Square Sarah Bernhardt

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Le square Sarah Bernhardt à été dénommé par délibération du conseil municipal du 8 Mars 1962. Ce square se situe dans le quartier 12 : Bréquigny.

Biographie de Sarah Bernhardt, artiste dramatique[1]

Sarah Bernhardt en 1890

Henriette, Rosine Bernard est née le 22 Octobre 1844, à Paris dans l'ancien XIIème arrondissement devenu le Vème. D'une mère, Judith Van Hard, juive originaire d'Amsterdam aux Pays-Bas, d'abord lingère qui arrive à Paris en compagnie d'un juif allemand, Etienne Bernard, destiné à être Notaire au Havre et dont elle est enceinte. Son père va la reconnaître et partir après avoir assuré une pension à sa fille qui va être finalement appelée Sarah. Très rapidement sa mère devient une courtisane, installée à Neuilly.

Très jeune, elle est confiée à une nourrice bretonne, près de Quimperlé et voit très peu la famille. Jusqu'à l'âge de 4 ans elle ne connaît que le breton.

Sarah et sa famille nourricière sont invitées à venir habiter à Neuilly, mais le mari décède et la nourrice épouse un concierge. Sarah qui vit avec le couple se retrouve confinée dans un entresol sans lumière, pendant que sa mère voyage. Sarah est ensuite placée en pension à Auteuil, où en deux ans, elle reçoit deux fois la visite de sa mère qui maintenant se fait appelée Mme Bernhardt. Sarah est ensuite envoyée dans un couvent à Versailles, où elle demande à être baptisée. La vie en communauté n'est pas sans lui déplaire et elle envisage même de prendre le voile. Au couvent lors d'une représentation théâtrale elle est remarquée, par un ami de sa mère, pour son interprétation et lui suggère de se lancer dans une carrière artistique. L'amant d'une de ses tantes, le duc de Morny, un ami de sa mère dont on dit qu'il pourrait être son père, lui paie son éducation, elle fait de la sculpture, de la peinture et à 16 ans, elle obtient un prix à l'Académie des Beaux-Arts.

En 1859, elle entre au Conservatoire et va obtenir un second prix de comédie. A 20 ans, Sarah fait la connaissance de Charles, Joseph, Eugène, Henri Lamoal, Prince de Ligne (Belgique), avec qui elle va avoir son unique enfant, Maurice Bernhardt. Elle entre ensuite à la Comédie Française mais va être renvoyée un an plus tard pour avoir giflé une autre actrice.

Sarah Bernhardt se lance alors dans le vaudeville, d'abord au théâtre du Gymnase, puis au théâtre de l'Odéon où elle va être révélée en jouant, Le Passant, une pièce de François Coppée, un poète, dramaturge.

En 1870, durant la guerre Franco-Allemande, Paris est assiégée et Sarah transforme le foyer du théâtre en hôpital et fait installer une soixantaine de lits pour les soldats blessés. Elle va même y soigner le futur Maréchal Foch, qu'elle retrouvera ensuite dans les tranchées de la Marne quarante ans plus tard.

Le succès va ensuite lui sourire, après ses interprétations dans la pièce de Racine, Phèdre et celles de Victor Hugo Ruy Blas et Hernanie, celui-ci va la surnommer "La Voix d'Or". Suite a ses succès elle est rappelée à la Comédie-Française. Elle joue Racine, Beaumarchais, Voltaire, Dumas, de Musset, etc. En 1880, elle démissionne de la Comédie, fonde sa propre compagnie et jusqu'en 1917, va faire fortune dans des tournées à travers le monde : Londres, Copenhague, la Russie, les Etats-Unis, etc. En 1882, à Londres, elle se marie avec Aristides Damala, un acteur d'origine grecque, mais la relation ne va pas durer très longtemps car il est toxicomane; mais Sarah va rester sa femme jusqu'à sa mort sept ans plus tard.

Durant ses tournées elle va jouer des pièces de nombreux auteurs classiques mais aussi contemporains comme Jean Richepin, Victorien Sardou, Octave Mirbeau, etc. mais aussi des pièces qu'elle écrit elle-même comme l'Aveu. En 1891, elle commande une pièce à son ami Oscar Wilde, Salomé, dont elle va interpréter le rôle titre. A Paris en 1893, elle prend la direction du Théâtre de la Renaissance, puis du Théâtre des Nations qu'elle va rebaptiser Théâtre Sarah Bernhardt[2].

