Jean-Denis Lanjuinais

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Profil de Jean-Denis Lanjuinais, 1790
Le comte Lanjuinais (Archives de Rennes. 100FI727)

Jean-Denis Lanjuinais

(12 mars 1753, Rennes - 13 janvier 1827, Paris)

Jean-Denis Lanjuinais va vivre 74 ans d'une vie bien remplie et variée. Docteur en droit à 18 ans, il obtient sur concours la chaire rennaise de droit ecclésiastique en 1775. Avocat conseil des états de Bretagne, il est nommé par ses concitoyens de la sénéchaussée de Rennes député du tiers aux états généraux de 1789. Il est choisi comme rédacteur des cahiers de doléances du tiers état pour la sénéchaussée de Rennes. Il apparaît d'abord en faveur d'une monarchie éclairée à l'écoute du peuple contre la noblesse. À Rennes, il est, avec le Rennais Isaac Le Chapelier, créateur du Club breton, membre de la société des amis de la constitution affiliée à la société des Jacobins de Paris. Gallican et de tendance janséniste, élu à la Constituante, il prit une grande part à l'établissement de la constitution civile du clergé et est à l'origine de la laïcisation des actes de l'état civil.

Élu à la Convention nationale avec quatre autres députés d'Ille-et-Vilaine, il y siège à droite, prenant le parti des Girondins contre la Montagne. Au procès de Louis XVI, il se prononça pour la réclusion jusqu'à la paix et, quand la mort eût été votée, il se prononça, ainsi que trois autres députés d'Ille-et-Vilaine, pour le bannissement. Puis il fut très vite hostile à la politique terroriste de Marat Wikipedia-logo-v2.svg et de la Commune de Paris Wikipedia-logo-v2.svg et, dans ses lettres à ses électeurs, il dénonce le complot liberticide que tissent certaines sections de la capitale et plusieurs députés de la Montagne contre la représentation nationale[1]. Le 2 juin 1793, à la Convention, alors que la plupart des membres gardaient le silence, il s'indigne contre la Montagne qui refuse de rapporter le décret cassant la commission des Douze désignée pour enquêter sur les usurpations de la Commune de Paris. Au boucher Legendre lui criant : "Descends ou je vais t'assommer", Lanjuinais de répondre : "Fais décréter que je suis un boeuf et tu m'assommeras." Lanjuinais est arrêté, non sans avoir protesté : "Je vois l'horrible monstre de la dictature ou de la tyrannie, sous quel que nom que ce soit, s'avancer sur des monceaux de ruines et de cadavres, vous engloutir successivement les uns et les autres et renverser la République[2]." Il réussit à échapper au gendarme qui le garde. En rétorsion, on arrête ses deux frères, l'un médecin, l'autre prêtre, une de ses sœurs et sa mère enfermées au Bon Pasteur[3]. Il est déclaré "traître à la Patrie" par la Convention le 28 juillet. Le 23 septembre, Carrier fait prononcer le séquestre de ses biens. En novembre, il divorce pour conserver les biens. Il se cache à Rennes dans un grenier jusqu'en décembre 1794 puis retrouve son siège à la Convention où il défend une politique de conciliation.

Il est élu au conseil des Anciens où il représente son département. Mais non réélu en 1797, il revient à Rennes où il professe à la chaire de législation de l'école centrale de Rennes et il se plaint, en novembre 1799 que la chouannerie rend son école presque déserte[4]. En mai 1800, le voilà sénateur, il approuve le coup d'état du 18 Brumaire mais il vote contre le consulat à vie en 1802 et contre l'Empire en 1804. Il est néanmoins nommé comte de l'Empire en 1808 (!). Il est pair de France sous la première Restauration. En 1814, il vote la déchéance de Napoléon. Pendant les Cent-Jours, il est député de la Seine à la chambre des représentants, dont il est élu président.

Le 6 décembre 1815, il est au nombre des 17 qui se prononcèrent pour la déportation du maréchal Ney, duc d'Enghien, alors que 128 votèrent la mort. À la seconde Restauration, il retrouve son siège à la chambre des Pairs mais se consacre surtout à des cours de droit romain à l'Académie de législation, dont il avait été l'un des fondateurs, et s'adonne avec succès à des études orientales. Il continua à défendre ses idées libérales à la Chambre des Pairs. Il fit toujours preuve d'une vive intelligence mise au service de la justice.


À Rennes, une rue honore sa mémoire.

Notes et références

  1. Histoire de Rennes, sous direction de Jean Meyer, Edouard Privat, éditeur, 1972
  2. Histoire de la Bretagne,t. 2 par E. Durtelle de Saint-Sauveur - librairie Plihon, 1936
  3. Terreur et terroristes à Rennes 1792-1795, par B.A. Pocquet du Haut-Jussé, Joseph Floch imprimeur-éditeur, 1974
  4. Le Régime consulaire en Bretagne, par Louis Benaerts, Edouard Champion, éditeur - 1914

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