Promenades de santé des Rennais au 18e siècle

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{{citation |texte=3° Une circonstance particulière à la ville de Rennes parait rendre ce choix déterminé et nécessaire. La ville de Rennes est peut être de toutes les villes de la province celle où se trouve le plus grand receptacle à la pauvreté. Ces pauvres habitants sont tous relégués dans les fauxbourgs parce que le centre de la ville ayant été incendié et reconstruit à neuf, les maisons plus cheres de construction et plus comodes sont devenues plus cheres de loier que les barraques des fauxbourgs qui l'environnent. Il résulte pour l'insalubrité de cette ville que les hommes industrieux et aisés logés dans l'intérieur, sont cernés par une zone malsaine, par des fauxbourgs où les hommes entassés les uns sur les autres dans des répaires sales et croupissants, interceptent à l'intérieur de la ville la communication avec l'air plus sain de la campagne. Il est donc plus intéressant pour cette ville que pour aucune autre qu'il existe des promenades de campagne pour ses habitants, promenades commodes et peu éloignées, et dont une police sage écarte tout ce qui pourroit altérer la salubrité.
La position de la ville cependant est telle que les fauxbourgs qui l'environnent ne permettent guères l'accès de la campagne qu'après avoir traversé ces fauxbourgs et parcouru des pavés de banlieues longs et incommodes pour les personnes du sexe et gens infirmes ou convalescents qui désirent l'air de la campagne pour conserver ou réparer leur santé. Un seul côté de la ville offre une sortie sans fauxbourgs, sans pavés de banlieues, sur un chemin public, mais cette sortie est au sud sud ouest de la ville, et dans la direction d'une lande [dite de la Courouse] à la même exposition, dans laquelle il a semblé qu'il seroit convenable de placer les cimetieres. Or il est évident que placer les cimetieres dans cet endroit, c'est enlever à la sécurité des habitants cet air pur qu'ils alloient rechercher pour leur santé. Déjà le magistrat de police en a fait enlever une voierie de chevaux qui y étoit établie et qui en infectoit la pureté de l'air. Il est à la conoissance publique que dans les beaux jours de l'année, cette route est couverte d'habitants qui s'y rendent uniquement dans le dessein de se fortifier ou réparer la santé par un exercice modéré dans un lieu sain.
Mais que devient l'utilité de cette promenade nécessaire si les cadavres de tous les morts de la ville y sont voiturés sans cesse au milieu des habitants, laissant sur la route et dans toute l'étendue de la promenade une trainée impure des exhalations pestilencielles qui ont précipité les jours de la pluspart de ces morts ; et on sera porté cet amoncèlement d'environ 1500 cadavres par chaque année, dans un terrain qui, examiné par des hommes habiles dans l'art de la chimie, a été jugé incapable de procurer la consommation des corps morts ... à une demie lieue de la ville, à l'endroit qui est le but et le terme ordinaire de la promenade publique, dans un lieu d'où le vent de sud ouest, ce vent presqu'habituel, apporteroit les exhalaisons infectes à la respiration de tous ceux qui ne voudroient pas renoncer à cette promenade publique. Et ce spectacle lugubre et continuel, cette concurrence des morts et des vivants, dans l'étendue d'une demie lieue de promenade publique, est-il donc d'une sage politique ? Doit-on répendre l'effroi de la mort - par ce convoi perpétuel - sur des hommes dont l'esprit participe à la foiblesse d'un corps convalescent et dont la santé est encor chancelante. C'est dans la gaité, la dissipation et la fuitte des images effraiantes et lugubres que l'esprit et le corps se réparent !
... Cette lande est située au dessus d'un village assés considérable nommé Closné. La nature du sol qui ne permete pas l'infiltration des eaux... [fin quatre pages plus loin] Que des magistrats dont l'habitation de campagne est au nord-est de la ville veuillent faire placer les cimetières au sud-ouest pour placer la ville entre les cimetieres et eux, est-ce un motif pour déterminer l'intérêt et l'utilité publique. |auteur=M. de Coniac|origine=Manuscrit de dix pages, écrit vers [[1800], commençant par Les vues du magistrat public se sont portés, depuis quelques années, avec plus de soin sur les moiens de conserver les hommes à la vie... - Fonds de Coniac : 13 J 69|collecteur=|date=}}


Notes et références