Pierre Colvez (1857-1928)

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Pierre Colvez. Pour les Chinois, il était le Père Keng Tchengan
Pierre Colvez. Former et (trans)former. De Windsor à Shanghai est nom d'un ouvrage à paraître en 2028 pour honorer sa mémoire
L'église de Sou-song au coeur de la Chine rurale
Jusqu'à la révolution Xinhai en 1911, il y avait l'obligation de porter une queue, en signe de loyauté envers l'empereur mandchou Qing.
Faire-part de décès et deuil du Père Pierre Colvez
Vue du château de Windsor et de Castle Street depuis la Longue Marche, Long Walk. Windsor, Royaume-Uni
La demeure originale d'Aldin House, qui occupe aujourd'hui le site de la St Bernard's Grammar School.
Windsor et Slough en Angleterre
Vue du château de Windsor depuis le parc
Relève de la garde du château de Windsor

Pierre Colvez né à Saint-Brice-en-Coqlès le 25 novembre 1857, éducateur de jeunesse puis prêtre en 1883, a été missionnaire à Shanghai, à l'embouchure du Fleuve Bleu.

Enfant de troupe, élevé au quartier d'artillerie de Rennes et au lycée, il avait gardé de son enfance quelque peu "soldatesque", l'entrain, l'allant, la joyeuse humeur, l'ardeur au travail, sans parler de savoureuses histoires qui, en Chine, faisaient le régal des rencontres entre missionnaires.

Surnommé le «broussard» du Fleuve Bleu, sa nécrologie souligne un grand dévouement pour soigner les fièvres et les maladies à travers un pays régulièrement inondé. Mais aussi teinté d'un esprit aventurier passant les torrents, les ponts submergés, réquisitionnant les barques etc...

Vu la difficulté des vents, du courant, des brumes, les communications n’étaient pas fréquentes depuis les sept îles qui obstruent l'embouchure du Fleuve Bleu.

Pierre Colvez. Former et (trans)former. De Windsor à Shanghai est nom d'un ouvrage à paraître en 2028 pour honorer sa mémoire.

Une enfance et une éducation à Rennes puis au noviciat de Slough, proche du château de Windsor à l'ouest de Londres

Une très charitable personne de Rennes, Mlle Frin, l'avait distingué à l'église et orienté vers le séminaire, elle fit en partie les frais de son éducation cléricale. Prêtre, il avait été vicaire, durant quatre ans, à Bréal-sous-Monfort, faisant merveille comme catéchiste et prédicateur de retraites de première communion.

Le départ pour la brousse, l'extrême brousse : il avait 37 ans

La Compagnie de Jésus lui avait été révélée par l'historien Cretineau-Joly, et, en octobre 1882, il était parti pour le noviciat de Slough, près de Windsor. Puis, il avait demandé la Mission de Chine, et c'est en Chine, à Zi-ka-wei, que ses deux ans de noviciat révolus, il avait fait ses premiers voeux (13 novembre 1899). Désormais, pour les Chinois, il était le Père Keng Tchengan, ce qui, parait-il, signifie "ami de la paix", en abrégé, le P. Keng.

Avec sa fougue de caractère, on aurait pu croire qu'il aurait eu hâte d'entrer en lice tout de suite, aussitôt armé d'un peu de chinois. Au grand étonnement de ses amis, et, pour des raisons restées mystérieuses, il demanda et obtient de refaire sa théologie au grand complet. Enfin, en 1894, il parfait pour la brousse, l'extrême brousse, il avait 37 ans.

L'expérience de Sou-song

La section où le P. Colvez était envoyé, sous-préfecture de Sou-song, un des six arrondissements de la préfecture de Ngan-kin était tout à l’extrémité ouest de Ngan-hoei, dans l'angle formé par le fleuve et la frontière du Hou-pé. Elle mesurait approximativement cent kilomètres du nord au sud, et de 50 à 60 de l'est à l'ouest.

Les années s'écoulaient. L'Empire laissait place à la République. Personne ne croyait que la tranquillité de Sou-song en soit beaucoup troublée. C'était le temps où les queues tombaient. Grosse affaire ! Un homme sans queue était comme un homme sans tête, et il arriva que, le mari revenant du marché, la nappe coupée, sa femme en eut un saisissement, avala de l'opium et se pendit. Le P. Keng (Père Pierre Colvez) qui avait subi la queue dix-sept ans durant, s'en débarrassa prestement, et aussi de la mître carée, le tsi-kin, qu'il était d'usage de porter à l'autel. On put avoir des souliers de cuir, des lunettes à verres fumés; arborer le casque colonial, et les chinois étaient les premiers à se mettre à l'européenne.

