Difference between revisions of "Sainte Anne"

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La Vie de Sainte-Anne fut inspirée par celle d'Hannah et son fils, le prophète Samuel dans l'Ancien Testament. Sainte Anne appartenait à ce peuple choisi, qui dans les desseins de Dieu, devait donner naissance au Sauveur des hommes.
Ses parents, recommandables par leur origine, devinrent surtout illustres entre tous leurs concitoyens par l'éclat d'une vie pleine de bonnes œuvres et de vertus. Après un mariage de vingt ans sans enfants avec Joachim, Anne enfanta de Marie. Selon la tradition, ils avaient fait un vœu et menèrent Marie lorsqu'elle avait trois ans au temple de Jérusalem pour qu'elle y fût éduquée.
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Ses parents, recommandables par leur origine, devinrent surtout illustres entre tous leurs concitoyens par l'éclat d'une vie pleine de bonnes œuvres et de vertus.  
  
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Mais c'est surtout au XVIIe siècle que le culte de sainte Anne acquit la popularité dont il jouit. De tous les sanctuaires de sainte Anne, le plus célèbre est celui d'Auray, en Bretagne
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Sainte-Anne d'Auray est encore aujourd'hui l'objet d'un pèlerinage national.
  
Le culte de sainte Anne a subi diverses alternatives. Son corps fut transporté dans les Gaules, au premier siècle de l'ère chrétienne, et enfoui dans un souterrain de l'église d'Apt, en Provence, à l'époque des persécutions. A la fin du VIIIe Siècle, il fut miraculeusement découvert et devint l'objet d'un pèlerinage. Mais c'est surtout au XVIIe siècle que le culte de sainte Anne acquit la popularité dont il jouit. De tous les sanctuaires de sainte Anne, le plus célèbre est celui d'Auray, en Bretagne; son origine est due à la miraculeuse découverte d'une vieille statue de la grande Sainte, accompagnée des circonstances les plus extraordinaires et suivies de prodiges sans nombre. Sainte-Anne d'Auray est encore aujourd'hui l'objet d'un pèlerinage national.
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En Breton, Sainte-Anne est surnommée ''"Mamm Gozh ar Vretoned"'', c'est-à-dire la grand-mère des Bretons.
  
En Breton, Sainte-Anne est surnommée ''"Mamm Gozh ar Vretoned"'', c'est-à-dire la grand-mère des Bretons. Des légendes la décrivent comme ordinaire de Plonévez-Porzay. Anatole Le Braz publie un récit dans laquelle Anne est mariée à un seigneur cruel et jaloux, qui lui interdit d'avoir des enfants. Lorsqu'elle tombe enceinte, il la chasse du château de Moëllien. Son errance avec la petite Marie, la conduit à la plage de Tréfuntec où l'attend un ange, près d'une barque. Selon la volonté de Dieu, l'ange l'amène jusqu'en Galilée. Bien des années plus tard, Marie épouse Joseph et devient la Mère du Christ. Anne revient en Bretagne pour y finir sa vie dans la prière et distribue ses biens aux pauvres. Toujours selon  cette légende, le Christ vient lui rendre visite, accompagné de ses disciples Pierre et Jean, et lui demande sa bénédiction, avant de retourner en Terre Sainte. Son corps aurait disparut après sa mort, mais des pêcheurs auraient retrouvé une statue à son effigie en baie de Douarnenez. Celle-ci, installée près de l'endroit où Jésus avait fait jaillir une source, est devenue le but du plus ancien pèlerinage consacré à Sainte-Anne et a pris le nom de Sainte-Anne-la-Plalud. Le Grand Pardon qui, depuis l'antiquité, rassemble des milliers de pèlerins, le dernier week-end d'août de chaque année, est certainement le plus authentique et le plus ancien d'Armorique.
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== Sainte Anne, la plus honorée au monde en Bretagne==
  
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Une place de Rennes est dénommée bien sûr pour Sainte-Anne , nom de la mère de la vierge Marie, '''c'est d'ailleurs en Bretagne qu'elle est la plus honorée au monde.''' Ce nom avait d'abord été donné à une chapelle qui fut érigée sur cette place au XVème siècle pour le service d'un hôpital du même nom qui avait été fondé au XIVème par des confréries ouvrières de Rennes.
  
