Claude Geslin, pour l'exemple, une condamnation précoce

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À la libération, il apparut à certains qu’ un exemple de jugement et de châtiment était absolument nécessaire, pour satisfaire et apaiser la colère populaire. Aussi un tribunal militaire provisoire se saisit-il très tôt du cas Claude Geslin et de ceux de Yves Maurice Denis et e Jean Caville Duplessis, mineurs âgés de 19 ans.

Le tribunal militaire provisoire les juge à Rennes , le 23 août 1944. Des trois, Claude Geslin est le plus important. Il a 23 ans, ancien membre du PNB dont il avait été exclu , et il est accusé d’intelligence avec l’ennemi et d’actes de torture et de barbarie sur des patriotes. La charge essentielle reposait sur des archives de la Gestapo que les autorités de la libération avaient retrouvées dans les caves de l’avenue Jules Ferry, siège local du SIPO-SD.

Agent immatriculé sous le numéro SR 923, il avait effectivement travaillé pour les services de renseignements allemands, à la section VII du SD, en charge des questions universitaires et scolaires, dont la responsable était la Fräulein Dr Langer, collaboratrice directe de l’adjudant Grimm. Claude Geslin, y faisait fonction d’interprète et accessoirement d’indicateur. [1] Mais il accompagnait aussi la Gestapo dans sa quête de résistants et contribuait à leur arrestation et aux interrogatoires.

C’est ainsi qu’André Heurtier, agent P1. du Réseau "Eleuthère" du 1 er avril 43 au 31 août 43 puis chargé de mission 2e classe au Réseau "Bordeaux Loupiac" et fondateur du Mouvement "Libération Nord" en Bretagne, arrêté par la Gestapo le 21 décembre 1943, constata la présence active de Claude Geslin. Il sera déporté mais reviendra et sera président du comité départemental de la libération.

Plusieurs centaines de spectateurs assisteront à ce procès devant un tribunal militaire composé d'un juge et de quatre assistants. Plusieurs centaines de civils, comptaient au nombre des spectateurs. Défendu par Me Bertrand, Geslin fut condamné à la peine capitale, ainsi que Jean Caville Duplessis, verdict donné aux applaudissements de la salle.

Le tribunal militaire permanent de la Xie région militaire sera installé quelques jours plus tard, le 28 août.

Claude Geslin ne fut exécuté que plus de trois mois après sa condamnation, fusillé le vendredi 1er décembre 1944 à 7h45 au stand de tir de Coëtlogon à Rennes.

références