"Ascenseur social" pour la maison d'Acigné

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Article paru dans le bulletin municipal d'Acigné en février 2011[1], repris avec l'autorisation de son auteur :

Le château du Rocher-Portail dans le Coglais, l’une des quatre demeures de Gilles Ruellan au XVIIe siècle. Une des filles de la maison, épousa le fils de Judith d’Acigné.

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« De tout temps, certains ont essayé de gravir l’échelle sociale. Pour la famille d’Acigné, l’ascension se fit par des mariages prestigieux. Patience couronnée par une apothéose quand, en 1579, Judith, dernière du nom, épousa Charles II de Cossé, gouverneur de Paris, puis duc de Brissac et maréchal de France.

À quelques lieues de là, Gilles Ruellan, un autre fameux parvenu, croisera le destin de la famille d’Acigné. Ce fils de paysans, né à Antrain, accumula une fortune considérable. Tour à tour marchand de toiles “noyales” et collecteur de billot (taxe sur les barriques de cidre, vin, bière, poiré), il fut surtout importateur d’armes pendant les guerres de religion, vendant à tous les partis.

On dit que ce trafic lui rapporta treize fois sa mise. La guerre finie, il prit une charge de fermier général et sa richesse lui permit d’acheter et de rénover quatre châteaux dans le Coglais. En 1603, Henri IV l’anoblit et il devint ainsi sire de Rocher-Portail, puis baron du Tiercent et marquis de La Ballue. Il maria ses six enfants à des nobles de renom. C’est ainsi que sa fille Jeanne épousa Thomas de Guémadeuc. Gouverneur de Fougères, ce gendre était fort irascible. Lors des États de Bretagne en 1616, il se querella avec le baron de Nevet pour une question de préséance.

Il l’assassina, à coups d’épées, aidé par ses sbires, dans une rue de Rennes où il se trouvait seul. À cette époque, le duc de Cossé-Brissac, veuf de Judith d’Acigné, était lieutenant-général du roi en Bretagne. À ce titre, il se devait de réagir à ce meurtre, d’autant que la victime était fils… d’Élisabeth d’Acigné, de la Roche-Jagu (le monde est petit !). Cossé fit donc arrêter Guémadeuc, gendre de Ruellan, et le mena à Paris où le roi refusa sa grâce. Il fut décapité en place de Grève en 1617. Gilles Ruellan en voulut au duc. Cela n’empêcha pas sa dernière fille, Anne-Guyonne Ruellan d’épouser en 1621 François de Cossé-Brissac, fils aîné de Judith d’Acigné. On imagine l’ambiance familiale ! C’était inattendu, mais ils vécurent heureux et eurent neuf enfants.

Quelle histoire ! »

— Alain Racineux, Acigné Autrefois
Origine : L'acignolais • Février 2011licence

Notes et références

  1. L'Acignolais, bulletin municipal d'Acigné, numéro de février 2011 [1](pdf)