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Allée Coysevox

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L'allée Coysevox est une impasse privée, axée sud-nord, branchée sur la rue d'Échange dans le quartier 1 : Centre.

Cette voie est sur l'ancienne emprise du jardin des Jacobins et comporte des maisons avec jardins, la dernière à l'ouest, datée de 1660, étant une ancienne dépendance du couvent.

Il s'agit d'une voie dénommée impasse par délibération du conseil municipal du 22 juillet 1960 puis allée par délibération du conseil municipal du 2 juin 1986.

Antoine Coysevox

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(19 septembre 1640, Lyon - 10 octobre 1720, Paris)

Un sculpteur bien en cour

Sculpteur, son talent se manifeste dans la décoration du château de Saverne. En 1671, il est reçu à l'Académie royale de peinture et de sculpture de Paris, le 28 janvier 1679, avec un superbe buste du peintre Charles Le Brun.

Il contribua à partir de 1670 à l'embellissement de l'intérieur du château de Versailles. Il est l'auteur des sculptures du château de Marly, avec son chef-d'œuvre des chevaux élaborés pour le parc. Après 1702, Coysevox, nommé directeur de l'Académie royale de peinture et de sculpture, travailla aux grands chantiers du règne de Louis XIV : le château de Versailles et l'hôtel des Invalides.

Antoine Quoyseveau[1] est baptisé le 29 septembre 1640, dans la paroisse de Saint-Nizier à Lyon (69), fils de Pierre maître menuisier. Celui-ci originaire de Dampierre-sur-Doubs, en Franche-Comté, alors province espagnole réunie à la France par Louis XIV en 1678. Pierre Quoyseveau s'est installé en 1636, à Lyon où il se marie à près de cinquante ans à une lyonnaise, Ysabeau Morel, qui lui donne plusieurs enfants. Après une dure vie de labeur, il décède presque centenaire.

Antoine apprend à travailler le bois dans l'atelier paternel et sculpte le bois avec deux maîtres lyonnais qu'il surpasse bientôt. A dix-sept ans, Pierre envoie Antoine à Paris, travailler dans les meilleurs ateliers de sculpteur. Il complète ses connaissances auprès de Louis Lerambert, dont il épouse la nièce, Marguerite, fille d'un peintre du roi, le 18 janvier 1666, qui décède en accouchant dix mois plus tard. Antoine console son chagrin dans un travail acharné. Il va au château des Rohan à Saverne, puis revient à Paris et Versailles et créé des chefs-d'œuvre. Le 11 avril 1676, il est admis à l'Académie de peinture et de sculpture.

Antoine Coysevox décide de retourner à Lyon pour fonder une école gratuite de dessin. Avec le peintre qui s'illustra en décorant l'Hôtel de Ville, il tente de réaliser son projet, tout en réalisant des sculptures pour de riches clients. En 1677, Antoine Coysevox épouse Claude Boudry, sœur d'un de ses élèves, qui lui donnera treize enfants. Le Consulat n'ayant pas voté les fonds nécessaires à l'entretien de l'école de dessin, Antoine Coysevox, découragé reprend le chemin de la capitale. Le couple s'installe aux Gobelins, dans un hôtel racheté par le roi. Colbert avait proposé au roi d'y installer les meilleurs teinturiers, peintres, graveurs, orfèvres, lapidaires, ébénistes, statutaires et fondeurs chargés de dessiner et d'exécuter les meubles, les tentures, les statues et ornements de toute sorte destinés aux palais et jardins royaux.

En 1698, un brevet royal loge Coysevox au Louvre, mais vu le nombres d'enfants cette demeure se révèle être bientôt insuffisante, une seconde demeure lui est accordée, rue du Chantre, par un autre brevet royal en 1715.

Dans la pierre, le marbre, le bois ou le plomb, Coysevox a semé partout des chefs-d'œuvre, notamment près d'une centaine de statues, bustes ou monuments funéraires. Les effigies du roi Louis XIV, sont nombreuses, comme à Versailles, à Rennes, à Notre-Dame-de-Paris etc. A Rennes la statue équestre de Louis XIV qui était d'abord destinée à la Ville des Nantes fut inaugurée en 1726, sur la Place du Parlement de Bretagne. Cette statue sur un piédestal avait été votée en 1685 et installée après l'incendie de Rennes en 1720. L'ouvrage atteignait 5 mètres de hauteur, la statue fut déboulonnée pendant la Révolution, déposée dans le cimetière Saint-Germain, puis envoyée aux Forges de Paimpont pour être fondue. Les bas-reliefs sont conservés au Musée de Bretagne.

Antoine Coysevox ne verra pas sa statue de Louis XIV sur la place du Parlement de Bretagne, car il décède à Paris le 10 octobre 1720.

Louis XIV à cheval, en sa place de Rennes

Il avait exécuté, en 1692 et 1693 à Paris, une statue équestre en bronze du roi Louis XIV commandée par les Etats de Bretagne pour la ville de Nantes. Acheminée à Nantes en 1713, elle fut transportée à Rennes en 1715 et installée au centre de la place royale du Parlement de Bretagne, seulement en 1726, le 26 juin. Avec son piédestal de marbre blanc sur deux marches, elle atteignait cinq mètres de hauteur. Pendant la Révolution, la statue, d'abord déposée au cimetière de l'église Saint-Germain en 1792, fut envoyée aux forges de Paimpont et fondue pour fournir matière à des boulets de canon. Les deux bas-reliefs en bronze à la cire perdue qui ornaient les longs côtés du piédestal furent attribués, dès 1794, au musée des Beaux-Arts de Rennes. L'un représente la France triomphante sur la mer, l'autre figure la Bretagne offrant à Louis XIV le projet de sa statue équestre et reproduit dans sa composition l'ensemble de la statue.

Un dicton populaire rennais du 18e siècle se référait au cheval de la statue et faisait dire d'un homme têtu :" Plutôt que de le convaincre on ferait faire un pet au cheval de bronze".[2]

Sur la carte

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Références

  1. à partir de la notice rédigée par Joël DAVID, chargé d'odonymie à la Ville de Rennes, Rennes Métropole
  2. Le Vieux Rennes, par Paul Banéat, J. Larcher, éd. -1911

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