne car elle n'est pas plantée d'arbres; la seule autre voie dirigeant plein sud est l'ancienne rue de Nantes, mais elle n'était pas rectiligne, était moins large que la section vue sur la photo et non pentue. La seule section de rue restant avec indication de la direction de Nantes serait donc la portion du boulevard du Colombier descendant, sur 200 mètres, vers les voies ferrées avant de les longer. La pancarte indiquant la direction d'un "Veterinär Park" dirige par le boulevard de Beaumont vers la gare ferroviaire de marchandises. Le site semble donc bien le carrefour avec la rue de l'Alma et le boulevard de Beaumont, photographié d'est vers l'ouest.

Le secteur photographié a été complètement remanié et n'offre pas de repère subsistant pour une identification aisée.

Si un contributeur peut apporter confirmation ou infirmation étayée, il sera le bienvenu.