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Pendant sa détention, il rédige sur un cahier : Faim en permanence… Bouillon, quelques pois et une demi-boule de pain. Colis reçu, livres, vêtements, montre, affaires de toilette, porte-plume et encre. | Pendant sa détention, il rédige sur un cahier : Faim en permanence… Bouillon, quelques pois et une demi-boule de pain. Colis reçu, livres, vêtements, montre, affaires de toilette, porte-plume et encre. | ||
Coiffeur rase le mardi et vendredi, n’est pas autorisé à parler. Difficile de dormir, en mémoire paroles du policier allemand « propagandistes punis sévèrement… » Souris chaque nuit « qui dansent une sarabande effrénée ». | Coiffeur rase le mardi et vendredi, n’est pas autorisé à parler. Difficile de dormir, en mémoire paroles du policier allemand « propagandistes punis sévèrement… » Souris chaque nuit « qui dansent une sarabande effrénée ». | ||
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Le 4 septembre 1941, il est transféré dans une cellule surpeuplée du grand quartier, où il côtoie dix-sept jeunes de Lannion (Côtes-d’Armor), dont une femme. Huit sont condamnés à mort, les autres à dix ans de travaux forcés. | Le 4 septembre 1941, il est transféré dans une cellule surpeuplée du grand quartier, où il côtoie dix-sept jeunes de Lannion (Côtes-d’Armor), dont une femme. Huit sont condamnés à mort, les autres à dix ans de travaux forcés. | ||
Le 4 octobre à 6h30, Marcel Helleu assiste au départ de son camarade Roger Barbé<ref>https://fusilles-40-44.maitron.fr/ </ref> qui avait été arrêté le 29 décembre 1940. Avant d’être exécuté, celui-ci sort de sa cellule '''« la tête haute »''', criant : '''« adieu à tous les camarades. »''' Les autres détenus | Le 4 octobre à 6h30, Marcel Helleu assiste au départ de son camarade Roger Barbé<ref>https://fusilles-40-44.maitron.fr/ </ref> qui avait été arrêté le 29 décembre 1940. Avant d’être exécuté, celui-ci sort de sa cellule '''« la tête haute »''', criant : '''« adieu à tous les camarades. »''' Les autres détenus détenus chantèrent ''Ce n’est qu’un au revoir'' et « La Marseillaise ». Dans son cahier, Marcel Helleu précise ce qui précède : '''« Lecture du jugement, cigarette donnée, peloton d’exécution sur deux rangs. »''' | ||
Version actuelle datée du 15 septembre 2025 à 08:04
Marcel Helleu a vingt ans lorsqu’il est arrêté le 16 août 1941 en possession de tracts anti-allemands. Après un interrogatoire de la Gestapo, rue de Robien à Rennes, il est emprisonné à la prison Jacques-Cartier. Pendant sa détention, il rédige sur un cahier : Faim en permanence… Bouillon, quelques pois et une demi-boule de pain. Colis reçu, livres, vêtements, montre, affaires de toilette, porte-plume et encre. Coiffeur rase le mardi et vendredi, n’est pas autorisé à parler. Difficile de dormir, en mémoire paroles du policier allemand « propagandistes punis sévèrement… » Souris chaque nuit « qui dansent une sarabande effrénée ». Il décrit les conditions difficiles : « La faim, en permanence… Bouillon, quelques pois et une demi-boule de pain » ; la réception de colis, « livres, vêtements, montre » ; les nuits troublées par les paroles menaçantes d’un policier allemand et par la présence de souris.
Il apprend par le journal Ouest-Éclair, ancêtre de Ouest-France , qu’après l’assassinat d’un officier allemand à Paris, les détenus sont considérés comme des otages. Les rares moments de promenade se déroulent dans une cour minuscule, où il se lie à d’autres prisonniers de diverses nationalités : espagnols, grecs, italiens…
Le 4 septembre 1941, il est transféré dans une cellule surpeuplée du grand quartier, où il côtoie dix-sept jeunes de Lannion (Côtes-d’Armor), dont une femme. Huit sont condamnés à mort, les autres à dix ans de travaux forcés.
Le 4 octobre à 6h30, Marcel Helleu assiste au départ de son camarade Roger Barbé[1] qui avait été arrêté le 29 décembre 1940. Avant d’être exécuté, celui-ci sort de sa cellule « la tête haute », criant : « adieu à tous les camarades. » Les autres détenus détenus chantèrent Ce n’est qu’un au revoir et « La Marseillaise ». Dans son cahier, Marcel Helleu précise ce qui précède : « Lecture du jugement, cigarette donnée, peloton d’exécution sur deux rangs. »
Ce récit est extrait d’un livret et d’une exposition, édités par Champs de justice, « Jacques-Cartier 1940-1947 – la justice des années sombres »[2] visible à la Maison des associations, 6, cours des Alliés, à Rennes, du 8 au 18 septembre 2025.

