« Madeleine Dumont, "Madame Henry" » : différence entre les versions
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[[Fichier:Marcel_Henry_et_son_%C3%A9pouse.png|250px|right|thumb|Le couple Henry]] | [[Fichier:Marcel_Henry_et_son_%C3%A9pouse.png|250px|right|thumb|Le couple Henry]] | ||
Le 14 août 1929, Madeleine Dumont, domiciliée au 4 de la rue des Prés à Fougères, | Le 14 août 1929, Madeleine Dumont, domiciliée au 4 de la rue des Prés à Fougères, marchande de chapeaux, épouse à 23 ans [[Marcel Henry]]. En 1935, le couple s’installe au 59 bis [[rue Jean-Marie Duhamel]] à Rennes. Son mari est courtier en vins et spiritueux, profession également adoptée par son épouse. | ||
Madeleine va exercer, comme Marcel, une activité secrète : elle va accompagner des enfants juifs en dehors de Paris pour les soustraire aux rafles et les mettre à l’abri des arrestations. Michel Godet, professeur, intrigué par des propos de ses élèves, a pu recueillir quelques informations sur les activité d'accueil discret d’enfants juifs dans la région pendant la guerre. Ainsi, il apprendra qu'en 1944, Madeleine Henry a assuré avec son mari le voyage de dix-neuf petits juifs de l’orphelinat de la rue Lamarck à Paris 18e, dépendant de l’Union générale des Israélites de France (UGIF), vers Saint-Christophe-des-Bois et Val-d’Izé dans la région de Vitré. Elle a également caché d’autres enfants juifs dans la région parisienne. <ref> Ouest-France, 25 août 2024</ref> | Madeleine va exercer, comme Marcel, une activité secrète : elle va accompagner des enfants juifs en dehors de Paris pour les soustraire aux rafles et les mettre à l’abri des arrestations. Michel Godet, professeur, intrigué par des propos de ses élèves, a pu recueillir quelques informations sur les activité d'accueil discret d’enfants juifs dans la région pendant la guerre. Ainsi, il apprendra qu'en 1944, Madeleine Henry a assuré avec son mari le voyage de dix-neuf petits juifs de l’orphelinat de la rue Lamarck à Paris 18e, dépendant de l’Union générale des Israélites de France (UGIF), vers Saint-Christophe-des-Bois et Val-d’Izé dans la région de Vitré. Elle recommandait aux enfants de l'appeler "Maman". Elle a également caché d’autres enfants juifs dans la région parisienne. <ref> Ouest-France, 25 août 2024</ref> | ||
Il en fut ainsi des quatre enfants de la famille Adass : Monique, Michel, Arlette et le petit Claude, né en 1941, originaires de Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). Pris en charge par la Wiso (organisation juive clandestine), les enfants arrivent à Saint-Christophe-des-Bois le 8 mai 1944 ? "Convoyés" par Madame Henri, après l'arrestation de leurs parents, Itzki (Marcel), 36 ans, et son épouse Rose (Roza), 36 ans, arrêtés parce que juifs. Itzki sera déporté sans retour vers Auschwitz le 11 février 1943 par le convoi n° 47 et Rose le 13 février 1943 par le convoi n° 48. | Il en fut ainsi des quatre enfants de la famille Adass : Monique, Michel, Arlette et le petit Claude, né en 1941, originaires de Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). Pris en charge par la Wiso (organisation juive clandestine), les enfants arrivent à Saint-Christophe-des-Bois le 8 mai 1944 ? "Convoyés" par Madame Henri, après l'arrestation de leurs parents, Itzki (Marcel), 36 ans, et son épouse Rose (Roza), 36 ans, arrêtés parce que juifs. Itzki sera déporté sans retour vers Auschwitz le 11 février 1943 par le convoi n° 47 et Rose le 13 février 1943 par le convoi n° 48. | ||
« Les enfants sont arrivés après la rafle du Vél d’Hiv, en juillet 1942. Certains sont restés deux ans, d’autres six mois », explique le professeur. Michel Godet a croisé trois sources pour établir la liste des enfants qui ont été recueillis ici. Tout d’abord la rencontre avec Michel Adass, un enfant caché qui avait repris contact avec la famille qui l’avait sauvé. Il a parlé de son arrivée en train à Vitré avec une femme appelée « Madame Henry ». | « Les enfants sont arrivés après la rafle du Vél d’Hiv, en juillet 1942. Certains sont restés deux ans, d’autres six mois », explique le professeur. Michel Godet a croisé trois sources pour établir la liste des enfants qui ont été recueillis ici. Tout d’abord la rencontre avec Michel Adass, un enfant caché qui avait repris contact avec la famille qui l’avait sauvé. Il a parlé de son arrivée en train à Vitré avec une femme appelée « Madame Henry ». | ||
