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[[Fichier:Estrees_1969_lafee_12C1_17.jpg|200px|left|thumb|<ref>Musée de | [[Fichier:Estrees_1969_lafee_12C1_17.jpg|200px|left|thumb|Affiche publicitaire de la mercerie en 1969<ref>Musée de Bretagne</ref>]] | ||
'''Dirigeante de la mercerie rennaise "la Fée" | '''Dirigeante de la mercerie rennaise "la Fée" | ||
(1863 – 1928) | (1863 – 1928) | ||
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L'oncle d'Amérique, François-Xavier Leray nommé le troisième archevêque de la Nouvelle-Orléans, dans l'État de Louisiane, ancienne colonie française, décède à Châteaugiron, en septembre 1887, après un passage à Rome. La Louisiane, vendue en 1803 par Napoléon 1er aux États-Unis, en devient le 18e état. C'est le premier et seul état de majorité non anglophone. L'archevêque François-Xavier Leray laisse un héritage de 2 500 francs à chaque neveu et nièce. Ambroisine emprunte cet héritage à son frère et ses sœurs. Avec 10 000 francs, elle crée, en 1890, une mercerie à l'angle de la place et de la [[rue Hoche]]. Elle réalise alors son rêve d'avoir son propre magasin auquel elle donne le nom de : ''A la Ville de Rennes, Voiles et blancs''. Très rapidement, Ambroisine fait prospérer son affaire. | L'oncle d'Amérique, François-Xavier Leray nommé le troisième archevêque de la Nouvelle-Orléans, dans l'État de Louisiane, ancienne colonie française, décède à Châteaugiron, en septembre 1887, après un passage à Rome. La Louisiane, vendue en 1803 par Napoléon 1er aux États-Unis, en devient le 18e état. C'est le premier et seul état de majorité non anglophone. L'archevêque François-Xavier Leray laisse un héritage de 2 500 francs à chaque neveu et nièce. Ambroisine emprunte cet héritage à son frère et ses sœurs. Avec 10 000 francs, elle crée, en 1890, une mercerie à l'angle de la place et de la [[rue Hoche]]. Elle réalise alors son rêve d'avoir son propre magasin auquel elle donne le nom de : ''A la Ville de Rennes, Voiles et blancs''. Très rapidement, Ambroisine fait prospérer son affaire. | ||
[[Fichier:Julien_et_Ambroisine.png|400px|left|thumb| | [[Fichier:Julien_et_Ambroisine.png|400px|left|thumb|Ambroisine et Julien Garnier derrière le comptoir du magasin ''A la Fée'' en 1900 <ref> Du livre ''Julien Garnier Hussard de la République''. Gilbert Nicolas. Éditions Apogée - 1995</ref>]] | ||
[[Fichier:Mercerie_La_f%C3%A9e.jpg|300px|right|thumb|Facture de la mercerie <ref>Musée de Bretagne</ref>]] | [[Fichier:Mercerie_La_f%C3%A9e.jpg|300px|right|thumb|Facture de la mercerie <ref>Musée de Bretagne</ref>]] | ||
Le 2 janvier 1897, Ambroisine Leray (34 ans) épouse Francis Garnier (30 ans), à la mairie de Rennes. La cérémonie religieuse, à | Le 2 janvier 1897, Ambroisine Leray (34 ans) épouse Francis Garnier (30 ans), à la mairie de Rennes. La cérémonie religieuse, à l'[[Eglise Notre-Dame-en Saint-Melaine]], est célébrée par Louis Garnier, le frère du marié, vicaire général du diocèse. Le premier enfant du couple, né en octobre 1897, décède quinze jours plus tard. Quatre autres enfants vont naître entre 1900 et 1907. | ||