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La chapelle Sainte-Anne était située à l'emplacement actuel de la voirie, entre l'ancien couvent et l'église. À cette époque d'ailleurs, la [[basilique Saint-Aubin]] existait déjà mais pas à son emplacement actuel, plus petite et en face de la [[Rue Saint-Louis]]. Entre cette église et la chapelle Sainte-Anne, se trouvait un tout petit passage qui portait le nom macabre de cimetière des pendus.
  
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Il faut savoir qu'au Moyen Âge sur la [[Place des Lices]] où se trouve maintenant l'horloge, dont les aiguilles sur une face restent figées, se trouvait la potence où étaient exécutés les condamnés.
  
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À cette époque, les exécutions avaient lieu sur des places publiques en hauteur pour être vues de tout le monde et pour intimider le peuple. Les corps restaient alors exposés quelque temps et lorsque l'on sortait de la ville par la porte Saint-Michel, on avait une vue directe sur la potence. C'est pour cette raison que cette place portait le nom de ''place du Bout du Monde'', l'actuelle [[Place Saint-Michel]]. Quand les corps des pendus étaient décrochés pour être enterrés dans le petit espace entre l'église Saint-Aubin et la chapelle Sainte-Anne, on empruntait le passage le plus direct entre le cimetière et la potence, la [[ rue des Innocents]] puis Rue Saint-Louis. La première rue empruntée pour emmener les corps de ceux que l'on ne croyait pas toujours coupables, avait d'abord pris le nom de ''rue des Innocents Pendus'' et ensuite pour faire plus court elle fut appelée [[Rue des Innocents]].
  
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En 1792, la [[Place Sainte-Anne]] a changé de nom pour prendre celui de Place des Jeunes Malouins, de même que la [[Rue du Tronjolly]] qui elle prenait le nom de ''rue des Jeunes Nantais'', pour rendre un hommage aux jeunes de ces deux villes venu prêté main forte à la Ville de Rennes pendant les émeutes qui eurent lieu en 1789. La place va reprendre ensuite le nom de Sainte-Anne. La chapelle Saint-Anne fut vendue en 1792 et démolie en 1865.
  
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Le couvent des Dominicains puis des Jacobins ainsi qu'une l'église furent fondés par le duc de Bretagne, Jean IV de Montfort (dont on retrouve le nom en centre-ville [[rue de Montfort]]). Lors de la bataille d'Auray en 1364, un messager vint annoncer à Jean de Montfort que son ennemi Charles de Bois était mort et il s'adressa à lui en ces termes : ''"Monseigneur, bonne nouvelle, vous êtes Duc de Bretagne"''. C'est pourquoi à son retour à Rennes, Jean de Montfort avait décidé, en souvenir de cette annonce, d'édifier une église et un couvent et de leur donner le nom de Bonne Nouvelle.<ref>à partir de la notice rédigée par Joël David, chargé d'odonymie à la Ville de Rennes, Rennes Métropole</ref>.
  
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Projet porté par Joël David Chargé d'odonymie à la Ville de Rennes
  
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Propos recueilli par Elisa Triquet Médiatrice numérique
  
 
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Latest revision as of 15:55, 21 January 2020

Sainte-Anne-d'Auray basilique et fontaine [1].

Qui est-elle ?

La Vie de Sainte-Anne fut inspirée par celle d'Hannah et son fils, le prophète Samuel dans l'Ancien Testament. Sainte Anne appartenait à ce peuple choisi, qui dans les desseins de Dieu, devait donner naissance au Sauveur des hommes. Ses parents, recommandables par leur origine, devinrent surtout illustres entre tous leurs concitoyens par l'éclat d'une vie pleine de bonnes œuvres et de vertus.