Kiu-Yong

Le P. Colvez avait 65 ans lorsque, après un stage de vingt-huit ans dans la même chrétienté, il dut l'échanger pour une autre. Il fut envoyé à Kiu-yong, à 50 kilomètres environ au sud-est de Nankin. Humainement, il perdait au change. Sou-song était organisé. Il avait tout sous la main. Ses bœufs battaient sa récolte, ses mulets tournaient la roue de son pressoir à huile de colza, ses fortes chèvres lui assuraient le régime lacté dont il avait besoin, son jardin lui fournissait ses légumes. Église, école, catéchuménat, kong-souo, tout était en bon état. Il s'était montré administrateur avisé. A Kiu-yong, bien des choses manquaient, et ce qui existait était mal commode. Peu de ressources aux environs. Le pays était isolé ; il n'avait pas 10 habitants au kilomètre carré, et, sur 10, 2 seulement étaient indigènes. Mauvaises routes. Les missionnaires les plus voisins étaient à 90 lis de distance. Impossible de trouver du personnel sur place. Mais il n'était pas venu pour gémir. Tout de suite, il parla d'organiser le temporel, de bâtir, de fonder.

Wang-souo

Wang-souo est une des sept îles qui obstruent l'embouchure du Fleuve Bleu, entre la grande île de Tsong-ming et le continent. Terre d'alluvions, continuellement rongées et remuées par le flot. La passe est sans cesse remplie de bateaux du monde entier, gagnant Shanghai ou remontant le Yang-tse. Un chenal d'une trentaine de kilomètres sépare de la terre ferme. Vu la difficulté des vents, du courant, des brumes, les communications n'étaient pas fréquentes, et les chrétiens n'étaient visités que quatre à cinq fois par an. Le P. Colvez devait être le premier curé résidant.

Pays pauvre encore, moins cependant que Sou-song. Les habitants parurent au Père convenablement vêtus et mangeant à leur faim.

Nécrologie : 31 ans de vie religieuse dont 30 passés en Chine.

C'était le matin du 10 août. Le P. Colvez était âgé de 71 ans. Il avait 31 ans de vie religieuse et en avait passé 30 en Chine.

Un service funèbre fut célébré à Wang-souo, par les soins du P. Pascal d'Elia, et il y eut 240 communions. A Kiu-yong, toujours aux mains des révolutionnaires, le désir des chrétiens ne put être mis à exécution.

Quant à Sou-song, il fallut attendre. Le missionnaire espagnol qui avait succédé au P. Colvez, le P. Olmo, était venu en ce temps-là à Shanghai, où il préparait les envois pour l'Exposition des Missions à Barcelone. Mais le 24 décembre, le service fut célébré aussi solennel que possible. Le P.Olmo avait attendu pour avoir l'assistance la plus complète. Toutes les familles converties par le défunt, furent convoquées; il vint du monde de tous les pays, plus de 600 convertis, et il y eut 200 communions. Certains, qui se tenaient éloignés des sacrements, revinrent à la résipiscence. Les chrétiens voulurent bien faire les choses, à leur manière bien entendu; on tira 35 000 pétards et une stèle commémorative fut placée dans l'église.

Héritage de sa formation intellectuelle au noviciat de Slough, proche du château de Windsor en Angleterre

L'histoire du noviciat de Slough, situé en Angleterre (près de Windsor), est intimement liée à l'exil des communautés religieuses françaises à la fin du XIXe siècle. Elle s'articule principalement autour de deux ordres catholiques successifs.

Le noviciat des Jésuites français en exil (1884–1890)

Face à la montée de l'anticléricalisme en France et aux décrets de 1880 visant à dissoudre les congrégations religieuses non autorisées (notamment la Compagnie de Jésus), de nombreux religieux choisissent de s'installer à l'étranger.

  • L'installation à Aldin House : En 1884, un groupe de Jésuites français rachète une grande propriété à Slough appelée Aldin House. Cette demeure avait initialement été construite dans les années 1860 pour une dame d'honneur de la reine Victoria, puis convertie en école préparatoire pour le prestigieux collège d'Eton.
  • La vie du noviciat : Les Jésuites y établissent leur noviciat (la maison de formation des futurs jésuites de la province de France). Des figures notables de l'Église y ont commencé leur parcours religieux. C'est le cas du célèbre théologien français Léonce de Grandmaison, qui y est entré en 1886 à l'âge de 18 ans, ou du missionnaire breton Pierre Colvez, qui y a entamé sa formation en octobre 1882 avant de partir pour la Chine.
  • Le départ : La communauté des Jésuites quitte finalement les lieux en 1890, laissant la maison vide pendant quelques années.