Son frère, l'instituteur François Leray, en 1899, lors du second procès du capitaine [[Alfred Dreyfus à Rennes]], fréquente le milieu Dreyfusard. Avec ses amis, Charles Bougot, Charles Müller et Francis Delaisi, ils se retrouvent régulièrement à l'Auberge des Trois Marches autour du professeur [[Victor Basch]], [[Georges Dottin]]<ref>[[rue Georges Dottin]]</ref> et [[Henri Sée]]<ref>{{w|Henri Sée}}</ref>. François Leray est l'un des co-fondateurs de la section rennaise de la Ligue des Droits de l'Homme <ref>[http://ldhrennes.blogspot.com/2013/12/journee-victor-et-ilona-basch.html]</ref>, créée lors du procès. François Leray qui parle plusieurs langues va plus tard enseigner à [[Rennes]], l'italien, l'allemand, le russe, l'espagnol… | Son frère, l'instituteur François Leray, en 1899, lors du second procès du capitaine [[Alfred Dreyfus à Rennes]], fréquente le milieu Dreyfusard. Avec ses amis, Charles Bougot, Charles Müller et Francis Delaisi, ils se retrouvent régulièrement à l'Auberge des Trois Marches autour du professeur [[Victor Basch]], [[Georges Dottin]]<ref>[[rue Georges Dottin]]</ref> et [[Henri Sée]]<ref>{{w|Henri Sée}}</ref>. François Leray est l'un des co-fondateurs de la section rennaise de la Ligue des Droits de l'Homme <ref>[http://ldhrennes.blogspot.com/2013/12/journee-victor-et-ilona-basch.html]</ref>, créée lors du procès. François Leray qui parle plusieurs langues va plus tard enseigner à [[Rennes]], l'italien, l'allemand, le russe, l'espagnol… | ||
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De 1899 à 1928, la Maison Garnier-Leray qui a beaucoup prospéré va pouvoir s'agrandir en achetant des locaux voisins disponibles. La famille s'est installée dans une propriété du faubourg de Fougères, à Maurepas. En 1913, l'instituteur, Julien Garnier quitte l'enseignement pour se consacrer, avec son épouse, à la mercerie "A la Fée". | De 1899 à 1928, la Maison Garnier-Leray qui a beaucoup prospéré va pouvoir s'agrandir en achetant des locaux voisins disponibles. La famille s'est installée dans une propriété du faubourg de Fougères, à Maurepas. En 1913, l'instituteur, Julien Garnier quitte l'enseignement pour se consacrer, avec son épouse, à la mercerie "A la Fée". | ||
Le couple fréquente beaucoup le milieu intellectuel de Rennes, dont Isidore Louveau, professeur honoraire à l'École de médecine et de pharmacie, témoin de leur mariage, mais également les maris des sœurs d'Ambroisine, Emmanuel Philipot et Armand Rébillon, tous les deux professeurs à la faculté des Lettres. En 1927 et 1928, la réussite de l'entreprise est visible. Tout le magasin est réaménagé et la devanture de "A la Fée" est complètement refaite avec une alliance de marbre, de mosaïques et de fer forgé. Les travaux de mosaïque sont confiés à Isidore Odorico. | Le couple fréquente beaucoup le milieu intellectuel de Rennes, dont Isidore Louveau, professeur honoraire à l'École de médecine et de pharmacie, témoin de leur mariage, mais également les maris des sœurs d'Ambroisine, Emmanuel Philipot et Armand Rébillon<ref>[[rue Armand Rébillon]]</ref>, tous les deux professeurs à la faculté des Lettres. En 1927 et 1928, la réussite de l'entreprise est visible. Tout le magasin est réaménagé et la devanture de "A la Fée" est complètement refaite avec une alliance de marbre, de mosaïques et de fer forgé. Les travaux de mosaïque sont confiés à Isidore Odorico. | ||
Malheureusement, Ambroisine Garnier-Leray, cette femme de caractère, ne va pas profiter de ce nouvel aménagement car elle décède de maladie, le 27 décembre 1928, à Rennes. Son mari Julien Garnier, l'instituteur devenu commerçant, va gérer le magasin jusqu'en 1936, date à laquelle son fils, Jean, prend la succession. | Malheureusement, Ambroisine Garnier-Leray, cette femme de caractère, ne va pas profiter de ce nouvel aménagement car elle décède de maladie, le 27 décembre 1928, à Rennes. Son mari Julien Garnier, l'instituteur devenu commerçant, va gérer le magasin jusqu'en 1936, date à laquelle son fils, Jean, prend la succession. | ||
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