En 1894, après une tournée triomphale à Rio-de-Janeiro, en compagnie d'un ami très proche, le peintre Georges Clairin (qui a fait de nombreux portraits d'elle), elle découvre Belle-Ile-en-Mer dans le Morbihan, dont elle tombe immédiatement amoureuse. Elle a le coup de foudre pour le site sauvage de la pointe des Poulains et fait l'acquisition d'un petit fort militaire désaffecté et pendant 29 ans elle va venir se ressourcer dans cette propriété où elle a dépensé beaucoup d'argent pour son aménagement intérieur comme extérieur, allant jusqu'à faire creuser un puits pour arroser ses plantes et un bassin pour lequel elle fait venir des grenouilles du continent pour pouvoir les entendre croasser le soir.

Après la parution du "J'accuse" d'Emile Zola avant le second procès du Capitaine Alfred Dreyfus, à Rennes, en 1899, Sarah Bernhardt, qui ne renie pas ses origines juives, prend fait et cause pour Dreyfus. Ce qui va lui valoir des critiques et une virulente campagne antisémite avec des caricatures la nommant Sarah Barnum.

Sarah Bernhardt se spécialise dans les rôles de travesti, ce qui va inspirer en 1900, Edmond Rostand pour sa pièce l'Aiglon, dont elle à déjà joué La princesse lointaine, et dont elle jouera Cyrano de Bergerac. Depuis 1895, les frères Lumière sont les inventeurs d'une nouvelle technologie, le cinématographe. Donc très rapidement pour le cinéma, qui est encore muet, on fait appel aux services de Sarah Bernhardt. Elle réalise un premier enregistrement audio avec Gianni Bettini, un ancien militaire italien vivant au Etats-Unis. En 1903, elle rencontre à New-York, Thomas Edison qui lui fait enregistrer Phèdre, sur un cylindre. La petite histoire dit qu'elle se serait évanouie en réécoutant l'enregistrement.

En Janvier 1914, elle reçoit la Légion d'Honneur et presque un an plus tard, en Mars 1915, elle est à Bordeaux lorsqu'on est obligé de l'amputer d'une jambe[3] en raison d'une tuberculose au genou contractée suite à un saut effectué par-dessus un parapet, onze ans plutôt, dans le final de La Tosca, de Victorien Sardou. Cela ne va pas l'empêcher désormais de jouer assise, pas plus que cela le l'empêche d'aller voir les poilus pour les soutenir, sur le front de l'Est.

A 79 ans, pour éponger ses dettes elle tourne le film La Voyante des réalisateurs Léon Abrams et Louis Mercanton, d'après un scénario de Sacha Guitry, avec Harry Baur, Mary Marquet, etc. Elle ne va pas finir le tournage car elle va mourir d'une infection, dans les bras de son fils Maurice le 26 Mars 1923, dans son hôtel particulier du 17ème arrondissement de Paris. Le film sera terminé grâce à une doublure qui tourna des scènes de dos. Sarah Bernhardt n'eut pas d'obsèques nationalles mais furent suivies par une foule nombreuse. Elle est inhumée au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Sarah Bernhardt a joué dans plus d'une centaine de pièces, tourné une douzaine de films et écrits sept pièces ou mémoires.

Sur la carte

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Lien externe

Écouter la rubrique de Joël David sur France Bleu : https://www.francebleu.fr/player/export/reecouter/emission?content=2c5eeaf9-055e-45ad-b3a3-1b28d65c67ee

Note et références

  1. à partir de la notice rédigée par Joël DAVID, chargé d'odonymie à la Ville de Rennes, Rennes Métropole
  2. Théâtre Sarah Bernhardt : sous l'occupation en raison des origines juives de la comédienne il va devenir Théâtre de la Cité, à la Libération il reprend son nom d'avant-guerre. En 1957, redevient le Théâtre des Nations et en 1968, il prend le nom actuel de Théâtre de la Ville.
  3. Cette jambe fut conservée dans du formol durant plus de 90 ans dans un laboratoire de la Faculté de Médecine de Bordeaux.