« Di Costanzo, féroce chef de milice » : différence entre les versions

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Ancien chef de cohorte SOL (Service d'ordre légionnaire, créé à l'été 1941, prémisse de la milice française, créée en janvier 1943) du Rhône puis chef régional des groupes spéciaux de sécurité, avant de venir à Rennes, Di Costanzo avait sévi en mars contre le maquis des Glières en Haute-Savoie, où la villa Martens, à Annecy, était le lieu d’interrogatoires musclés, où lui et son chauffeur torturèrent et battirent à mort des prisonniers des Glières. Le 12 avril un maquisard l'avait blessé, lui tirant une balle emportant l'index de la main gauche et se logeant sous le cœur. <ref>''Histoire de la Milice et des forces de maintien de l'ordre en Haute-Savoie'',p. 324 Michel Germain .Éd. La Fontaine de Siloë  - 1997</ref>  Le préfet de Haute-Savoie Marion écrivit le 27 avril à {{w|Joseph Darnand}} que "Le chef Di Constanzo est plein de bravoure mais il cède trop souvent à son impulsivité naturelle et porte ainsi préjudice à l'ordre, à la légalité, au calme des esprits et à l'autorité que je détiens". <ref> ''Histoire de la Milice'' p. 330. Michel Germain. Éd. La Fontaine de Siloë - 1997</ref>  C'est un tableau de la même huile que brosse le journaliste milicien Pierre-Antoine Cousteau écrivant :"On commence par le redouter parce qu'il paraît dur, cassant, brutal même parfois. Et puis lorsqu'on le voit à l'œuvre on comprend que c'est un seigneur. Ensuite on le suit aveuglément."  <ref>  ''Au bout de la terre. Nos collaborateurs P.A. Cousteau en Bretagne.'' dans ''Je Suis Partout'' - 7. 07. 1944</ref>   
Ancien chef de cohorte SOL (Service d'ordre légionnaire, créé à l'été 1941, prémisse de la milice française, créée en janvier 1943) du Rhône puis chef régional des groupes spéciaux de sécurité, avant de venir à Rennes, Di Costanzo avait sévi en mars contre le maquis des Glières en Haute-Savoie, où la villa Martens, à Annecy, était le lieu d’interrogatoires musclés, où lui et son chauffeur torturèrent et battirent à mort des prisonniers des Glières. Le 12 avril un maquisard l'avait blessé, lui tirant une balle emportant l'index de la main gauche et se logeant sous le cœur. <ref>''Histoire de la Milice et des forces de maintien de l'ordre en Haute-Savoie'',p. 324 Michel Germain .Éd. La Fontaine de Siloë  - 1997</ref>  Le préfet de Haute-Savoie Marion écrivit le 27 avril à {{w|Joseph Darnand}} que "Le chef Di Constanzo est plein de bravoure mais il cède trop souvent à son impulsivité naturelle et porte ainsi préjudice à l'ordre, à la légalité, au calme des esprits et à l'autorité que je détiens". <ref> ''Histoire de la Milice'' p. 330. Michel Germain. Éd. La Fontaine de Siloë - 1997</ref>  C'est un tableau de la même huile que brosse le journaliste milicien Pierre-Antoine Cousteau écrivant :"On commence par le redouter parce qu'il paraît dur, cassant, brutal même parfois. Et puis lorsqu'on le voit à l'œuvre on comprend que c'est un seigneur. Ensuite on le suit aveuglément."  <ref>  ''Au bout de la terre. Nos collaborateurs P.A. Cousteau en Bretagne.'' dans ''Je Suis Partout'' - 7. 07. 1944</ref>   
[[Fichier:Di_costanso_et_r%C3%A9sistants.jpg|left|350px|thumb|Di Costanzo interrogeant des suspects. ''Mémoire de Guerre - La Résistance en Bretagne''. @resistance.bretagne.WW2]]
[[Fichier:Di_costanso_et_r%C3%A9sistants.jpg|left|350px|thumb|Di Costanzo interrogeant des suspects. ''Mémoire de Guerre - La Résistance en Bretagne''. @resistance.bretagne.WW2]]
Tel était décrit, en termes choisis édulcorés, l'homme arrivé à Rennes fin mai.  