Adolphe Touffait

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Article initialement publié dans Jeanne d'Arc, mémoire d'un quartier, écrit par Claude Rouleau.


Adolphe Touffait est le parfait exemple du footballeur d'avant l'ère professionnelle. Bien qu'ayant joué après 1932, il a en effet, comme beaucoup de ses coéquipiers, conjugué sport de haut niveau, d'un côté, et études puis travail de responsabilités, de l'autre.

Né à Rennes en 1907, il fait d'abord partie des Cadets de Bretagne, avant de rejoindre le SRUC en 1925. Chez les « rouge et Noir », il devient vite indispensable : buteur inspiré, il envoie ainsi à trois reprises le ballon au fond des filets havrais lors d'un match de championnat le 27 décembre 1925[1].

Adolphe Touffait retourne un an chez les Cadets de Bretagne, avant d'endosser à nouveau le maillot rouge et noir à l'été 1927. Mais il dispose désormais d'une licence B : pendant toute la saison, il est donc contraint de jouer en équipe amateur. A partir de 1929, il devient le capitaine des srucistes.

En parallèle de cette brillante carrière sportive, à la fois régionale et nationale (1 sélection en équipe de France A en 1932 face à l'Italie, et plusieurs en équipe de France militaire), Adolphe Touffait se lance dans les études de droit qui l'amèneront à connaître une brillante carrière juridique.

Nommé juge délégué à la Cour d'appel de Valenciennes en 1933, il continue malgré tout à jouer dans l'équipe rennaise, mais sous le pseudonyme de Delourme. Son travail, qui lui interdit en effet de jouer sous sa véritable identité, limite de plus en plus ses interventions chez les « rouge et noir ». Au cours de la saison 1935-1936, il ne joue que 8 matches. Adolphe Touffait met un terme à sa carrière footballistique l'année suivante : chez les Rennais, il a manqué 46 buts en prés de 150 matches.

Nommé Procureur général honoraire près la Cour de cassation, puis juge à la Cour de justice des Communautés européennes, il reste toujours très lié au monde du ballon rond (il est membre de Fédération française de Football à partir de 1962, avant d'en devenir le vice président). Il est également toujours fidèle au club rouge et noir, dont il suit les défaites et les victoires à distances, jusqu'à sa mort en 1990.

Une rue de Rennes porte son nom.

Note et références