Mais c'est surtout au XVIIe siècle que le culte de sainte Anne acquit la popularité dont il jouit. De tous les sanctuaires de sainte Anne, le plus célèbre est celui d'Auray, en Bretagne Sainte-Anne d'Auray est encore aujourd'hui l'objet d'un pèlerinage national.

En Breton, Sainte-Anne est surnommée "Mamm Gozh ar Vretoned", c'est-à-dire la grand-mère des Bretons.

Sainte Anne, la plus honorée au monde en Bretagne

Une place de Rennes est dénommée bien sûr pour Sainte-Anne , nom de la mère de la vierge Marie, c'est d'ailleurs en Bretagne qu'elle est la plus honorée au monde. Ce nom avait d'abord été donné à une chapelle qui fut érigée sur cette place au XVème siècle pour le service d'un hôpital du même nom qui avait été fondé au XIVème par des confréries ouvrières de Rennes.

La chapelle Sainte-Anne était située à l'emplacement actuel de la voirie, entre l'ancien couvent et l'église. À cette époque d'ailleurs, la basilique Saint-Aubin existait déjà mais pas à son emplacement actuel, plus petite et en face de la Rue Saint-Louis. Entre cette église et la chapelle Sainte-Anne, se trouvait un tout petit passage qui portait le nom macabre de cimetière des pendus.

Il faut savoir qu'au Moyen Âge sur la Place des Lices où se trouve maintenant l'horloge, dont les aiguilles sur une face restent figées, se trouvait la potence où étaient exécutés les condamnés.

À cette époque, les exécutions avaient lieu sur des places publiques en hauteur pour être vues de tout le monde et pour intimider le peuple. Les corps restaient alors exposés quelque temps et lorsque l'on sortait de la ville par la porte Saint-Michel, on avait une vue directe sur la potence. C'est pour cette raison que cette place portait le nom de place du Bout du Monde, l'actuelle Place Saint-Michel. Quand les corps des pendus étaient décrochés pour être enterrés dans le petit espace entre l'église Saint-Aubin et la chapelle Sainte-Anne, on empruntait le passage le plus direct entre le cimetière et la potence, la rue des Innocents puis Rue Saint-Louis. La première rue empruntée pour emmener les corps de ceux que l'on ne croyait pas toujours coupables, avait d'abord pris le nom de rue des Innocents Pendus et ensuite pour faire plus court elle fut appelée Rue des Innocents.

En 1792, la Place Sainte-Anne a changé de nom pour prendre celui de Place des Jeunes Malouins, de même que la Rue du Tronjolly qui elle prenait le nom de rue des Jeunes Nantais, pour rendre un hommage aux jeunes de ces deux villes venu prêté main forte à la Ville de Rennes pendant les émeutes qui eurent lieu en 1789. La place va reprendre ensuite le nom de Sainte-Anne. La chapelle Saint-Anne fut vendue en 1792 et démolie en 1865.

Le couvent des Dominicains puis des Jacobins ainsi qu'une l'église furent fondés par le duc de Bretagne, Jean IV de Montfort (dont on retrouve le nom en centre-ville rue de Montfort). Lors de la bataille d'Auray en 1364, un messager vint annoncer à Jean de Montfort que son ennemi Charles de Bois était mort et il s'adressa à lui en ces termes : "Monseigneur, bonne nouvelle, vous êtes Duc de Bretagne". C'est pourquoi à son retour à Rennes, Jean de Montfort avait décidé, en souvenir de cette annonce, d'édifier une église et un couvent et de leur donner le nom de Bonne Nouvelle.[2].

Sur la carte

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Liens externe

Collection Musée Bretagne

Note et références

  1. Collection Musée de Bretagne
  2. à partir de la notice rédigée par Joël David, chargé d'odonymie à la Ville de Rennes, Rennes Métropole

Projet porté par Joël David Chargé d'odonymie à la Ville de Rennes

Propos recueilli par Elisa Triquet Médiatrice numérique