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Rue de Saint-Malo

La rue de Saint-Malo est une longue rue qui prend naissance place Sainte-Anne, et s'infléchit vers le nord-ouest, rejointe par la rue Saint-Martin pour franchir le canal d’Ille-et-Rance par le Pont Saint-Martin et s'achever après le croisement avec l'avenue Charles Tillon et le boulevard des Trois Croix.

La rue de Saint-Malo vers 1920

Contents

Une rue à deux aspects

Son tronçon sud, avant la rue Legraverend et la rue de l'Hôtel Dieu, ancien et pittoresque, se prolongeait jusqu'au canal, formant un des faubourgs linéaires de la ville, mais cette deuxième partie a été entièrement remodelée dans les années 1970 du dernier siècle, des immeubles modernes ayant remplacé les logis anciens qui faisaient face à l'Hôtel-Dieu[1].

 
Annaïg Mam Goz ar Faouët

Dans une entrée latérale de l'Hôtel-Dieu on peut voir, grand-mère assise comme en pénitence, la statue de la célèbre Anaïk, Mam-Goz ar Faouët, œuvre du sculpteur rennais Louis Henri Nicot[2], taillée dans le kersanton (roche magmatique proche du granite) et ramenée de La Massaye en Guichen. Au n° 32, une des rares maisons rescapées à encorbellement et pans de bois.

La section se poursuivant après la jonction avec la rue Saint-Martin était connue sous le nom de faubourg Saint-Malo jusqu'au début du 20e siècle et était bordée en son début par l’École Normale des garçons (devenue ensuite le siège de l'IUFM).

Une ancienne rue de révolte et d'insalubrité

On l'appelait autrefois rue Haute. Un hôpital Sainte-Anne fut créé en 1340 dans cette rue Haute, près de la place qui porte toujours ce nom, par plusieurs confréries de la ville (boulangers, texiers, baudriers, drapiers, boursiers, merciers, selliers et mintiers, parcheminiers, cordouanniers, bouchers), pour « recevoir les pauvres personnes malades et les pèlerins passants, et pour faire et exercer les œuvres de charité et de miséricorde ». Sa chapelle, construite en 1494, fut abattue sous le Second Empire[3].

Le nom rue Haute lui avait été donné par opposition à la rue Basse (actuelle rue de Dinan) qui partait d'elle en oblique pour suivre à distance l'Ille. En 1792 elle était évidemment devenue rue de Port-Malo. À l'entrée de la rue, en centre ville, subsistent les bâtiments de l'ancien couvent des Jacobins. Lors de la révolte dite "du papier timbré" de 1675, les habitants de la rue Haute se firent remarquer, très en pointe dans ce soulèvement populaire. Des habitants en pâtirent et des maisons furent détruites en représailles[4].

En 1832, une grande épidémie de "choléra-morbus", comme on disait alors, ayant frappé Rennes avec comme point de départ la rue de Saint-Malo, le journal l'Auxiliaire Breton donne de la rue et de ses habitants un triste tableau sans indulgence :

La construction de cette rue, étroite et sans air, ces allées infectes, ces cloaques qui ne vident jamais, ces asyles du pauvre, qu'une paresse poussée au dernier degré n'assainit, ne raréfie point, cette malpropreté naturelle à la plupart des gens qui habitent cette rue, qu'aucun avertissement n'a pu dérober à leur apathie, les excès auxquels sont enclins quelques-uns, les privations qui affligent les autres, tout devait faire présumer que là éclaterait le fléau.

De fait, sur les 135 décès recensés en trois mois, 40 touchent des habitants de cette rue[5].

Un document d'archive de l'institut national de l'audiovisuel met en lumière, au travers d'une courte vidéo, le caractère typique de cette rue dans les années 80, les bâtiments conservant leur aspect d'origine du XIXème siècle[6].

La rue de Saint-Malo fut la première "rue de la Soif" à Rennes[7].


« L'immeuble n°34 occupé par M. Cochet, boulanger, a conservé l'aspect pittoresque qu'avaient autrefois les vieilles rues de Rennes surtout dans les parties qui n'avaient pas souffert du terrible incendie de 1720. Le rez-de-chaussée comprend une boutique derrière laquelle se trouve une pièce servant de salle à manger ; cette pièce communique avec une cour dans laquelle on remarque un hangar dans lequel M. Cochet place son bois de chauffage. Au fond de cette seconde pièce se trouvent deux escaliers l'un conduisant au premier étage et le deuxième au sons-sol ; c'est dans ce sous-sol que sont installés les différents services de la boulangerie : pétrin mécanique, four, etc., etc.

Dans la cour sont de nombreux tas de bois qui permettent d'atteindre facilement le sommet d'une barrière en bois qui sépare cette cour d'une autre faisant partie de l'immeuble occupé par M. Leduc, aubergiste, 38 rue Saint-Malo. Cette dernière cour communique par un couloir avec la rue.

A l'extrémité de la barrière en bois que sépare les deux propriétés, on remarque un vieux mur qui n'atteint pas plus de 1m70 à un certain endroit. Un jeune homme agile peut donc l'escalader très facilement.

Au premier étage de l'immeuble que nous décrivons se trouvent deux chambres ; l'une donnant sur la cour, l'autre sur la rue Saint-Malo. »

— L'Ouest-Eclair
Origine : Numéro du 1 juillet 1906 • Recueilli par Manu35 • 2019licence

Sur la carte

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Références

Lien externe

Galerie cartes postales

 
Rue Saint-Malo. Carte postale Le Déley (ELD 176), voyagé 1913. Coll. YRG et AmR 44Z1278
 
La Rue St-Malo. Carte postale E. Mary-Rousselière 1195, voyagé 1913. Coll. YRG et AmR 44Z1878'
 
Rue Saint-Malo. Carte postale Warnet Lefévre (W.L. 529). Coll. YRG et AmR 44Z2401
 
Rue de Saint-Malo. Carte postale Gaby 99, Artaud père et fils. Carte glacée, voyagé 1955. Coll. YRG
 
Rue Saint-Malo. Edition Spéciale de l'Ouest-Eclair 195, cliché ND Phot. Coll. YRG
 
Le bas de la rue Saint-Malo. N° 21. Coll. particulière
 
La vieille rue St-Malo. Carte postale B. - A.C. succ. édit Rennes, 1903 ou avant. Coll. YRG
 
La Rue Saint-Malo. Edition Tanguy. Coll. particulière








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