Irlandais de Rennes

L'expression « Irlandais de Rennes » désigne une communauté, formée au cours du XVII e siècle et très importante au XVIII e , de réfugiés fuyant les violences des révolutions anglaises du XVII e siècle, en particulier la Glorieuse Révolution de 1688.

Blason du duc de Chaulnes, gouverneur de Bretagne de 1670 à 1695, sur la façade de la cathédrale Saint-Pierre de Rennes

Fruit d'une densification des échanges jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, Cork, jumelée avec Rennes, fut la première ville choisie par la Brittany Ferries, en 1972, pour une première liaison maritime directe en 1978.

Trois siècles auparavant, Jacques II Stuart traversait la Manche sur le navire d'un grand négociant irlandais devenu corsaire, Phillip Walsh, et il est accueilli en 1689 par son cousin le roi de France Louis XIV, qui l'installe avec ses courtisans et sa famille dans le château de Saint-Germain-en-Laye, qu'il a déserté depuis 1673 pour s'installer à Versailles.

A cette même date, l'intendance de Bretagne est créée en 1689 par Louis XIV, après deux tentatives en 1636 et 1647. Le siège de l'intendance était à Rennes à l'hôtel de Brie. Le premier intendant fut : Auguste-Robert de Pomereu, de 1689 à 1692.

Une redécouverte culturelle au XIXe siècle

Georges Dottin, qui est le premier directeur de chaire de celtique de l'université de Rennes publie un manuel d'irlandais moyen en 1913.

Le pays sert aussi d'inspiration à des artistes bretons comme Jules Verne ou le poète rennais Paul Féval, ce dernier publiant même une série intitulée Les Libérateurs d'Irlande, à la fois fresque historique et roman d’aventures picaresques parmi les plus passionnants jamais écrits sur l’Irlande.


Au XIXe siècle, dans une Irlande en proie au désordre, à l’occupation britannique et à l’émergence de multiples sociétés secrètes de tous bords, le peuple irlandais refuse de plus en plus cet insupportable destin[1].


Rennes, une terre d'accueil des immigrés catholiques

A Rennes, les traces ont été effacées parce qu'ils avaient des patronymes en gaélique irlandais qui ont été francisés ou bretonnisés par le clergé, pour être plus facilement prononcés[2].

L’immigration irlandaise en Bretagne, un fait historique d’ampleur mais pourtant oublié

La Bretagne devient une des terres d'émigration irlandaise à là partir de la reconquête de l'Irlande par les Tudors dans les premières années du XVIIe siècle. Plusieurs milliers de pauvres, poussés par la famine, arrivent dans la région. Une série de décrets locaux sont pris entre 1603 et 1607, puis entre 1625 et 1640, pour contrôler les activités de ces réfugiés.

La conquête cromwellienne de l'Irlande au milieu du XVIIe siècle provoque le départ de nombreux Irlandais de l'île. Ceux-ci sont souvent plus fortunés que les immigrants de la première vague, et s'intègrent avec leurs familles comme armateurs dans les grandes villes portuaires bretonnes de l'époque comme Saint-Malo, Port-Louis, ou Nantes. D'autres rejoignent parfois les campagnes, et un recensement de ces Irlandais bretons est organisé en 1666.