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Exposition "Histoire(s) de Rennes"
Wiki-Rennes en photos 15/12/25 au 24/01/26 au 360.

Hôtel des mines

De WikiRennes
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Temple de Junon Moneta (en latin : Aedes Iunonis Monetae) construit sur le Capitole à Rome
Zecca de Venise, l'Hôtel des Monnaies
Voyages des Mers du Sud entrepris par Jean-Baptiste de Gennes en 1695, 1696 et 1697."
Planche extraite du manuscrit De Robien : Coupe et élévation de la mine de Pont-Péan telle qu'elle était le 2 juillet 1735.
Relief du temple de Junon Moneta (en latin : Aedes Iunonis Monetae) construit sur le Capitole à Rome

A l'instar de l'Hôtel des Monnaies de Rennes dont la construction, Rue de la Monnaie fut commencée en 1728, l'Hôtel des Mines est un projet destiné à encourager le commerce de métaux précieux qui a émergé deux ans plus tard en 1730, en s'appuyant sur le développement de la Mine de Pont-Péan. Cette mine de plomb argentifère d'Europe fut la plus importante de la fin du 19ème siècle[1].

On ne connaît rien de précis sur l’origine de la fabrique des Monnaies, à Rennes, avant 1720. Toutefois, bien avant cette époque on y battait monnaie. L’établissement destiné à cette opération devait être situé sur un terrain dépendant de la Porte mordelaise, près l’ancien hôtel de ville (aujourd’hui l’école d’artillerie) à l’endroit où il existait un temple de Junon Monète, destiné à conserver l’or et l’argent monnayés.

De la Méditeranée aux océans lointains : la genèse d'une ambition minière et monétaire transportée en Bretagne

Les métaux : sources de monnaie

Venise, bien que n'étant pas une puissance minière elle-même, a dominé le commerce des métaux précieux (surtout l'argent) en Europe médiévale et Renaissance, s'approvisionnant via ses liens avec l'Empire Romain Germanique (mines du Tyrol) et ses routes commerciales vers l'Asie.

Monnaie : le modèle de Venise

L'argent importé permettait à la Zecca (l'Hôtel des Monnaies) de frapper des monnaies de haute qualité (comme le tornesello), qui étaient très recherchées et généraient des profits.

Concurrence et contrôle : Venise a utilisé son contrôle sur les flux d'argent pour affaiblir ses rivaux (comme Milan) et sécuriser son propre système monétaire, intégrant l'extraction minière à sa stratégie géopolitique.

Les mécanismes vénitiens

  • L'Arsenal : Ce chantier naval, presque industriel, symbolise la capacité vénitienne à transformer les ressources (bois, fer, métal) en puissance maritime.

Système de l'« Incanto » : Ce système d'enchères pour les galées commerciales permettait aux marchands de financer collectivement les expéditions, assurant le transport des biens, y compris les métaux.

  • Commerce et monopole : Venise contrôlait le sel, les épices et aussi les flux d'argent, créant un empire commercial organisé, soutenu par l'État, faisant de la ville un centre financier majeur.

L'intérêt des Mers du Sud par le Duc de Chaulnes, protagoniste de la Révolte du papier timbré à Rennes

Premier explorateur français du détroit de Magellan, Jean-Baptiste de Gennes dont la famille de Gennes était installée à Gennes-sur-Seiche (arrondissement de Fougères) a proposé en 1695 d'établir une base française sur la côte du Pacifique de l'Amérique du Sud pour conquérir les mines d'argent du Pérou.

Cette première tentative vers les Mers du Sud est un semi-échec. Une société comprenant 85 actionnaires était formée à la Cour dont le Duc de Chaulnes, Vauban, Villars, et le duc de Nevers, la princesse de Conti, la marquise de Montespan, a recueilli 183 833 livres tournois.

Les débuts à Pont-Péan de l'entreprise de Noël Danycan de l'Épine de 1730 à 1796

Mine de plomb argentifère concédée le 21 février 1730 au riche négociant malouin Danycan de l'Epine qui fonde la Compagnie des Mines de Bretagne et du Bourbonnais.

