« La Rennaise, « Juste parmi les nations » » : différence entre les versions

De WikiRennes
Aller à la navigationAller à la recherche
aucun résumé des modifications
Aucun résumé des modifications
Aucun résumé des modifications
Ligne 9 : Ligne 9 :
[[Fichier:Photo_M-L_Charpentier.png|200px|right|thumb|Marie-Louise Charpentier]]
[[Fichier:Photo_M-L_Charpentier.png|200px|right|thumb|Marie-Louise Charpentier]]
La Rennaise  {{w| Marie-Louise Charpentier}}, « Lily », effectue des études d'infirmière et, diplômée, devient assistante sociale.
La Rennaise  {{w| Marie-Louise Charpentier}}, « Lily », effectue des études d'infirmière et, diplômée, devient assistante sociale.
Pendant la guerre, elle est assistante sociale au bureau d'assistance aux familles des prisonniers de guerre. En 1943, elle reçoit  une dame âgée, Mme Engelstein, en larmes, qui lui narre son histoire : originaire de Pologne, installée à Metz au début du  siècle,  son fils Joseph, mobilisé, est prisonnier de guerre ; elle et son époux Fishel ont fui Metz lors de l'annexion par les Allemands en 1940 et se  sont réfugiés à Rennes, rejoints par leur belle-fille et ses deux jeunes enfants ; mais la Gestapo  a surgi dans leur maison, tout saccagé et emmené son mari et sa belle-fille, tout en menaçant de revenir chercher la grand-mère et ses petits-enfants.
Pendant la guerre, elle est assistante sociale au bureau d'assistance aux familles des prisonniers de guerre. En 1943, elle reçoit  une dame âgée, Mme Engelstein, en larmes, qui lui narre son histoire : originaire de Pologne, installée à Metz au début du  siècle,  son fils Joseph, mobilisé, est prisonnier de guerre ; elle et son époux Fishel ont fui Metz lors de l'annexion par les Allemands en 1940 et se  sont réfugiés à Rennes, rejoints par leur belle-fille et ses deux jeunes enfants ; mais la Gestapo  a surgi dans leur maison, tout saccagé et emmené son mari et sa belle-fille, tout en menaçant de revenir chercher la grand-mère et ses petits-enfants. Des voisins prévinrent l'assistante sociale. La dame ne parlant couramment que l’allemand et le polonais, Mlle Charpentier alerta Monseigneur Roques. Parlant l'allemand, il eut un entretien avec Mme Engelstein qui lui révéla l’existence d’une parente, habitant l’Aveyron, qui pourrait les héberger.


Marie-Louise Charpentier part aussitôt avec la grand-mère  chercher les jeunes enfants : Catherine, trois ans, et Raymond, deux ans. Elle bénéficie du soutien et de l'aide de archevêque, Clément Roques qui parle allemand. Ayant des contacts avec la résistance, elle les emmène chez un ami à la campagne, à une quinzaine de kilomètres de Rennes,  où ils restent un mois environ. Il avait accepté de les loger provisoirement,  à condition que Marie-Louise s'occupât de tout.  Son frère apporte  la nourriture, aidé par deux amis.  Le SD avait reçu une note du délégué régional du CGQJ  <ref>[[Les Juifs de Rennes sous l'occupation]]</ref>  signalant la fuite de Engelstein, née Bandler Malca, le 14.5.1882, 7 rue Saint-Louis à Rennes, et des petits enfants, indiquant que le docteur Daussy, médecin de l’hôpital psychiatrique et Mlle Charpentier, adjointe sociale-chef du service de l’armée, 17 rue des Dames, étaient certainement au courant de l’endroit où ces Juifs se sont réfugiés. <ref> Claude Toczé, ''Les juifs en Bretagne'': ve – xxe siècles, Presses universitaires de Rennes - 2006, p. 118.</ref> <ref> ''Rennes pendant la guerre. Chroniques de 1939 à 1945'', Étienne Maignen  p. 109-11, Editions Ouest-France </ref>
Marie-Louise Charpentier part aussitôt avec la grand-mère  chercher les jeunes enfants : Catherine, trois ans, et Raymond, deux ans. Elle bénéficie du soutien et de l'aide de archevêque, Clément Roques qui parle allemand. Ayant des contacts avec la résistance, elle les emmène chez un ami à la campagne, à une quinzaine de kilomètres de Rennes,  où ils restent un mois environ. Il avait accepté de les loger provisoirement,  à condition que Marie-Louise s'occupât de tout.  Son frère apporte  la nourriture, aidé par deux amis.  Le SD avait reçu une note du délégué régional du CGQJ  <ref>[[Les Juifs de Rennes sous l'occupation]]</ref>  signalant la fuite de Engelstein, née Bandler Malca, le 14.5.1882, 7 rue Saint-Louis à Rennes, et des petits enfants, indiquant que le docteur Daussy, médecin de l’hôpital psychiatrique et Mlle Charpentier, adjointe sociale-chef du service de l’armée, 17 rue des Dames, étaient certainement au courant de l’endroit où ces Juifs se sont réfugiés. <ref> Claude Toczé, ''Les juifs en Bretagne'': ve – xxe siècles, Presses universitaires de Rennes - 2006, p. 118.</ref> <ref> ''Rennes pendant la guerre. Chroniques de 1939 à 1945'', Étienne Maignen  p. 109-11, Editions Ouest-France </ref>


En  solution plus durable et plus sûre, elle  envoie la dame âgée se faisant passer pour sourde  et ses petits-enfants chez des amis résistants à Paris, en novembre 1943, accompagnés de deux jeunes désirant rejoindre les forces du général de Gaulle. « Les cinq lapins sont bien arrivés » dit un télégramme . La grand-mère et les deux enfants sont ensuite emmenés dans le sud de la France, par un réseau clandestin, pour rejoindre des parents. Le grand-père, Fishel Engelstein,  mourut dans le train vers Auschwitz2. La grand-mère et les enfants survécurent.
En  solution plus durable et plus sûre, elle  envoie la dame âgée se faisant passer pour sourde  et ses petits-enfants chez des amis résistants à Paris, en novembre 1943, accompagnés de deux jeunes désirant rejoindre les forces du général de Gaulle. « Les cinq lapins sont bien arrivés » dit un télégramme . La grand-mère et les deux enfants sont ensuite emmenés, par un réseau clandestin, pour rejoindre des parents dans l'Aveyron. Le grand-père, Fishel Engelstein,  mourut dans le train vers Auschwitz2. La grand-mère et les enfants survécurent.
Après la guerre, la mère des enfants, rescapée de Bergen-Belsen, retrouva son mari et ses enfants, et vint remercier leur bienfaitrice  mais elle décéda cinq ans après, épuisée physiquement et moralement. <ref> Ouest-France, 27 janv. 2015</ref>
Après la guerre, la mère des enfants, rescapée de Bergen-Belsen, retrouva son mari et ses enfants, et vint remercier leur bienfaitrice  mais elle décéda cinq ans après, épuisée physiquement et moralement. <ref> Ouest-France, 27 janv. 2015</ref>


26 960

modifications

Menu de navigation