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===La libération=== | ===La libération=== | ||
Pendant la période précédant la [[libération de Rennes]] les raids aériens furent presque quotidiens, menés par des chasseurs contre le triage ferroviaire. Des éclats d’obus antiaériens pleuvaient fréquemment sur l’hôpital. Il y eut encore sept raids menés par 50 bombardiers ou plus sur la ville tuant environ 30 civils et le [[bombardement du 17 juillet 1944]] atteignit l’hôpital psychiatrique. Les Allemands retiraient de l'hôpital les prisonniers les moins gravement blessés pour les détenir aux Front Stalag 133 ou 221 de [[Saint-Jacques-de-la-Lande]] en vue d'un transfèrement vers l'Allemagne. | Pendant la période précédant la [[libération de Rennes]] les raids aériens furent presque quotidiens, menés par des chasseurs contre le triage ferroviaire. Des éclats d’obus antiaériens pleuvaient fréquemment sur l’hôpital. Il y eut encore sept raids menés par 50 bombardiers ou plus sur la ville tuant environ 30 civils et le [[bombardement du 17 juillet 1944]] atteignit l’hôpital psychiatrique. Les Allemands retiraient de l'hôpital les prisonniers les moins gravement blessés pour les détenir aux Front Stalag 133 ou 221 de [[Saint-Jacques-de-la-Lande]] en vue d'un transfèrement vers l'Allemagne, tels le 1re classe Rebaric Nicholas, blessé au dos par balle le 1er août, le sergent technicien Hbrasan Raymond, blessé au dos et à la jambe gauche, le caporal Smith jr., Gordon W., blessé par balle à la poitrine. | ||
Des obus tombèrent près de l’hôpital des prisonniers sans blesser personne. Les patients prisonniers et les infirmières durent faire avec la peur qu’une bombe tombât sur l’hôpital puisqu’il était juste de l’autre côté de l’étroite [[rue Jean Macé]] où les avions visaient le Q.G. de la Gestapo. Parfois du plâtre tombait du plafond et les verres des fenêtres éclataient dans la salle et dans la cour. Les blessés qui le pouvaient allaient s’abriter sous les lits. Cela motiva des prisonniers alliés valides à fuir l’hôpital quelques jours avant l’arrivée de la 4e division blindée et de la 8e division d’infanterie pour libérer Rennes. Quelques braves civils rennais cachèrent des prisonniers dans leurs caves jusqu’à l’arrivée des forces du général Patton. Début août, les Allemands évacuèrent quelque 120 prisonniers pour les embarquer dans le train qu'on appela "train de Langeais", direction l'Allemagne. | Des obus tombèrent près de l’hôpital des prisonniers sans blesser personne. Les patients prisonniers et les infirmières durent faire avec la peur qu’une bombe tombât sur l’hôpital puisqu’il était juste de l’autre côté de l’étroite [[rue Jean Macé]] où les avions visaient le Q.G. de la Gestapo. Parfois du plâtre tombait du plafond et les verres des fenêtres éclataient dans la salle et dans la cour. Les blessés qui le pouvaient allaient s’abriter sous les lits. Cela motiva des prisonniers alliés valides à fuir l’hôpital quelques jours avant l’arrivée de la 4e division blindée et de la 8e division d’infanterie pour libérer Rennes. Quelques braves civils rennais cachèrent des prisonniers dans leurs caves jusqu’à l’arrivée des forces du général Patton. Début août, les Allemands évacuèrent quelque 120 prisonniers pour les embarquer dans le train qu'on appela "train de Langeais", direction l'Allemagne. | ||
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Le 3 août, le groupe de combat A avait fait mouvement au large de Rennes vers le sud-est, entourant presque la ville. Le Ier bataillon du 13e d’infanterie prit position au nord de Rennes le soir du 3. À l’arrivée du reste du 13e régiment d’infanterie de la 8e division d’infanterie ils commencèrent à bombarder la ville, ignorant l’existence de l’hôpital des prisonniers de guerre mais, heureusement, il n’y eut que peu de dégâts. Un médecin français, très probablement le Dr Colas-Pelletier <ref>[[ Grâce au Dr Colas-Pelletier les bombardiers américains ne frappèrent pas Rennes les 2 et 3 août 1944]]</ref> , s’infiltra dans les lignes pour signaler aux Américains l’hôpital de prisonniers et le 8e division cessa d’envoyer des obus dans ce secteur. Des