Square Louis Massignon
Le square Louis Massignon se situe dans le quartier 7 : Francisco Ferrer - Landry - Poterie et prend son origine sur la rue Jean-François Millet. Cette voie fut dénommée par délibération du Conseil Municipal de la Ville de Rennes le 8 juillet 1993[1]. Le square a la particularité d'être composé de deux voies distinctes d'accès aux logements, parallèles et longues d'une centaine de mètres, dont les entrées sont distantes de cinquante mètres. Ces deux voies sont des cul-de-sac ne pouvant être franchis que par des piétons ou des deux-roues. La première voie qui aboutit rue Gounod dessert les numéros 1 à 14, tandis que la seconde rejoint la rue Massenet et comprend les numéros 9, et 15 à 25.
Cette voie rend hommage à Louis Massignon
, orientaliste français (25 juillet 1883, Nogent-sur-Marne - 31 octobre 1962, Suresnes)
Considéré comme le premier islamologue français, il vécut à Pordic, dans les Côtes-d'Armor, et y fut inhumé.
Orientaliste, diplomate, intellectuel et aventurier, mystique, Louis Massignon est une grande figure du XXe siècle. Il fut pendant près de 30 ans le titulaire de la chaire de sociologie et sociographie musulmanes au Collège de France.
Il combat pour la paix en Algérie, et a plusieurs fois été menacé, même agressé physiquement. Ainsi, il inaugura "à Vieux-Marché, au cœur du Trégor, les rencontres islamo-chrétiennes pour la paix en juillet 1954, quatre mois avant le déclenchement en Algérie de l'insurrection pour l'indépendance. Il aura orienté et animé ces rencontres de Vieux-Marché jusqu'à la signature des Accords d'Évian
et au cessez-le-feu, en mars 1962[2]. Cette année-là, les rencontres de Vieux-Marché coïncidèrent avec la mise en place du premier gouvernement de l'Algérie indépendante. Louis Massignon s'éteindra trois mois plus tard, le 31 octobre, en homme qui a accompli sa tâche"[3].
Capitaine de réserve, il devient chef de bataillon d'infanterie coloniale dans l'entre-deux-guerres. Mobilisé à sa demande en 1939, il accompagne le général Weygand
en mission en Orient. L'armistice signé, il est démobilisé et rejoint Paris où il reprend ses activités de recherche et d'enseignement, sous l'occupation. Le régime de Vichy suspend son traitement de professeur car il refuse de prêter serment au maréchal Pétain. Il n’est pas un résistant, mais il est proche de Germaine Tillion[4] aux côtés de qui il mène le même combat.
Ami de Charles de Foucault et Paul Claudel[5], il croisa la route de nombreuses personnalités telles Lawrence d'Arabie, Georges Clémenceau[6], Gandhi, Pie XI, Mohammed V, Carl Gustav Jung, François Mauriac[7], Albert Camus[8] ou encore Jean-Paul Sartre.
Il vécut également à Binic, près de Saint-Brieuc.

