« Marie-Renée Quéréel - Blanchet » : différence entre les versions

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[[Fichier:M6R_Qu%C3%A9r%C3%A9el.png|250px|right|thumb|Mme Blanchet, Marie-Renée Quéréel en mars 2018]]
[[Fichier:M6R_Qu%C3%A9r%C3%A9el.png|250px|right|thumb|Mme Blanchet, Marie-Renée Quéréel en mars 2018]]


En avril 1944, Marie-Renée, 19 ans, est  arrêtée par la Gestapo sur la place de la gare, à Saint-Brieuc,  à la rencontre de son chef,au retour d’une mission de repérage aux abords de l’aérodrome allemand de Gaël, en pays de Brocéliande. Elle est interrogée et incarcérée à la [[prison Jacques-Cartier]], à Rennes, où elle restera détenue près de quatre mois.
En avril 1944, Marie-Renée, 19 ans, est  arrêtée par la Gestapo sur la place de la gare, à Saint-Brieuc,  à la rencontre de son chef, au retour d’une mission de repérage à bicyclette aux abords de l’aérodrome de Gaël Point-Clos, <ref> Au camp de Point-Clos, des vestiges de l'histoire  en pays de Brocéliande. Ouest-France, 1er août 2017<ref> <ref Elle est interrogée et incarcérée à la [[prison Jacques-Cartier]], à Rennes, où elle restera détenue près de quatre mois.


À l’aube du 2 août 1944, alors que les Américains étaient à Maison-Blanche, aux portes de Rennes, <ref>[[ Le combat du 1er août 1944 à Maison Blanche]]</ref> la jeune résistante briochine est embarquée en troupeau à la Courrouze dans un wagon à bestiaux. Elle a quitté la prison "la rage au coœur, en se posant la question : que font les alliés ?" Le lendemain, un second convoi de déportés quittera Rennes, à la Prévalaye. Les deux trains en ont formé un seul au Lion-d'Angers (Maine-et-Loire) à destination de: l’Allemagne et les camps. À bord, près de 1 500 personnes, résistants-déportés, soldats alliés et allemands prisonniers qui espérèrent en vain une action de la résistance. <ref>''1er - 4 août 1944 : L'étrange libération de Rennes'' p. 194-196, Étienne Maignen  éd. Yellow Concept - 2017</ref>
À l’aube du 2 août 1944, alors que les Américains étaient à Maison-Blanche, aux portes de Rennes, <ref>[[ Le combat du 1er août 1944 à Maison Blanche]]</ref> la jeune résistante briochine est embarquée en troupeau à la Courrouze dans un wagon à bestiaux. Elle a quitté la prison "la rage au coœur, en se posant la question : que font les alliés ?" Le lendemain, un second convoi de déportés quittera Rennes, à la Prévalaye. Les deux trains en ont formé un seul au Lion-d'Angers (Maine-et-Loire) à destination de: l’Allemagne et les camps. À bord, près de 1 500 personnes, résistants-déportés, soldats alliés et allemands prisonniers qui espérèrent en vain une action de la résistance. <ref>''1er - 4 août 1944 : L'étrange libération de Rennes'' p. 194-196, Étienne Maignen  éd. Yellow Concept - 2017</ref>
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« Mauvaise tête, on m’avait mise  dans la cabine du chauffeur du premier camion, à côté d’un soldat allemand. Le chauffeur français me fait du pied, à moi, sale, amaigrie, échevelée, robe frippée mais il me souffle: «Quand je vais freiner, saute comme moi. » Un peu plus tard, le chauffeur a  freiné, bloquant  le convoi et a dit « À toi de jouer ! » Les femmes ont alors été descendues des camions, dans une rue, à Saint-Pierre-des-Corps. » Avec une camarade. nous avons couru, couru mécaniquement, craignant des tirs. Nous entendions les Allemands crier. Nous avons sollicité un presbytère pour être cachées, en vain.  Les volets  du bourg sont fermés.  Nous avons fini par être recueillis par des jeunes gens résistants qui  ont entrouvert une porte, nous ont cachées dans une cave puis nous ont aidées à franchir la Loire où nous avons trouvé refuge chez des vignerons résistants. » Le « train de Langeais » a quand même atteint Belfort le 15 août 1944. Un tiers des passagers n’est jamais revenu d’Allemagne.<ref>[[Le dernier train de résistants déportés et militaires prisonniers quitte Rennes juste avant la libération]]</ref> <ref> le [https://fr.wikipedia.org/wiki/Train_de_Langeais Train de Langeais] sur Wikipédia </ref>
« Mauvaise tête, on m’avait mise  dans la cabine du chauffeur du premier camion, à côté d’un soldat allemand. Le chauffeur français me fait du pied, à moi, sale, amaigrie, échevelée, robe frippée mais il me souffle: «Quand je vais freiner, saute comme moi. » Un peu plus tard, le chauffeur a  freiné, bloquant  le convoi et a dit « À toi de jouer ! » Les femmes ont alors été descendues des camions, dans une rue, à Saint-Pierre-des-Corps. » Avec une camarade. nous avons couru, couru mécaniquement, craignant des tirs. Nous entendions les Allemands crier. Nous avons sollicité un presbytère pour être cachées, en vain.  Les volets  du bourg sont fermés.  Nous avons fini par être recueillis par des jeunes gens résistants qui  ont entrouvert une porte, nous ont cachées dans une cave puis nous ont aidées à franchir la Loire où nous avons trouvé refuge chez des vignerons résistants. » Le « train de Langeais » a quand même atteint Belfort le 15 août 1944. Un tiers des passagers n’est jamais revenu d’Allemagne.<ref>[[Le dernier train de résistants déportés et militaires prisonniers quitte Rennes juste avant la libération]]</ref> <ref> le [https://fr.wikipedia.org/wiki/Train_de_Langeais Train de Langeais] sur Wikipédia </ref>


Après la guerre, Marie-Renée a rejoint Saint-Brieuc et a épousé Prudent Blanchet. Le couple a vécu à Nîmes puis s'est installé à Rennes dès 1950, dans le quartier de Maurepas. Trois enfants sont nés. Marie-Renée n’a jamais mis en avant sa résistance pendant la guerre. Les dernières années, Marie-Renée Blanchet vivait à la résidence ''Les Nymphéas'', à Pacé, et il fallut insister pour qu’elle acceptât un entretien un entretien. mais  « Mamie est un héros »,  a lancé un jour à l’école une de ses petites-filles. L’héroïne était aussi l’un des derniers témoins actifs de la résistance bretonne.<ref> Elle s’était évadée du dernier train de déportés en 1944. Ouest-France 15 juin 2020</ref>
Après la guerre, Marie-Renée a rejoint Saint-Brieuc et a épousé Prudent Blanchet. Le couple a vécu à Nîmes puis s'est installé à Rennes dès 1950, dans le quartier de Maurepas. Trois enfants sont nés. Marie-Renée n’a jamais mis en avant sa résistance pendant la guerre. Les dernières années, Marie-Renée Blanchet vivait à la résidence ''Les Nymphéas'', à Pacé, et il fallut insister pour qu’elle acceptât un entretien un entretien. mais  « Mamie est un héros »,  a lancé un jour à l’école une de ses petites-filles. L’héroïne était aussi l’un des derniers témoins actifs de la résistance bretonne.<ref> ''Elle s’était évadée du dernier train de déportés en 1944''. Ouest-France 15 juin 2020</ref>


===Références===
===Références===
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