membres de la résistance et même des prisonniers parcoururent le Q.G. constatant le départ précipité de la Gestapo le 2 août et y prirent de la nourriture pour nourrir les prisonniers sous-alimentés. | Le 3 août, le groupe de combat A avait fait mouvement au large de Rennes vers le sud-est, entourant presque la ville. Le Ier bataillon du 13e d’infanterie prit position au nord de Rennes le soir du 3. À l’arrivée du reste du 13e régiment d’infanterie de la 8e division d’infanterie ils commencèrent à bombarder la ville, ignorant l’existence de l’hôpital des prisonniers de guerre mais, heureusement, il n’y eut que peu de dégâts. Un médecin français, très probablement le Dr Colas-Pelletier <ref>[[ Grâce au Dr Colas-Pelletier les bombardiers américains ne frappèrent pas Rennes les 2 et 3 août 1944]]</ref> , s’infiltra dans les lignes pour signaler aux Américains l’hôpital de prisonniers et le 8e division cessa d’envoyer des obus dans ce secteur. Des membres de la résistance et même des prisonniers parcoururent le Q.G. constatant le départ précipité de la Gestapo le 2 août et y prirent de la nourriture pour nourrir les prisonniers sous-alimentés. | ||
Les Allemands quittèrent la ville aux premières heures du 4 août, s’esquivant en direction de Saint-Nazaire. Les seuls à être restés en arrière étaient une poignée d’hommes saouls. Ils furent facilement encerclés par l’infanterie du 13e régiment d'infanterie parvenus à l'hôpital vers 10 h 45, mais il fallut les protéger des Français. La population restée en ville surgit dans les rues pour accueillir les Américains qui dépêchèrent des unités médicales à l’hôpital. Des soldats donnèrent aussitôt tout ce qu’ils purent, y compris de leur propre paquetage, à ceux dont les uniformes partaient en morceaux. | Les Allemands quittèrent la ville aux premières heures du 4 août, s’esquivant en direction de Saint-Nazaire. Les seuls à être restés en arrière étaient une poignée d’hommes saouls. Ils furent facilement encerclés par l’infanterie du 13e régiment d'infanterie parvenus à l'hôpital vers 10 h 45, mais il fallut les protéger des Français. La population restée en ville surgit dans les rues pour accueillir les Américains qui dépêchèrent des unités médicales à l’hôpital. Des soldats donnèrent aussitôt tout ce qu’ils purent, y compris de leur propre paquetage, à ceux dont les uniformes partaient en morceaux. Le 2e classe américain Legendre Emile, blessé par balle à la cuisse et au dos, décède. | ||
Le 35e hôpital d’évacuation (''35th Evacuation Hospital'') fut déplacé de Carentan à Rennes le 4 août, et après une nuit complète de voyage en camion, s’installa et fut opérationnel le 5, à 11 h 30, traitant 600 prisonniers de guerre libérés, la plupart en mauvaise condition physique. Beaucoup étaient hospitalisés depuis la campagne d’Afrique, certains depuis le raid sur Dieppe. Leur état nécessitait énormément de soins. Il y avait un fort pourcentage de cas orthopédiques et on trouva les plâtres infestés de vermine, ce qui donna un énorme travail au département de l’hôpital. En dépit du fait que le principal flot de la 8e division d’infanterie s’écoulait en passant devant la porte principale de l’hôpital 35, les citoyens rennais se sentaient en sécurité et faisaient la fête dans les rues voisines. | Le 35e hôpital d’évacuation (''35th Evacuation Hospital'') fut déplacé de Carentan à Rennes le 4 août, et après une nuit complète de voyage en camion, s’installa et fut opérationnel le 5, à 11 h 30, traitant 600 prisonniers de guerre libérés, la plupart en mauvaise condition physique. Beaucoup étaient hospitalisés depuis la campagne d’Afrique, certains depuis le raid sur Dieppe. Leur état nécessitait énormément de soins. Il y avait un fort pourcentage de cas orthopédiques et on trouva les plâtres infestés de vermine, ce qui donna un énorme travail au département de l’hôpital. En dépit du fait que le principal flot de la 8e division d’infanterie s’écoulait en passant devant la porte principale de l’hôpital 35, les citoyens rennais se sentaient en sécurité et faisaient la fête dans les rues voisines. | ||
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