« Canalisation de la Vilaine » : différence entre les versions
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===Les bienfaits de la canalisation urbaine=== | ===Les bienfaits de la canalisation urbaine=== | ||
[[Fichier:La_vilaine_canalisee_dans_Rennes_en_1937.jpeg|250px|right|thumb|De l'ouest vers l'est, en 1937 la Vilaine canalisée, non couverte de part et d'autre de la [[place de la République]] vers le [[pont de Strasbourg]], au fond<ref> ''Rennes capitale accueillante vous ouvre la porte de l'admirable Bretagne'' - plaquette éditée par la Municipalité de Rennes - 1937</ref>.]] | [[Fichier:La_vilaine_canalisee_dans_Rennes_en_1937.jpeg|250px|right|thumb|De l'ouest vers l'est, en 1937 la Vilaine canalisée, non couverte de part et d'autre de la [[place de la République]] vers le [[pont de Strasbourg]], au fond<ref> ''Rennes capitale accueillante vous ouvre la porte de l'admirable Bretagne'' - plaquette éditée par la Municipalité de Rennes - 1937</ref>.]] | ||
La Vilaine fut un fleuve utilitaire : le trafic fluvial et maritime s'y développa à partir du 11e siècle, date de création du port de La Roche-Bernard par Bernard II. Les navires déchargeaient du fer d'Espagne, du bois de Scandinavie, de la chaux, du vin, du sel. Au confluent avec l'Ille la profondeur est estimée au 17e siècle à 1,60 m (1 pique), ''quand c'est saison qu'il y ait de l'eau'' et peut porter des bateaux de 160 hl (40 pipes) dans Rennes jusqu'aux moulins de Saint-Hélier<ref>Itinéraire de Bretagne en 1636. Archives de Bretagne. Publié par la société des bibliophiles bretons t.9 p 9 à 20 - 1898</ref>. | La Vilaine fut un fleuve utilitaire : le trafic fluvial et maritime s'y développa à partir du 11e siècle, date de création du port de La Roche-Bernard par Bernard II. Les navires déchargeaient du fer d'Espagne, du bois de Scandinavie, de la chaux, du vin, du sel. Au confluent avec l'Ille la profondeur est estimée au 17e siècle à 1,60 m (1 pique), ''quand c'est saison qu'il y ait de l'eau'' et peut porter des bateaux de 160 hl (40 pipes) dans Rennes jusqu'aux moulins de Saint-Hélier<ref>Itinéraire de Bretagne en 1636. Archives de Bretagne. Publié par la société des bibliophiles bretons t.9 p 9 à 20 - 1898</ref>. | ||
Au 19e siècle, les navires déchargeaient du charbon et chargeaient des céréales et fruits ainsi que des poteaux de mines. Le port favorisera la prospérité de La Roche-Bernard à son embouchure. | Au 19e siècle, les navires déchargeaient du charbon et chargeaient des céréales et fruits ainsi que des poteaux de mines. Le port favorisera la prospérité de La Roche-Bernard à son embouchure. | ||
Le fleuve marqua la séparation entre les deux parties de Rennes, géographiquement mais aussi socialement distinctes : ville haute au nord, ville basse au sud où elle divaguait en divers bras (ruisseaux de Brecé, de Joculé)<ref>[[rue du Champ Dolent]]</ref><ref>[[rue Vasselot]]</ref> participant de la défense de la ville<ref>[[Ponts de Rennes en 1636]]</ref>. Elle est canalisée en ville dans les années 40 | Le fleuve marqua la séparation entre les deux parties de Rennes, géographiquement mais aussi socialement distinctes : ville haute au nord, ville basse au sud où elle divaguait en divers bras (ruisseaux de Brecé, de Joculé)<ref>[[rue du Champ Dolent]]</ref><ref>[[rue Vasselot]]</ref> participant de la défense de la ville<ref>[[Ponts de Rennes en 1636]]</ref>. Elle est canalisée en ville dans les années 40 à 45 du 19e siècle, reprise des ambitions d'urbanisme de {{w|Robelin}}<ref>[[rue Robelin]]</ref> et [https://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/IA35027863| Gabriel]<ref>[[rue Jacques Gabriel]]</ref> dessinées après l'incendie de [[1720]]. Le [[boulevard de la Liberté]] est construit sur un bras comblé en 1859-1860. | ||
Lors du congrès national scientifique tenu à Rennes en 1849, le médecin hygiéniste Adolphe Toulmouche <ref>[[rue Toulmouche]]</ref> décrivit les bienfaits de la canalisation du fleuve dans Rennes quelques années auparavant.[[Fichier:Bienfaits_des_quais.png|300px|left|thumb|Propos du Dr Toulmouche en septembre 1849 ]] <ref> Congrès national scientifique de Rennes, 16e session, p. 339 sept 1849</ref>]] | |||
Le fleuve et l'Ille continueront de fixer, pendant plusieurs décennies, de nombreuses activités liées à l'eau :tanneries, blanchisseries, bateaux-lavoirs − une photographie de 1889 en montre quatre le long du [[quai Lamennais]] − usines telles que papeteries, tanneries et moulins tels que les [[Moulins de Saint-Hélier| moulins Logeais]] qui existent encore en centre-ville, [[rue Jean-Marie Duhamel]]. | Le fleuve et l'Ille continueront de fixer, pendant plusieurs décennies, de nombreuses activités liées à l'eau :tanneries, blanchisseries, bateaux-lavoirs − une photographie de 1889 en montre quatre le long du [[quai Lamennais]] − usines telles que papeteries, tanneries et moulins tels que les [[Moulins de Saint-Hélier| moulins Logeais]] qui existent encore en centre-ville, [[rue Jean-Marie Duhamel]]. | ||