Le nom de madame Henry a été révélé dans le film documentaire « Jamais je ne t’oublierai », réalisé en 2012 par Nicolas Ribowski, relatant l'histoire des enfants juifs cachés à Saint-Christophe-des-Bois et à Val-d'Izé. | Le nom de madame Henry a été révélé dans le film documentaire « Jamais je ne t’oublierai », réalisé en 2012 par Nicolas Ribowski, relatant l'histoire des enfants juifs cachés à Saint-Christophe-des-Bois et à Val-d'Izé. <ref> sur le film de 14'40 à 16'25 https://www.youtube.com/watch?v=IIvADPNPauY&list=PLUtObikuAspzIG9qjJLEtoAlhRd31MP3z&index=5 </ref> | ||
Dans d’autres circonstances, Madeleine Henry a fait preuve d’un patriotisme tout aussi discret. Elle a apporté son aide à maintes reprises à des familles martignolaises dont l’un des membres, arrêté par la Gestapo, était interné à la [[ prison Jacques-Cartier]] à Rennes. Sa modestie l’a tenue à l’écart des honneurs qu’elle méritait : certes, elle | Dans d’autres circonstances, Madeleine Henry a fait preuve d’un patriotisme tout aussi discret. Elle a apporté son aide à maintes reprises à des familles martignolaises dont l’un des membres, arrêté par la Gestapo, était interné à la [[ prison Jacques-Cartier]] à Rennes. Sa modestie l’a tenue à l’écart des honneurs qu’elle méritait : certes, elle n’a pas été reconnue « Juste parmi les nations », mais, de fait, elle l’est bel et bien. | ||
Elle et son mari sont inhumés au cimetière de Martigné-Ferchaud. | Elle et son mari sont inhumés au cimetière de Martigné-Ferchaud. | ||
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Version actuelle datée du 1 février 2026 à 16:04
Madeleine Dumont, épouse Henry
Une « Juste » ignorée
(6 octobre 1906, Senlis, Oise -17 novembre 1992, Rennes)
Le 14 août 1929, Madeleine Dumont, domiciliée au 4 de la rue des Prés à Fougères, marchande de chapeaux, épouse à 23 ans Marcel Henry. En 1935, le couple s’installe au 59 bis rue Jean-Marie Duhamel à Rennes. Son mari est courtier en vins et spiritueux, profession également adoptée par son épouse.
Madeleine va exercer, comme Marcel, une activité secrète : elle va accompagner des enfants juifs en dehors de Paris pour les soustraire aux rafles et les mettre à l’abri des arrestations. Michel Godet, professeur, intrigué par des propos de ses élèves, a pu recueillir quelques informations sur les activité d'accueil discret d’enfants juifs dans la région pendant la guerre. Ainsi, il apprendra qu'en 1944, Madeleine Henry a assuré avec son mari le voyage de dix-neuf petits juifs de l’orphelinat de la rue Lamarck à Paris 18e, dépendant de l’Union générale des Israélites de France (UGIF), vers Saint-Christophe-des-Bois et Val-d’Izé dans la région de Vitré. Elle recommandait aux enfants de l'appeler "Maman". Elle a également caché d’autres enfants juifs dans la région parisienne. [1]
Il en fut ainsi des quatre enfants de la famille Adass : Monique, Michel, Arlette et le petit Claude, né en 1941, originaires de Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne). Pris en charge par la Wiso (organisation juive clandestine), les enfants arrivent à Saint-Christophe-des-Bois le 8 mai 1944 ? "Convoyés" par Madame Henri, après l'arrestation de leurs parents, Itzki (Marcel), 36 ans, et son épouse Rose (Roza), 36 ans, arrêtés parce que juifs. Itzki sera déporté sans retour vers Auschwitz le 11 février 1943 par le convoi n° 47 et Rose le 13 février 1943 par le convoi n° 48. « Les enfants sont arrivés après la rafle du Vél d’Hiv, en juillet 1942. Certains sont restés deux ans, d’autres six mois », explique le professeur. Michel Godet a croisé trois sources pour établir la liste des enfants qui ont été recueillis ici. Tout d’abord la rencontre avec Michel Adass, un enfant caché qui avait repris contact avec la famille qui l’avait sauvé. Il a parlé de son arrivée en train à Vitré avec une femme appelée « Madame Henry ».
Le nom de madame Henry a été révélé dans le film documentaire « Jamais je ne t’oublierai », réalisé en 2012 par Nicolas Ribowski, relatant l'histoire des enfants juifs cachés à Saint-Christophe-des-Bois et à Val-d'Izé. [2] Dans d’autres circonstances, Madeleine Henry a fait preuve d’un patriotisme tout aussi discret. Elle a apporté son aide à maintes reprises à des familles martignolaises dont l’un des membres, arrêté par la Gestapo, était interné à la prison Jacques-Cartier à Rennes. Sa modestie l’a tenue à l’écart des honneurs qu’elle méritait : certes, elle n’a pas été reconnue « Juste parmi les nations », mais, de fait, elle l’est bel et bien. Elle et son mari sont inhumés au cimetière de Martigné-Ferchaud.
références
- ↑ Ouest-France, 25 août 2024
- ↑ sur le film de 14'40 à 16'25 https://www.youtube.com/watch?v=IIvADPNPauY&list=PLUtObikuAspzIG9qjJLEtoAlhRd31MP3z&index=5

