L’avant dernier guillotiné à Rennes, en 1922 : un parricide

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Un chenapan tue son père

Ouest-Eclair du 19 mai 1922

Fernand Lagadec, 24 ans, valet de ferme à Parigné,un chenapan, se rend à Romagné,le 25 juillet 1921, et sous prétexte d'un refus de lui donner de l'argent, frappe violemment son père Pierre, 68 ans, ancien garde forestier dans la forêt de Fougères, et, aidé de sa mère, porte l'homme encore vivant vers l'étang voisin où il est noyé. Joséphine Génain, veuve Lagadec, est condamnée à vingt ans de travaux forcés. Le fils est condamné à mort le 16 février 1922 et la grâce présidentielle lui est refusée. Il est donc destiné à la guillotine.

L’exécuteur des « hautes œuvres », le Rennais Deibler, arrive de Paris en gare de Rennes, le 18 mai, accompagné de ses trois aides et les « bois de justice », dissimulés sous une bâche, arrivent sur un fourgon, en fin de journée.

La guillotine

Le journal L'Ouest-Eclair annonce que l'exécution aura lieu le samedi matin et "comme d'habitude, des personnes qui recherchent les émotions fortes, espérant assister au petit jour à cette exécution, se trouvaient depuis minuit devant la porte de la prison départementale". Et le journal de rappeler la dernière exécution, celle du 18 juillet 1892, où l'assassin d'une jeune fille expia son crime, au coin du Champ de Mars situé entre le boulevard Magenta et le boulevard de la Liberté.

Ouest-Eclair du 20 mai 1912

Deux colonnes du journal relate les préparatifs et l'exécution avec moult détails. Devant la prison, à la sortie des cinémas, des personnes s'assemblent, bientôt une centaine. "Un bec de gaz au coin de la rue Alain-Bouchart éclaire le petit espace oû se déroulera dans quatre heures la scène brève et tragique." À 1 heure et demi, 500 personnes sont massées devant la prison Les curieux en seront chassés énergiquement à 150 mètres en arrière. les gendarmes forment des barrages à 150 mètres à hauteur des rde la rue Marcellin Berthelot et de la rue Lobineau. Réveillé à 3h50, Lagadec dormait profondément. Hébété, reprend vite ses esprits et répond au substitut : "Du courage, j'en ai toujours eu jusqu'ici, et j'en aurai encore." S'habille, et passe une paire de sandales. Très calme, entend la messe, communie. Accepte un verre de rhum et une cigarette. Passe une blouse blanche et un voile noir, garde ses sandales. En sortant de prison, entend la lecture de l'arrêt de condamnation. Après qu'on lui ait retiré voile et blouse, va avec courage à l'échafaud. l'Exécution a lieu à 4 heures 40.