Et, en application d'une loi n° 185 du 19 avril 1944, le chef de la milice  a été nommé intendant du maintien de l'ordre en Bretagne "ayant autorité sur l'ensemble des forces de police, corps et services qui assurent la sécurité publique et la sûreté intérieure de l'État," <ref> ''Histoire de la milice'' t.2.,  J. Delperrie de Bayac, éd. Arthème Fayard,  p. 61 - 1969 </ref>  hormis le Bezen Perrot sous les ordres directs des Allemands et sous leur uniforme, ce pourquoi Di Costanzo  détestait ces Bretons fourvoyés. Mais Di Costanzo n'était pas qu'un fort en gueule, mais souvent un nerf de bœuf à la main, il était une brute sauvage; parlant des "terroristes"  il disait: " Nous n'en tuerons jamais assez" et lors d'interrogatoires de suspects, il ordonnait volontiers des tortures dans un langage grossier; Ginette Lion, <ref>{{w| Ginette Lion-Clément}}</ref> résistante agent de liaison arrêtée à Rennes début juin, témoigne :" dirigée rapidement dans le bureau du commandant, le lieutenant Di Constanzo, je suis dévêtue, et l'on découvre sur moi les précieux documents que je transportais et que je n'avais pu dissimuler. Je ne pouvais donc à ses yeux qu'être l'agent de liaison d'un réseau de résistance. Commencent alors les interrogatoires, suivis bientôt des premières tortures, qui furent menées en particulier par Di Constanzo lui-même, par Schwaller, l'ancien métallo communiste de Suresnes, et par le sanguinaire Daigre. Le lieutenant Di Constanzo hurlait avec des expressions telles que « me faire pisser le sang », « vomir mes boyaux » et d'autres encore bien plus imagées."  Ginette ne donnera que son nom et sera déportée.  Lors de l'attaque du maquis de Broualan, Fernand Rollin, membre du groupe Action du PPF, avait fait déshabiller l’adjudant Lambert devant les autres résistants prisonniers et l'avait rué de coups de ceinturon puis Di Costanzo et Schwaller s’étaient acharnés à leur tour sur Lambert pendant un quart d’heure. <ref> Mémoire de Guerre - La Résistance en Bretagne
Tel était décrit, en termes choisis édulcorés, l'homme arrivé à Rennes fin mai.  Et, en application d'une loi n° 185 du 19 avril 1944, le chef de la milice  a été nommé intendant du maintien de l'ordre en Bretagne "ayant autorité sur l'ensemble des forces de police, corps et services qui assurent la sécurité publique et la sûreté intérieure de l'État," <ref> ''Histoire de la milice'' t.2.,  J. Delperrie de Bayac, éd. Arthème Fayard,  p. 61 - 1969 </ref>  hormis le Bezen Perrot sous les ordres directs des Allemands et sous leur uniforme, ce pourquoi Di Costanzo  détestait ces Bretons fourvoyés. Mais Di Costanzo n'était pas qu'un fort en gueule, mais souvent un nerf de bœuf à la main, il était une brute sauvage; parlant des "terroristes"  il disait: " Nous n'en tuerons jamais assez" et lors d'interrogatoires de suspects, il ordonnait volontiers des tortures dans un langage grossier; Ginette Lion, <ref>{{w| Ginette Lion-Clément}}</ref> résistante agent de liaison arrêtée à Rennes début juin, témoigne :" dirigée rapidement dans le bureau du commandant, le lieutenant Di Constanzo, je suis dévêtue, et l'on découvre sur moi les précieux documents que je transportais et que je n'avais pu dissimuler. Je ne pouvais donc à ses yeux qu'être l'agent de liaison d'un réseau de résistance. Commencent alors les interrogatoires, suivis bientôt des premières tortures, qui furent menées en particulier par Di Costanzo lui-même, par Schwaller, l'ancien métallo communiste de Suresnes, et par le sanguinaire Daigre. Le lieutenant Di Constanzo hurlait avec des expressions telles que « me faire pisser le sang », « vomir mes boyaux » et d'autres encore bien plus imagées."  Ginette ne donnera que son nom et sera déportée.  Lors de l'attaque du maquis de Broualan, Fernand Rollin, membre du groupe Action du PPF, avait fait déshabiller l’adjudant Lambert devant les autres résistants prisonniers et l'avait rué de coups de ceinturon puis Di Costanzo et Schwaller s’étaient acharnés à leur tour sur Lambert pendant un quart d’heure. <ref> Mémoire de Guerre - La Résistance en Bretagne
@resistance.bretagne.WW </ref>
@resistance.bretagne.WW </ref>
D'ailleurs le journaliste de ''Je Suis Partout'', après avoir vanté l'engagement des  miliciens, est-il bien obligé de reconnaître que "La Milice n'a pas pu en un mois devenir populaire, mais elle s'est imposée et elle a ressuscité la notion d'autorité."
D'ailleurs le journaliste de ''Je Suis Partout'', après avoir vanté l'engagement des  miliciens, est-il bien obligé de reconnaître que "La Milice n'a pas pu en un mois devenir populaire, mais elle s'est imposée et elle a ressuscité la notion d'autorité."
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