Victor André Dauphin

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Le marchand de cheveux, photographie de Paul Gruyer, Quintin, vers 1905 – Marque du domaine public – Collection Musée de Bretagne, Rennes
Le coupeur de cheveux, Charles Géniaux, Morbihan, vers 1902-1905 – Marque du domaine public – Collection Musée de Bretagne, Rennes.

Victor André Dauphin est né le 19 décembre 1834 et décédé le 5 mars 1878, à l'âge de 43 ans. Il fut perruquier, comme son père Jean Dauphin, né vers 1774 et décédé entre 1834 et 1878, perruquier de profession.

Le 10 mai 1855, Il se marie à La Croixille (Mayenne) avec Léonie Clémentine Baron, décédée à Rennes le 24 décembre 1897. La famille Dauphin est originaire de la même commune où est né Henri-Louis-René des Nos (1717-1793), ecclésiastique catholique français évêque de Rennes. Le parlement de Bretagne, agissant avec une indépendance à peu près entière, était en mésintelligence avec le gouvernement. M. des Nos, qui avait reçu des marques de la confiance de Louis XV, et que ce monarque avait plusieurs fois choisi pour présider les États de Bretagne, voulut soutenir les intérêts de la cour dans les querelles des parlements contre l'autorité souveraine. Il s'attira la haine du parlement et demanda lui-même son transfert sur un autre siège.

« Ma chevelure est un trésor… » (Musée de Bretagne, les Champs Libres, Rennes)

Qui se souvient encore des coupeurs de cheveux dont l’activité fut florissante durant près de deux siècles, puisqu’elle se pratiquait encore avant 1914. Il s’agissait d’une économie très organisée, le coupeur étant le plus souvent un colporteur, mais parfois un artisan du village, qui remettait le fruit de la coupe à un courtier en cheveux, qui lui-même revendait par kilos les cheveux collectés à un marchand en gros[1].

Une exposition Cheveux chéris du Musée du quai Branly en tournée en Bretagne

Au croisement de l’anthropologie, de l’histoire de l’art, de la mode et des mœurs, l’exposition Cheveux chéris. Frivolités et trophées a mis en perspective les problématiques de l’intime et sa sociabilité sur le thème universel des cheveux[2].

Supports de mémoire, reliques, talismans, les cheveux conservent pour beaucoup l’aura et l’énergie de leur propriétaire. Une large partie de l’exposition est consacrée à ces mana qui ont donné naissance, dans le monde, à de multiples objets dits « magiques » ou dotés de pouvoirs que l’on s’approprie.

La Normandie, l’Auvergne et la Bretagne étaient les trois régions qui fournissaient le plus de cheveux

La Normandie, l’Auvergne et la Bretagne sont réputées être les trois régions qui fournissaient le plus de cheveux, cheveux de femmes, voire cheveux d’enfants évidemment ! Les plus beaux venaient, dit-on, de Bretagne, mais ils étaient aussi les moins soignés… Encore appelés les cheveux de la faim, ils étaient la conséquence d’une relative ou d’une grande pauvreté : échangés au mieux contre des coupons de tissus, colifichets, ou pièces de monnaies, leur vente servait aussi pour certaines à nourrir la famille.

Dans l’Antiquité déjà, une grande variété de perruques étaient confectionnées en cheveux, poils d’animaux, fibres végétales et herbes

Dans l’Antiquité déjà, une grande variété de perruques et autres postiches plus ou moins réalistes étaient portés. Confectionnées en cheveux, poils d’animaux, fibres végétales et herbes, ces imitations ont coiffé femmes et hommes dans de nombreuses cultures en tant qu’accessoire de mode, à des fins de cérémonie ou tout simplement pour dissimuler un début de calvitie[3]. La ville d'Ernée se trouve sur le tracé de la voie romaine rejoignant Jublains à Corseul (près de Dinan).

Le projet de canal pour rejoindre Rennes depuis Laval et passant par Ernée est étudié à la fin du XVIIIe siècle, mais n'aboutira jamais malgré plusieurs tentatives jusqu'au début du XXe siècle.

Aux alentours de 1700, les perruques ont commencé à être poudrées de blanc, ce qui était considéré comme particulièrement noble. Cette poudre était tantôt de la farine de froment, tantôt de la fécule ou de la farine de fèves auxquelles on ajoutait du kaolin et de la craie.

Pour lutter contre la puanteur, les perruques étaient parfumées aux essences d’ambre, de lavande, de clous de girofle, de rose et de cannelle.

Mais où les perruquiers se procuraient-ils ces énormes quantités de cheveux?

La matière première provenait des animaux, essentiellement des chevaux, mais aussi de l’être humain.

Si détenus et prisonniers de guerre étaient parfois mis à contribution, des miséreuses voyaient aussi dans la vente de leurs longues chevelures un moyen de gagner un peu d’argent.

Le commerce de cheveux devint florissant en Europe au milieu du XVIIIe siècle. Des acheteurs, dont de nombreux Flamands, se rendaient de village en village pour y prélever les chevelures de jeunes paysannes et de femmes des classes sociales inférieures.

Les cheveux blonds ou gris argentés étaient particulièrement recherchés, suivis par les cheveux noirs, les cheveux naturellement frisés revêtant la plus grande valeur.

« Ernée, là est le Maine et là finit la Bretagne » - Balzac - Les Chouans

En 1902, la gare d'Ernée-Ville avait accueilli 32 007 voyageurs, ce qui en faisait la plus fréquentée du réseau juste après Laval-Ville.

Références

  • Extrait de Objets de l’histoire, mémoires de Bretagne, Les collections du musée de Bretagne