26 960
modifications
Aucun résumé des modifications |
Aucun résumé des modifications |
||
| Ligne 9 : | Ligne 9 : | ||
[[Fichier:Photo_M-L_Charpentier.png|200px|right|thumb|Marie-Louise Charpentier]] | [[Fichier:Photo_M-L_Charpentier.png|200px|right|thumb|Marie-Louise Charpentier]] | ||
La Rennaise {{w| Marie-Louise Charpentier}}, « Lily », effectue des études d'infirmière et, diplômée, devient assistante sociale. | La Rennaise {{w| Marie-Louise Charpentier}}, « Lily », effectue des études d'infirmière et, diplômée, devient assistante sociale. | ||
Pendant la guerre, elle est assistante sociale au bureau d'assistance aux familles des prisonniers de guerre. Adhérente à la CFTC, elle distribue des tracts antiallemands avec Louis Lecorvaisier <ref>[[ Louis Lecorvaisier, réseau VAR]]</ref> . En 1943, elle reçoit une dame âgée, Mme Engelstein, en larmes, qui lui narre son histoire : originaire de Pologne, installée à Metz au début du siècle, son fils Joseph, mobilisé, est prisonnier de guerre ; elle et son époux Fishel ont fui Metz lors de l'annexion par les Allemands en 1940 et se sont réfugiés à Rennes, rejoints par leur belle-fille et ses deux jeunes enfants. Le SD avait reçu une note du délégué régional du Commissariat général aux questions juives, signalant la fuite de Engelstein, née Bandler Malca le 14.5.1882, demeurant 7 rue Saint-Louis à Rennes, et des petits enfants Catherine et Raymond, et indiquant que le docteur Daussy, médecin de l’hôpital psychiatrique et Mlle Charpentier, adjointe sociale-chef du service de l’armée, 17 rue des Dames, étaient certainement au courant de l’endroit où ces Juifs se sont réfugiés. La Gestapo a surgi dans leur maison, tout saccagé et emmené son mari et sa belle-fille, tout en menaçant de revenir chercher la grand-mère et ses petits-enfants. Des voisins prévinrent l'assistante sociale. La dame ne parlant couramment que l’allemand et le polonais, Mlle Charpentier alerta Monseigneur Roques <ref>[[rue Cardinal Roques]]</ref>. Parlant l'allemand, il eut un entretien avec Mme Engelstein qui lui révéla l’existence d’une parente, habitant l’Aveyron, qui pourrait les héberger. | Pendant la guerre, elle est assistante sociale au bureau d'assistance aux familles des prisonniers de guerre. Adhérente à la CFTC, elle distribue des tracts antiallemands avec Louis Lecorvaisier <ref>[[ Louis Lecorvaisier, réseau VAR]]</ref> . En 1943, elle reçoit une dame âgée, Mme Engelstein, en larmes, qui lui narre son histoire : originaire de Pologne, installée à Metz au début du siècle, son fils Joseph, mobilisé, est prisonnier de guerre ; elle et son époux Fishel ont fui Metz lors de l'annexion par les Allemands en 1940 et se sont réfugiés à Rennes, rejoints par leur belle-fille Béatrice et ses deux jeunes enfants. Le SD avait reçu une note du délégué régional du Commissariat général aux questions juives, signalant la fuite de Engelstein, née Bandler Malca le 14.5.1882, demeurant 7 rue Saint-Louis à Rennes, et des petits enfants Catherine et Raymond, et indiquant que le docteur Daussy, médecin de l’hôpital psychiatrique et Mlle Charpentier, adjointe sociale-chef du service de l’armée, 17 rue des Dames, étaient certainement au courant de l’endroit où ces Juifs se sont réfugiés. La Gestapo a surgi dans leur maison, tout saccagé et emmené son mari et sa belle-fille, tout en menaçant de revenir chercher la grand-mère et ses petits-enfants. Des voisins prévinrent l'assistante sociale. La dame ne parlant couramment que l’allemand et le polonais, Mlle Charpentier alerta Monseigneur Roques <ref>[[rue Cardinal Roques]]</ref>. Parlant l'allemand, il eut un entretien avec Mme Engelstein qui lui révéla l’existence d’une parente, habitant l’Aveyron, qui pourrait les héberger. | ||
Marie-Louise Charpentier part aussitôt avec la grand-mère chercher les jeunes enfants : Catherine, trois ans, et Raymond, deux ans. Ayant des contacts avec la Résistance, elle les emmène chez un ami à la campagne, à une quinzaine de kilomètres de Rennes, où ils restent un mois environ. Il avait accepté de les loger provisoirement, à condition que Marie-Louise s'occupât de tout. Son frère apporte la nourriture, aidé par deux amis. Le SD avait reçu une note du délégué régional du CGQJ<ref>[[Les Juifs de Rennes sous l'occupation]]</ref> signalant la fuite de Engelstein, née Bandler Malca, le 14.5.1882, 7 [[rue Saint-Louis]] à Rennes, et des petits enfants, indiquant que le docteur Daussy, médecin de l’hôpital psychiatrique et Mlle Charpentier, adjointe sociale-chef du service de l’armée, 17 [[rue des Dames]], étaient certainement au courant de l’endroit où ces Juifs se sont réfugiés<ref>Claude Toczé, ''Les juifs en Bretagne'': ve – xxe siècles, Presses universitaires de Rennes - 2006, p. 118.</ref> <ref>''Rennes pendant la guerre. Chroniques de 1939 à 1945'', Étienne Maignen p. 109-11, Editions Ouest-France </ref>. | Marie-Louise Charpentier part aussitôt avec la grand-mère chercher les jeunes enfants : Catherine, trois ans, et Raymond, deux ans. Ayant des contacts avec la Résistance, elle les emmène chez un ami à la campagne, à une quinzaine de kilomètres de Rennes, où ils restent un mois environ. Il avait accepté de les loger provisoirement, à condition que Marie-Louise s'occupât de tout. Son frère apporte la nourriture, aidé par deux amis. Le SD avait reçu une note du délégué régional du CGQJ<ref>[[Les Juifs de Rennes sous l'occupation]]</ref> signalant la fuite de Engelstein, née Bandler Malca, le 14.5.1882, 7 [[rue Saint-Louis]] à Rennes, et des petits enfants, indiquant que le docteur Daussy, médecin de l’hôpital psychiatrique et Mlle Charpentier, adjointe sociale-chef du service de l’armée, 17 [[rue des Dames]], étaient certainement au courant de l’endroit où ces Juifs se sont réfugiés<ref>Claude Toczé, ''Les juifs en Bretagne'': ve – xxe siècles, Presses universitaires de Rennes - 2006, p. 118.</ref> <ref>''Rennes pendant la guerre. Chroniques de 1939 à 1945'', Étienne Maignen p. 109-11, Editions Ouest-France </ref>. | ||
modifications

