« Rennes et le breton » : différence entre les versions

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[[File:Pièche du Parlément, Rennes.jpg|thumb|Signalisation bilingue dans le centre de Rennes.]]
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Parmi tout les débats sur la ville de Rennes, il s’en trouve un qui fait l’exploit de créer plus de polémiques que « Rennes capitale de la Bretagne » ; il s’agit de la place de la '''langue bretonne à Rennes''' que l’on retrouve régulièrement résumé par l’opinion « on n’a jamais parlé breton à Rennes ».
Parmi tous les débats sur la ville de Rennes, il s’en trouve un qui fait l’exploit de créer plus de polémiques que « Rennes capitale de la Bretagne ? » ; il s’agit de la place de la '''langue bretonne à Rennes''' que l’on retrouve régulièrement résumé par l’opinion « On n’a jamais parlé breton à Rennes. ».


Cet article a l’espoir de donner quelques éléments factuelles pour permettre de bien appréhender cette question.
Cet article a l’espoir de donner quelques éléments factuels pour permettre de bien appréhender cette question.


== Éléments généraux ==
== Éléments généraux ==

Version du 2 août 2012 à 18:39

Signalisation bilingue dans le centre de Rennes.

Parmi tous les débats sur la ville de Rennes, il s’en trouve un qui fait l’exploit de créer plus de polémiques que « Rennes capitale de la Bretagne ? » ; il s’agit de la place de la langue bretonne à Rennes que l’on retrouve régulièrement résumé par l’opinion « On n’a jamais parlé breton à Rennes. ».

Cet article a l’espoir de donner quelques éléments factuels pour permettre de bien appréhender cette question.

Éléments généraux

Le bon sens à lui seul nous permet de dire qu’il est fort probable qu’une phrase contenant le mot « jamais » soit fausse.

Le sens large mais premier du verbe « parler » est « User de la faculté du langage ; proférer, prononcer, articuler des mots. »[1]. Or il y a forcément eu une occasion où au moins une personne a parlé breton à Rennes. Rennes se trouvant en Bretagne, l’hypothèse que personne n’y aurais jamais parlé breton est d’autant plus impossible.

Un sens plus restreint (« ensemble de personnes s’exprimant dans une langue ») reste difficile à imaginer dans un monde ouvert, surtout dans une ville cosmopolite comme Rennes. Même dans ce sens, on parle breton à Rennes comme on y parle anglais ou chinois.

La question n’est donc pas de savoir si on parle breton à Rennes, mais de connaître l’importance et le nombre locuteurs brittophone à Rennes à travers l’histoire.

Histoire générale du breton

Parmi ceux qui connaissent le sujet de la langue bretonne ou de la Bretagne, on trouve la variante « on ne parle plus breton à Rennes depuis le ?e siècle » (avec ? généralement inférieur au Ve voire au Xe siècle).

Recul du breton vers l’ouest.

Les linguistes distinguent trois langues différentes avec des limites temporelles et géographiques assez précises.

langues époque localisation (voir carte)
vieux breton du IXe[2] siècle au XIe siècle à l’ouest d’une ligne passant à proximité de Rennes et de Nantes
moyen breton du XIIe siècle au XVIe siècle Basse-Bretagne
breton moderne depuis le XVIIe siècle Basse-Bretagne actuelle

On voit qu’il est anachronique de parler de breton avant le XVIIe siècle. En ce sens, on n’a pu parlé breton à Rennes au IIe siècle.

Quand bien même on assimile le breton moderne à son lointain parent le vieux breton, celui-ci n’a jamais été majoritairement parlé à l’est d’une ligne passant à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Rennes.

Communes terminant en « -ac » en France.

En analysant les toponymes, on peut aussi analyser la marque de la langue bretonne sur le territoire. En Bretagne, les toponymes finissant en « -ac » sont typique de zones où l’on a parlé breton. Or leur localisation sur une carte correspond assez bien à la limite du breton parlé en 900 et s’arrêtent là aussi à quelques kilomètres à l’ouest de Rennes.

Histoire du breton à Rennes

De façon exceptionnelle, on retrouve quelques toponymes d’origine bretonne à Rennes comme Gros-Malhon ou Quineleu.

Porte Ty Nevez Creguen.

Des attestations montrent qu’il y a toujours eu une présence régulière et continu du breton à Rennes. Pendant longtemps, celle-ci s’est traduit principalement à travers deux domaines : le commerce et la justice. En effet, nombreux sont les commerçants et prisonniers qui venait de l’Ouest de la Bretagne. On trouve de nombreuses gwerzioù (complaintes en breton) ayant pour thèmes des jugements et des exécutions à Rennes[3]

On trouve aussi quelques membres du bas-clergé, cependant en janvier 1821, Charles Mannay, l’évêque de Rennes doit demander à l’évêque de Quimper de lui envoyer un aumônier brittophone pour la prison de Rennes.

La langue bretonne a donc longtemps été parlé par les classes populaires, l’élite parlant le latin puis le français. Cela commencera a s’inverser au XIXe siècle. Sous l’effet du romantisme et du panceltisme, les élites intellectuelles rennaises s’intéresse aux langues celtiques. On trouve par exemple, le professeur Joseph Loth qui commence à enseigner le celtique à l’Université de Rennes dès 1883 ou bien l’hôtel particulier Ty Nevez Croguen (du nom de l’inscription en breton au-dessus de la porte d’entrée, littéralement la maison neuve de la coquille) situé au 5 rue du général Maurice Guillaudot et construit par et pour Frédéric Jobbé-Duval en 1880 [4]

De nos jours

Un comité consultatif à l’identité bretonne (CCIB) est créé en septembre 1996. Il rassemble des élus, des représentants associatifs et des personnes qualifiées qui tente de valoriser la culture bretonne à Rennes. Il est présidé par Martial Gabillard, conseiller municipal délégué aux cultures bretonnes. Lena Louarn, vice-président et Michel Génin en sont membres. Il est à l’origine de nombreuses actions comme le festival Yaouank et de la signalisation bilingue/trilingue.

Rennes adhère à la charte Ya d’ar brezhoneg (Oui au breton) le 24 janvier 2008. Bruz fait de même le 1er octobre 2011.

Paradoxalement de nos jours, Rennes est devenu la ville où l’on trouve le plus de personnes étudiant et enseignant le breton. Il existe une offre parfois insuffisante mais assez complète qui va de la maternelle au cours du soir pour adultes en passant par l’Université, tant dans le public que dans le privé[5]. On trouve ainsi une école Diwan[6], deux écoles catholiques Dihun (Saint-Michel et Saint-Jean-Bosco[7]), et trois publiques écoles Div Yezh (Faux-Pont, Liberté et Gantelles-Guy Ropartz[8]). L’offre est plus réduite en enseignement secondaire mais on trouve des classes dans la filière publique au collège Anne de Bretagne et au lycée Jean Macé ainsi que dans l’enseignement catholique au collège Saint-Hélier.

Références

  1. Entrée « parler » du Dictionnaire de l’Académie française.
  2. Certains font remonter le vieux breton au Ve siècle, mais on considère généralement le manuscrit de Leyde (Xe siècle) comme le premier texte en breton.
  3. Livret et CD de l'exposition temporaire Rennes en chansons (éditions Dastum, novembre 2010)
  4. Fiche de Ty Nevez Croguen sur Glad, base du service de l’Inventaire du patrimoine de la région Bretagne.
  5. Enseignement du breton sur le site de l’Académie de Rennes.
  6. www.diwan-bro-roazhon.org
  7. dihun.bro.roazhon.free.fr
  8. divyezh-roazhon.com

Voir aussi