Général Marcel Allard
général Marcel Allard
Responsable de l'Armée Secrète en Bretagne
(7 mars 1884, Fontainebleau, Seine-et-Marne - 3 octobre 1966, Roquefort-Les-Pins, Alpes-Maritimes)
Un combattant
Né d'un père officiel, sorti de Saint-Cyr dans les chasseurs à pied, Marcel Allard fut muté ensuite dans l’artillerie, où il fit sa carrière. A 23 ans, alors sous-lieutenant en garnison à Rambervilliers, il fit la connaissance de Marguerite Guillerez, qu’il épousa en 1907. En 14-18, à Verdun et au Chemin des Dames, il gagna quatre citations. Au terme des hostilités, il sortit major de l'École de guerre en 1921. En 1929, il était nommé à Rennes, puis à Trève et Haguenau, puis fut affecté au Centre des Hautes Etudes militaires. Le 19 juin 1939, il est nommé à Strasbourg pour commander l’artillerie divisionnaire de la 43e Division d’infanterie. Quand la guerre fut déclarée en septembre, il est toujours à ce poste, mais il est muté au 18e Corps d’Armée à Laon, puis à la 18e Division d’infanterie dans les Ardennes jusqu’au 1er juin. Du 10 au 23 mai 40, dit une citation, il réussit à tirer le meilleur parti de son artillerie puis au cours des combats en retraite, il rallia autour de lui les éléments épars afin de continuer la résistance. Il se replie fin mai après l'offensive allemande dans les Ardennes. Le 19 juin 1940, il était promu général de brigade à titre temporaire et fut le même jour blessé au bras droit par un éclat de bombe.
De Vichy à la Résistance
Le 6 juillet, le général Weygand lui confie le poste de commandant d’armes de la place de Vichy. En 1942 il est pressenti par le général Delestraint[1] pour faire partie de l’Armée secrète en Bretagne. C’est Peut-être en vue de cette prise de fonction il est nommé directeur adjoint de la Défense passive à Paris, poste fictif lui donnant des raisons de voyager. Marcel Allard se retire avec sa femme Margueritte, épousée en 1907, en Bretagne, dans leur propriété de Messac, et leur résidence secondaire d’Etables, non loin de Saint-Brieuc. Madeleine, sa belle-fille, arrive à Messac en juin 1943, avec ses deux enfants, après avoir tenté de rejoindre son mari le lieutenant Henri Allard, muté en Indochine en décembre 40. Le général est entré dans l’Armée Secrète en mai 1943.
Sa présence était souhaitée à Londres. L’aviso qui devait l’amener des côtes bretonnes en Angleterre a été pris dans le brouillard, si bien qu’il dériva. Au lieu de se trouver à l’endroit prévu, où le Père attendait avec un petit groupe, pieds nus sur les rochers en plein hiver, le petit navire de guerre se retrouva sous le feu des batteries allemandes et il repartit. Une tentative du réseau VAR de l'exfiltrer vers l'Angleterre échoua à Noël 1943 : devait débarquer un groupe mixte de six agents du SOE (dont deux femmes) sur la plage de la Fresnaye et il était prévu de récupérer neuf passagers pour l'Angleterre, parmi eux, un membre de la RAF et cinq aviateurs américains, ainsi que le général Allard avaient été assemblés à la villa de la famille Sicot des Feux-Follets. Cette opération SOE Jealous III fut abandonnée après que le MGB 502 , ayant dû opérer une approche en profondeur dans la baie jusqu'à la hauteur de la pointe du Châtelet, eût été repéré depuis la côte par les Allemands du blockhaus des Corbières et pris pour cible à la lumière de fusées éclairantes[2].
Le général Allard reçut le commandement de la région Bretagne, sous les ordres du général Audibert[3]. Multipliant ses déplacements clandestins, il continue à résider aux Hautes Folies, avec son épouse Marguerite et la famille d’Henri, jusqu’au 30 novembre 1943, où de justesse à l'arrestation, se faisant passé pour son jardinier. Le lendemain matin, son épouse Marguerite Allard et Madeleine (1918-2004), sa belle-fille, sont arrêtées et seront déportées et la première ne reviendra pas[4] [5], tandis qu'il entre dans la clandestinité. Au printemps 1944, il est muté en Normandie mais sera rappelé à Rennes après la Libération et nommé commandant de la XIe Région Militaire[6]. Il s'emploie à désarmer la Résistance pour assoir l’autorité républicaine et à transférer les effectifs vers la nouvelle armée qui combat notamment sur le front des poches de Lorient et de Saint-Nazaire. Nommé au grade de général de Division en novembre 1944, il est Grand Officier de la Légion d’honneur et prend sa retraite à 62 ans le 16 février 1946[7] [8].
Références
- ↑ square Général Charles Delestraint
- ↑ Oscar Buckmaster, un réseau de Résistance en Haute-Bretagne, pp. 223,224 Daniel Jolys, imp. Reuzé, Martigné-Ferchaud - Nov. 2022
- ↑ rue Général Audibert
- ↑ https://www.mediatheque-cesson-sevigne.fr/Default/doc/SYRACUSE/299497/la-boite-rouge-retrouvee-recit-de-captivite-le-general-marcel-allard-marguerite-allard-madeleine-all?_lg=fr-FR
- ↑ Le dernier train de résistants déportés et militaires prisonniers quitte Rennes juste avant la libération
- ↑ Aline et Marie-José Jestin
- ↑ Ouest-France, 14 février 1946
- ↑ http://enenvor.fr/eeo_actu/wwii/un_heros_tres_discret.html