« Lors du débarquement, émoi à Rennes » : différence entre les versions

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[[Fichier:Fiche_d%27%C3%A9vacuation087_cr.jpg|300px|right|thumb|Après le bombardement du 9 juin 1944 : fiche d'évacuation d'une famille de 5 personnes vers Liffré, en date du 9 juin 1944]]
[[Fichier:Fiche_d%27%C3%A9vacuation087_cr.jpg|300px|right|thumb|Après le bombardement du 9 juin 1944 : fiche d'évacuation d'une famille de 5 personnes vers Liffré, en date du 9 juin 1944]]
 
[[Fichier:Gros_arrivage_de_poisson.png|200px|left|thumb|Arrivage en coïncidence...]]
===Témoignages===
===Témoignages===


L'''Ouest-Eclair'' du 6 juin, édition de Rennes, comportait un étrange article qui inquiéta le censeur allemand qui craignait d'avoir laissé passer un message codé annonçant le débarquement: ''Aujourd'hui, arrivage de poisson''.
L'''Ouest-Eclair'' du 6 juin, édition de Rennes, comportait un étrange article qui inquiéta le censeur allemand qui craignait d'avoir laissé passer un message codé annonçant le débarquement: ''Aujourd'hui, arrivage de poisson''.
[[Fichier:Gros_arrivage_de_poisson.png|200px|left|thumb|Arrivage en coïncidence...]]
 
'''Amusante coïncidence'''
'''Amusante coïncidence'''


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'''9h30''' - Le bruit circule que la ville est fermée par les chevaux de frise et que les Allemands exécutent le plan de sécurité, occupant de petits postes, un peu partout, dissimulés dans la campagne autour de la ville. Quoi qu’il en soit, des gens quittent Rennes, par la [[rue de Fougères]], à vélo, avec des voitures de bébé, emportant de maigres bagages. C’est avec moins de nombre et de gravité l’exode de Belgique de juin et mai 1940. Beaucoup de gens reviennent sur leurs pas. Est-ce que leur désir de fuir a été contrarié par les Allemands aux « portes » de fil de fer barbelé de la ville ? Est-ce que leur conviction de trouver ailleurs plus de sécurité qu’en ville s’est émoussée en déambulant sous un ciel gris, menaçant, au milieu des alertes données de deux heures en deux heures et scandées par la DCA ? Le bruit circule que les Allemands laissent passer les femmes et les enfants mais ne laissent pas partir les hommes.
'''9h30''' - Le bruit circule que la ville est fermée par les chevaux de frise et que les Allemands exécutent le plan de sécurité, occupant de petits postes, un peu partout, dissimulés dans la campagne autour de la ville. Quoi qu’il en soit, des gens quittent Rennes, par la [[rue de Fougères]], à vélo, avec des voitures de bébé, emportant de maigres bagages. C’est avec moins de nombre et de gravité l’exode de Belgique de juin et mai 1940. Beaucoup de gens reviennent sur leurs pas. Est-ce que leur désir de fuir a été contrarié par les Allemands aux « portes » de fil de fer barbelé de la ville ? Est-ce que leur conviction de trouver ailleurs plus de sécurité qu’en ville s’est émoussée en déambulant sous un ciel gris, menaçant, au milieu des alertes données de deux heures en deux heures et scandées par la DCA ? Le bruit circule que les Allemands laissent passer les femmes et les enfants mais ne laissent pas partir les hommes.
[[Fichier:Avis_aux_transporteurs.png|left|200px|thumb|On a besoin des transports (''Ouest-Eclair'' 8 juin 1944)]]
[[Fichier:Les_fonctionnaires_en_juin_1944.png|200px|left|thumb|Fonctionnaires partis et révoqués (''Ouest-Eclair'' du 16 juin 1944)]]
[[Fichier:Les_fonctionnaires_en_juin_1944.png|200px|left|thumb|Fonctionnaires partis et révoqués (''Ouest-Eclair'' du 16 juin 1944)]]
[[Fichier:Avis_aux_transporteurs.png|left|200px|thumb|On a besoin des transports (''Ouest-Eclair'' 8 juin 1944)]]
 
Rennes est devenue une souricière. Tout en regardant le triste spectacle de la rue, où les autos allemandes vont et viennent à grand train, où les gens quittent un abri pour rentrer dans un autre y colportant des bobards, où passent et repassent des familles entières, valises aux mains, je m’habille […] et j’écoute les bruits du dehors que ma femme m’apporte de temps à autre. J’apprends ainsi que les avions ont jeté vers 7 heures un tract demandant l’évacuation de la ville, trop tard pour nous. Un second tract a été jeté sur les régions côtières annonçant que sur 35 kilomètres en profondeur il y a danger de bombardement. Je lis le premier tract relevé à Saint-Laurent.
Rennes est devenue une souricière. Tout en regardant le triste spectacle de la rue, où les autos allemandes vont et viennent à grand train, où les gens quittent un abri pour rentrer dans un autre y colportant des bobards, où passent et repassent des familles entières, valises aux mains, je m’habille […] et j’écoute les bruits du dehors que ma femme m’apporte de temps à autre. J’apprends ainsi que les avions ont jeté vers 7 heures un tract demandant l’évacuation de la ville, trop tard pour nous. Un second tract a été jeté sur les régions côtières annonçant que sur 35 kilomètres en profondeur il y a danger de bombardement. Je lis le premier tract relevé à Saint-Laurent.


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