Lillion

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Lillion est un lieu-dit de l'ouest de Rennes, dans le secteur de la Prévalaye, en bordure de la Vilaine.

La section de Lillion du cadastre napoléonien de 1842 comporte 344 parcelles.

Maison de Lillion

Fin 1730, un litige entre Jean Duchesne, recteur de Toussaints et Jean Baptiste Simeon Chauvel, Sieur de Lilion, concernant la dîme des lins et chanvres due audit recteur, apporte quelque lumière sur ce lieu et ses habitants[1]. Voici trois des témoignages faits devant le présidial de Rennes le 22 décembre 1730, pour l'une ou l'autre partie :

  • Julien André, 29 ans, journalier, au Prénamet, dépose qu'il y a environ quatorze ou quinze ans qu'il a seré les dixmes vertes dans les traits des Cordieres et de Ste Foye, et avoir bonne connaissance qu'il ne leva pas la dixme des lins et chanvres dans les jardins de la maison de Lilion, ny dans celuy du Sr. de la Prevalaye, qui sont les seuls deux jardins clos desdits deux traits ; qu'il n'entra pas mesme dans lesdits jardins et ne scait par consequant s'ils estaient ensemensés de lins et chanvres.
  • Jean Faverays, 47 ans, métayer à la Maltière, dépose qu'il y a environ treze ans qu'il prit à ferme du sieur recteur de Toussaint la dixme verte du trait apellé le grand trait ; qu'il n'a tenu cette ferme que pendant une année et qu'il ne leva pas la dixme des lins et chanvres qui se faisaient dans les jardins de Lillion et de la Prevalaye ; qu'il a meme esté metayer de la Prevalaye pendant dix ans, et que pendant tout ce temps il n'a jamais veu lever la dixme des lins et chanvres qui croissaient dans le grand jardin clos de la Prevalaye.
  • Jean Dessein, 63 ans, jardinier, au village de Guine, dépose qu'il y a environ trante cinq ans qu'il coure la dixme dans la parr. de Toussaint... ; que pendant ces trante années, il a sans distinction levé la dixme des lins et chanvres dans tous les endroits où il en croissait... mesme dans les jardins clos comme ceux des Srs. de la Prevalaye, Deshayes Malescot, de Villeneuve, Bougret, et de la Bintinaye ; qu'à l'égard du jardin de Lilion, on n'y dixmait pas les lins et chanvres par l'ordre du Sr. recteur de Toussaint qui le deffendait en consideration des grandes charités que faisait la feue demoiselle de Lilion.
    Etienne Paviot, 49 ans, laboureur à Couasme, le confirme puisqu'il lui aurait été dit que la demoiselle de Lilion faisait assez de charité pour l'en exempter.


D'une manière très générale, la levée des dîmes, variant d'un lieu à un autre, d'une année à une autre, d'une personne à une autre, était la cause d'une grande variété de désaccords, parfois soumis à la justice. Particularité, celle portant sur le lin et le chanvre était régulièrement à l'origine de discussions et témoignages, notamment en raison de l'usage de ne pas la percevoir dans certains jardins, les jardins dits potagers, ou encore les jardins clos, un jardin clos étant souvent un jardin potager probablement.

Notes et références

  1. Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : cote 2B 446.
  • Témoignage intéressant la Bintinais : Denis Panaget, 49 ans, laboureur, à la Vieuville, dépose qu'il a toujours demeuré dans la parroisse de Toussaint, et pendant quinze ans qu'il a demeuré à la Bintinaye, il n'a jamais veu y lever la dixme sur les lins et chanvres qui se faisaient dans le jardin de lad. maison de la Bintinaye ; qu'il a mesme connaissance que Julien Lubert, qui estait jardinier du Sr. de la Bintinaye, fit pendant deux années des lins et chanvres dans les allées du jardin de lad. maison de la Bintinaye, et que les dixmeurs estants venu luy en demender la dixme, il la leur refusa, disant que le Sr. de la Bintinaye le luy avait deffendu. Il signe. Déposition confirmée quant'au jardin clos de la Bintinaye par celle d'Yves Lepée, 42 ans, jardinier au Petit Villeneuve, qui a tenu à ferme le trait de la Bintinaye pendant deux ans.