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Le [[débarquement du 6 juin 1944]] émeut à Rennes occupés et occupants. | Le [[débarquement du 6 juin 1944]] émeut à Rennes occupés et occupants. | ||
L'''Ouest-Eclair'' du 6 juin, édition de Rennes, comportait un étrange article qui inquiéta le censeur allemand qui craignait d'avoir laissé passer un message codé annonçant le débarquement: ''Aujourd'hui, arrivage de poisson''. | L'''Ouest-Eclair'' du 6 juin, édition de Rennes, comportait un étrange article qui inquiéta le censeur allemand qui craignait d'avoir laissé passer un message codé annonçant le débarquement: ''Aujourd'hui, arrivage de poisson''. | ||
[[Fichier:Gros_arrivage_de_poisson.png|200px|left|thumb|Arrivage en coïncidence...]] | |||
"À 9 heures ce matin, mon grand-père a appelé ma mère au téléphone, par l'intermédiaire de l'épicerie d'à-côté, car nous n'avons pas le téléphone à la maison. Il dit que la radio suisse annonce que les Anglo-américains ont débarqué entre Le Havre et Calais, mais des gens du quartier disent Dunkerque, d'autres le Calvados, et encore entre Isigny-sur-Mer et Le Havre. Des tracts ont été lancés par avion : ''Partez sur le champ, vous n'avez pas une minute à perdre, dispersez-vous dans les campagnes, n'encombrez pas les routes''... Je vois dans la rue passer des gens avec des bicyclettes, avec des poussettes chargées de bagages. Ils vont dans un sens puis dans l'autre. Les Allemands ont établi des barrages." | "À 9 heures ce matin, mon grand-père a appelé ma mère au téléphone, par l'intermédiaire de l'épicerie d'à-côté, car nous n'avons pas le téléphone à la maison. Il dit que la radio suisse annonce que les Anglo-américains ont débarqué entre Le Havre et Calais, mais des gens du quartier disent Dunkerque, d'autres le Calvados, et encore entre Isigny-sur-Mer et Le Havre. Des tracts ont été lancés par avion : ''Partez sur le champ, vous n'avez pas une minute à perdre, dispersez-vous dans les campagnes, n'encombrez pas les routes''... Je vois dans la rue passer des gens avec des bicyclettes, avec des poussettes chargées de bagages. Ils vont dans un sens puis dans l'autre. Les Allemands ont établi des barrages." | ||
(Notes de Yves de La Haye, 9 ans) | (Notes de Yves de La Haye, 9 ans) | ||
"Les Alliés ont débarqué en Normandie ! Les Rennais l'apprennent à 8 heures. Et, avec l'espoir arrive la crainte car des tracts largués sur la ville annoncent un prochain bombardement. Les alertes sont fréquentes, aussi beaucoup fuient-ils à la campagne. [...] les Allemands s'affolent, les auxiliaires féminines de l'armée, les "souris grises", ont été embarquées en camion dès le matin, des soldats prennent partout des bicyclettes, des officiers partent en autos, en camions, emportant leurs valises. "Ils partent !" Personne n'en croit ses yeux. Les routes sont barrées par les Allemands, ce qui a empêché l'arrivée du ravitaillement. La ville est sans lait." <ref> ''Rennes pendant la guerre, chroniques de 1939 à 1945'' p.169. Étienne Maignen. Éditions Ouest-France - Nov. 2013 </ref> | == 6 juin 1944,vent de panique à Rennes ! == | ||
[[Fichier:Fiche_d%27%C3%A9vacuation087_cr.jpg|300px| | [[Fichier:Appel_du_pr%C3%A9fet_r%C3%A9gional.png|350px|right|thumb| ''Ouest-Eclair'' du 8 juin 1944]] | ||
Si la nouvelle du débarquement entendue à la TSF a rempli d'espoir les Rennaises et les Rennais , il en a résulté un vent de panique, comme si les 150 km entre les plages du débarquement et Rennes allaient être franchis dès le lendemain par les armées alliées et mettre la ville dans la situation périlleuse de combats assaisonnés de bombardements. La panique fut d'abord le fait de la garnison allemande et les habitants observèrent des mouvements apparemment désordonnés comme dans une fourmilière bouleversée."Les Alliés ont débarqué en Normandie ! Les Rennais l'apprennent à 8 heures. Et, avec l'espoir arrive la crainte car des tracts largués sur la ville annoncent un prochain bombardement. Les alertes sont fréquentes, aussi beaucoup fuient-ils à la campagne. [...] les Allemands s'affolent, les auxiliaires féminines de l'armée, les "souris grises", ont été embarquées en camion dès le matin, des soldats prennent partout des bicyclettes, des officiers partent en autos, en camions, emportant leurs valises. "Ils partent !" Personne n'en croit ses yeux. Les routes sont barrées par les Allemands, ce qui a empêché l'arrivée du ravitaillement. La ville est sans lait." <ref> ''Rennes pendant la guerre, chroniques de 1939 à 1945'' p.169. Étienne Maignen. Éditions Ouest-France - Nov. 2013 </ref> les divers accès à la ville furent fermés, empêchant entrées et sorties, occasionnant des ruptures d'approvisionnement en denrées. On dit qu'un mariage fut enfin célébré difficilement après la recherche et d'un conseiller municipal et d'un prêtre, quant au restaurateur retenu, il n'avait rien préparé, certain que les convives avaient fui. Fonctionnaires, ouvriers, chefs d'entreprise, commerçants de prendre le large, abandonnant toute activité. | |||
[[Fichier:Appel_du_mar%C3%A9chal.png|250px|left|thumb|''Ouest-Eclair'' du 7 juin 1944]] Dès le lendemain du débarquement le maréchal Pétain abjure les Français de ne pas se mêler de cette invasion et de rester calmes et obéissants. Le lendemain, 8 juin, le préfet régional demande aux Rennais qui ont fui la ville de reprendre leurs postes; ce même jour, 32 résistants furent fusillés dans la caserne du Colombier et les [[ Bombardements des 9 et 12 juin 1944]] et et le [[Bombardement du 18 juin 1944]] effectués par les alliés pour empêcher les renforts allemands de remonter vers la côte normande, ramenèrent cruellement les Rennais aux horreurs de la guerre. | |||
[[Fichier:Fiche_d%27%C3%A9vacuation087_cr.jpg|300px|right|thumb| Après le bombardement du 9 juin 1944 : fiche d'évacuation d'une famille de 5 personnes vers Liffré, en date du 9 juin 1944]] | |||
===Témoignages=== | ===Témoignages=== | ||
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