[[Fichier:Pieux_de_couverture_de_la_Vilaine.png|300px|center|thumb|1963, entre [[quai Duguay-Trouin]] et [[quai Lamennais]] : pieux pour la couverture du fleuve]] | [[Fichier:Pieux_de_couverture_de_la_Vilaine.png|300px|center|thumb|1963, entre [[quai Duguay-Trouin]] et [[quai Lamennais]] : pieux pour la couverture du fleuve]] | ||
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===L'occultation du centre ville === | ===L'occultation du centre ville === | ||
L'enfilade des quais prolongée en amont par la Vilaine canalisée jusqu'à l'[[Écluse Chapelle-Boby]], va voir l'eau disparaître en grande partie au regard. Le kilomètre Est du canal fut comblé en [[1970]] pour faire place à des parcs de stationnement. En prolongement de la première couverture exécutée en [[1912]] pour y aménager des jardins devant le [[Palais du Commerce]] en construction, on couvrit la Vilaine en aval en [[1961]] pour y aménager d'autres parcs de stationnement automobile. D'obstacle et de frontière entre deux zones urbaines nettement différenciées, la Vilaine couverte était devenue zone dédiée à la voiture et espace d'union entre ces deux zones ainsi réunies. | L'enfilade des quais prolongée en amont par la Vilaine canalisée jusqu'à l'[[Écluse Chapelle-Boby]], va voir l'eau disparaître en grande partie au regard. Le kilomètre Est du canal fut comblé en [[1970]] pour faire place à des parcs de stationnement. En prolongement de la première couverture exécutée en [[1912]] pour y aménager des jardins devant le [[Palais du Commerce]] en construction, on couvrit la Vilaine en aval en [[1961]] pour y aménager d'autres parcs de stationnement automobile. D'obstacle et de frontière entre deux zones urbaines nettement différenciées, la Vilaine couverte était devenue zone dédiée à la voiture et espace d'union entre ces deux zones ainsi réunies. | ||
Version actuelle datée du 20 février 2026 à 14:12
La canalisation dans Rennes=
Les bienfaits de la canalisation urbaine
La Vilaine fut un fleuve utilitaire : le trafic fluvial et maritime s'y développa à partir du 11e siècle, date de création du port de La Roche-Bernard par Bernard II. Les navires déchargeaient du fer d'Espagne, du bois de Scandinavie, de la chaux, du vin, du sel. Au confluent avec l'Ille la profondeur est estimée au 17e siècle à 1,60 m (1 pique), quand c'est saison qu'il y ait de l'eau et peut porter des bateaux de 160 hl (40 pipes) dans Rennes jusqu'aux moulins de Saint-Hélier[2]. Au 19e siècle, les navires déchargeaient du charbon et chargeaient des céréales et fruits ainsi que des poteaux de mines. Le port favorisera la prospérité de La Roche-Bernard à son embouchure.
Le fleuve marqua la séparation entre les deux parties de Rennes, géographiquement mais aussi socialement distinctes : ville haute au nord, ville basse au sud où elle divaguait en divers bras (ruisseaux de Brecé, de Joculé)[3][4] participant de la défense de la ville[5]. Elle est canalisée en ville dans les années 40 à 45 du 19e siècle, reprise des ambitions d'urbanisme de Robelin
[6] et Gabriel[7] dessinées après l'incendie de 1720. Le boulevard de la Liberté est construit sur un bras comblé en 1859-1860.
Lors du congrès national scientifique tenu à Rennes en 1849, le médecin hygiéniste Adolphe Toulmouche [8] décrivit les bienfaits de la canalisation du fleuve dans Rennes quelques années auparavant.
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Le fleuve et l'Ille continueront de fixer, pendant plusieurs décennies, de nombreuses activités liées à l'eau :tanneries, blanchisseries, bateaux-lavoirs − une photographie de 1889 en montre quatre le long du quai Lamennais − usines telles que papeteries, tanneries et moulins tels que les moulins Logeais qui existent encore en centre-ville, rue Jean-Marie Duhamel.
L'occultation du centre ville
L'enfilade des quais prolongée en amont par la Vilaine canalisée jusqu'à l'Écluse Chapelle-Boby, va voir l'eau disparaître en grande partie au regard. Le kilomètre Est du canal fut comblé en 1970 pour faire place à des parcs de stationnement. En prolongement de la première couverture exécutée en 1912 pour y aménager des jardins devant le Palais du Commerce en construction, on couvrit la Vilaine en aval en 1961 pour y aménager d'autres parcs de stationnement automobile. D'obstacle et de frontière entre deux zones urbaines nettement différenciées, la Vilaine couverte était devenue zone dédiée à la voiture et espace d'union entre ces deux zones ainsi réunies.
- ↑ Rennes capitale accueillante vous ouvre la porte de l'admirable Bretagne - plaquette éditée par la Municipalité de Rennes - 1937
- ↑ Itinéraire de Bretagne en 1636. Archives de Bretagne. Publié par la société des bibliophiles bretons t.9 p 9 à 20 - 1898
- ↑ rue du Champ Dolent
- ↑ rue Vasselot
- ↑ Ponts de Rennes en 1636
- ↑ rue Robelin
- ↑ rue Jacques Gabriel
- ↑ rue Toulmouche
- ↑ Congrès national scientifique de Rennes, 16e session, p. 339 sept 1849