L'arrivée des Sœurs Cisterciennes Bernardines (1897)

En 1897, l'histoire religieuse du site prend un nouveau tournant avec l'arrivée d'une autre communauté française fuyant elle aussi les persécutions.

  • Une école pour filles : Les Sœurs Cisterciennes Bernardines d’Esquermes s'installent à Aldin House afin d'y trouver un refuge et d'y fonder un établissement d'enseignement. Elles remettent en état la maison abandonnée et y accueillent dès octobre 1897 les premières élèves françaises et anglaises, sous la direction de Dame Lucie Destailleurs.
  • Développement local : Les Bernardines s'intègrent fortement à la communauté de Slough. Grâce à la fortune de la famille de Dame Lucie, elles financent en grande partie la construction de l'église catholique locale, Our Lady Immaculate & St. Ethelbert, inaugurée en 1910.
  • Évolution moderne : L'école s'est développée au fil du XXe siècle pour devenir la St Bernard's Catholic Grammar School. Les sœurs bernardines sont restées les gardiennes de cette institution jusqu'en 2006, date à laquelle les dernières religieuses ont quitté le site, confiant définitivement la gestion au diocèse de Northampton.

L'histoire d'Aldin House, une bâtisse historique située sur Langley Road à Slough (Berkshire) où étudia Pierre Colvez

L'histoire d'Aldin House, une bâtisse historique située sur Langley Road à Slough (Berkshire), est intimement liée à l'évolution de l'éducation religieuse et privée de la région, étant aujourd'hui le site de la St Bernard's Catholic Grammar School.

Origines et construction (Années 1860)

La demeure a été construite dans les années 1860. Selon la plupart des sources, elle a été bâtie pour servir de résidence à la Baronne Burdett-Coutts, une riche héritière et dame d'honneur de la reine Victoria. Cependant, la baronne n'y a jamais habité.

L'école préparatoire St Michael (1869 - 1883)

N'ayant jamais servi de résidence privée, la maison trouve immédiatement sa vocation dans l'enseignement :

  • 1869 : La propriété est vendue au révérend anglican John William Hawtrey (ancien maître adjoint au collège d'Eton).Il y fonde la St. Michael's School, une école préparatoire très réputée qui accueille jusqu'à 300 garçons destinés à intégrer le prestigieux collège d'Eton. Parmi ses élèves notables figure le futur Premier ministre conservateur britannique, Stanley Baldwin.

C'est à cette époque que la chapelle de l'école, conçue par le célèbre architecte victorien Alfred Waterhouse, est ajoutée sur le flanc ouest du bâtiment.En 1883, l'école déménage à Westgate.

Le passage des Jésuites français (1884 - 1890)

Après un très court passage d'une organisation caritative galloise, Aldin House est rachetée en 1884 par une communauté de Jésuites français fuyant les persécutions et les lois anticléricales en France. Ils y établissent un collège et y restent pendant environ huit ans avant de quitter les lieux. La maison reste ensuite totalement abandonnée et à l'état de ruine pendant plusieurs années.

L'arrivée des Bernardines et la fondation de St Bernard's (1897 à aujourd'hui)

  • 1897 : Un groupe de sœurs de l'Ordre des Cisterciennes Bernardines, également exilées de France, cherche un refuge pour établir une communauté et une école. La prieure, Dame Ernestine, inspecte la bâtisse en juin et décide de s'y installer.

Après de lourds travaux pour rendre la maison habitable (installation du chauffage, de l'éclairage et des sanitaires), les sœurs ouvrent un pensionnat et une école de perfectionnement en octobre 1897 avec les premières jeunes filles françaises et anglaises.Début du XXe siècle : L'établissement commence à s'ouvrir aux enfants de la région de Slough (dès 1904/1906, une classe est aménagée dans la tour du couvent).

L'école prend définitivement le nom de St. Bernard's.Les religieuses bernardines gèrent l'établissement pendant plus d'un siècle. En juillet 2006, les dernières sœurs quittent les lieux et transfèrent la gestion et la tutelle de la St Bernard's Catholic Grammar School au diocèse catholique romain de Northampton.

Aujourd'hui, l'ancienne Aldin House est toujours le cœur de cette école secondaire sélective très réputée.

Relations familiale et fratrie de Pierre Colvez

Pierre Colvez est le frère de Victor Colvez (1864-1932), précurseur des échanges avec l'Afrique du sud et la « Terre de Rupert », eldorado des fourrures en Amérique du nord.

Pierre Colvez est le petit-fils de Pierre François Touchard (12 décembre 1786 – 5 septembre 1834) et de