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==Le jeune dauphin François arrive à Rennes== | ==Le jeune dauphin François arrive à Rennes== | ||
Le dauphin, après avoir passé la nuit en l'abbaye Saint-Melaine, fit donc son entrée solennelle à Rennes, le 13 août non par la[[porte Mordelaise]] en raison de la longueur du cortège de trois cents hommes de pied aux couleurs du dauphin et de deux cents habitants montés, mais par la porte aux Foulons.Le jeune prince arrive à cheval et a belle allure dans sa "robe à chevaulcher" de velours bleu enrichie de broeries d'or. Yves Mayeuc, évêque de Rennes, et le baron de Laval, gouverneur reçoivent le serment du dauphin prononcé sur les Evangiles, "de maintenir les anciens droits, privilèges et libertés de l'Eglise, de la noblesse, des villes et du peuple". Le duc reçoit les clés de la ville, la porte s'ouvre et le duc se place sous un dais de damas bleu et satin blanc semé d'hermines et de fleurs de lys, porté par quatre gentilhommes, et gagne la cathédrale au milieu des cris de "Vive le duc !" Il entend les vêpres et se retire au manoir épiscopal qui jouxte la cathédrale.<ref> ''L'ancien comté de Rennes ou pays de Rennes '' par Michel de Mauny, éditions Roudil - 1974</ref> Michel Champion, procureur des Bourgeois, narra les fastes qui dépassèrent ceux de l'entrée de François 1er en 1518. Harangues, révérences et spectacles rythment les arrêts .<ref> ''Histoire de Rennes'' sous la direction de Jean Meyer, Privat, éditeur - 1972</ref> Des "échafauds": des estrades ont été dressées de par la ville présentant des scènes mythologiques attrayantes mais à sens politique inaccessible au bon peuple, légendées en latin : le roi traité en dieu Mars, mais sans évocation des reines Anne et Claude. | Le dauphin, après avoir passé la nuit en l'abbaye Saint-Melaine, fit donc son entrée solennelle à Rennes, le 13 août non par la [[porte Mordelaise]] en raison de la longueur du cortège de trois cents hommes de pied aux couleurs du dauphin et de deux cents habitants montés, mais par la porte[[ aux Foulons]].Le jeune prince arrive à cheval et a belle allure dans sa "robe à chevaulcher" de velours bleu enrichie de broeries d'or. Yves Mayeuc, évêque de Rennes, et le baron de Laval, gouverneur reçoivent le serment du dauphin prononcé sur les Evangiles, "de maintenir les anciens droits, privilèges et libertés de l'Eglise, de la noblesse, des villes et du peuple". Le duc reçoit les clés de la ville, la porte s'ouvre et le duc se place sous un dais de damas bleu et satin blanc semé d'hermines et de fleurs de lys, porté par quatre gentilhommes, et gagne la cathédrale au milieu des cris de "Vive le duc !" Il entend les vêpres et se retire au manoir épiscopal qui jouxte la cathédrale.<ref> ''L'ancien comté de Rennes ou pays de Rennes '' par Michel de Mauny, éditions Roudil - 1974</ref> Michel Champion, procureur des Bourgeois, narra les fastes qui dépassèrent ceux de l'entrée de François 1er en 1518. Harangues, révérences et spectacles rythment les arrêts .<ref> ''Histoire de Rennes'' sous la direction de Jean Meyer, Privat, éditeur - 1972</ref> Des "échafauds": des estrades ont été dressées de par la ville présentant des scènes mythologiques attrayantes mais à sens politique inaccessible au bon peuple, légendées en latin : le roi traité en dieu Mars, mais sans évocation des reines Anne et Claude. | ||
==Le couronnement du duc François III== | ==Le couronnement du duc François III== | ||
La cérémonie du couronnement commence le lendemain, dès 7 heures, en la cathédrale selon le rite traditionnel. Le dauphin entre dans la cathédrale où on le revêt d'un manteau rouge fourré d'hermine sur lequel on lui passe le collier de l'ordre de l'Hermine. On lui remet l'épée de duc bénie des mains de l'évêque [[Yves Mayeuc]] et le sceptre. Puis l'évêque pose sur sa tête, après l'avoir béni, le cercle ducal en or | La cérémonie du couronnement commence le lendemain, dès 7 heures, en la cathédrale selon le rite traditionnel. Le dauphin entre dans la cathédrale où on le revêt d'un manteau rouge fourré d'hermine sur lequel on lui passe le collier de l'ordre de l'Hermine. On lui remet l'épée de duc bénie des mains de l'évêque [[Yves Mayeuc]] et le sceptre. Puis l'évêque pose sur sa tête, après l'avoir béni, le cercle ducal en or que François 1er a fait faire pour un coût de 219 livres tournois et 9 sols,( à titre comparatif, en mars 1533 Charles de Guer achète la seigneurie de Riec à Antoine de Montbourcher, échanson de Françcois 1er, pour 6000 livres) et ce "pour servir au couronnement et première entrée du Dauphin dans la ville de Rennes comme duc et propriétaire du duché de Bretagne"). Assis sur le trône, le jeune duc répondit amen à chaque phrase de la formule du serment énoncée par l'évêque. La cérémonie achevée, le duc arme chevaliers plusieurs seigneurs dont Pierre d'Argentré, sénéchal de Rennes. | ||
Les bourgeois de Rennes se sont cotisés pour offrir au duc "une hermine d'or de grandeur naturelles, reposant sur une terrasse émaillée, entre six beaux lis entourés de la couronne ducale, emblème de l'union de la Bretagne à la France". Cette oeuvre de Pierre Even, orfèvre à Rennes, causa "une admiration merveilleuse aux assistants". Mais le duc quitta sa capitale, sans avoir même reçu l'hommage des vassaux. On parle de l'allégresse du bon peuple, parenthèse joyeuse en ces jours de famine persistante. | Les bourgeois de Rennes se sont cotisés pour offrir au duc "une hermine d'or de grandeur naturelles, reposant sur une terrasse émaillée, entre six beaux lis entourés de la couronne ducale, emblème de l'union de la Bretagne à la France". Cette oeuvre de Pierre Even, orfèvre à Rennes, causa "une admiration merveilleuse aux assistants". Mais le duc quitta sa capitale, sans avoir même reçu l'hommage des vassaux. On parle de l'allégresse du bon peuple, parenthèse joyeuse en ces jours de famine persistante. | ||
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