En 1740, l'extraction s'organise plus rationnellement et le traitement métallurgique s'effectue sur place, mais il faut attendre les années 1760 pour que l'exploitation fonctionne régulièrement.

La mine est confrontée à un problème récurrent lié à la nature du gîte en plaine dans des terrains régulièrement inondables situés à proximité de la Seiche.

Il en résulte des menaces constantes d'effondrement des galeries obligeant à un soutènement important, ainsi qu'un coût élevé de dépenses réalisées pour assurer une fourniture correcte en énergie et de bonnes capacités d'exhaure.

Malgré différentes interventions, dont celle de l'ingénieur Laurent à l'origine d'aménagements hydrauliques spectaculaires ayant permis d'atteindre 120 m de profondeur en 1794, l'exploitation se trouve une nouvelle fois confrontée à l'incapacité à résoudre ce problème technique.

La mine ferme ses portes vers 1796.

Après une interruption de près de cinquante ans, elle repart difficilement sous l'impulsion d'un ingénieur anglais, J. Hunt, en 1844.

De 1854 à 1879, les travaux sont menés par la société en commandite pour l'exploitation de la mine de Pont-Péan.

En 1880, sous l'impulsion d'Edgar Le Bastard et de l'ingénieur belge C. Heloy, directeur de la mine, elle se transforme en société anonyme.

Ses bons résultats et la qualité des membres du conseil d'administration permettent de drainer vers la société l'épargne de nombreux actionnaires.

Jusqu'au début du XXe siècle, la mine de Pont-Péan est le principal site d'extraction de plomb argentifère du territoire avec une production atteignant 200 000 tonnes de métal.

Elle cesse son activité en 1905.

En 1876, les anciennes machines d'épuisement anglaises sont remplacées par une machine Cornwall de 220 ch et une machine Cockerill de plus de 1000 ch. En 1893, mention de dix-huit machines à vapeur de 20 à 1500 ch actionnées par vingt et une chaudières à vapeur.

A la fin du XIXe siècle, la mine emploie en permanence quelque neuf cents ouvriers.

Pays de Rennes et Exeter, un héritage minier transmanche

Ce travail de recherche est mené à l'occasion du 70eme anniversaire du jumelage Rennes Exeter au Royaume-Uni (année 2026). En juin 2025, des Rennais sont allés aux USA Rochester avec le comité de jumelage Rennes Rochester pour commémorer le passage de La Fayette il y a 200 ans à Rochester, étape dans son parcours des États-Unis.

L'École des Mines de Camborne (CSM), institution de renommée mondiale spécialisée dans les sciences minières et de la Terre, fait désormais partie de l'Université d'Exeter en Cornouailles. Elle propose des diplômes en génie minier, géologie, géophysique et autres disciplines, formant des spécialistes pour les secteurs mondiaux de l'énergie, des ressources et du bâtiment. Bien qu'Exeter ne soit pas une ville minière historique comme Camborne, la CSM apporte à l'Université d'Exeter une expertise mondiale dans le domaine minier, couvrant tous les aspects, de l'extraction et du traitement des minerais à la gestion environnementale et à l'automatisation des processus miniers.

Inscrit à l'UNESCO[2], le paysage des Cornouailles et de l’ouest du Devon s’est en grande partie transformé au XVIIIe et au début du XIXe siècle dans le sillage de l’essor rapide de l’exploitation minière du cuivre et de l’étain. Les profondes mines souterraines, les bâtiments des machines, les fonderies, les villes nouvelles, les petites propriétés, les ports et leurs industries associées reflètent le prolifique esprit d’innovation qui fut le moteur de ce développement industriel, qui produisait au début du XIXe siècle les deux tiers du cuivre mondial.

Les nombreux vestiges attestent de la contribution des Cornouailles et de l’ouest du Devon à la Révolution industrielle dans le reste de la Grande-Bretagne, et de l’influence fondamentale de cette région sur l’ensemble du monde minier. La technologie des Cornouailles qu’incarnent les machines, les bâtiments qui les abritent et l’équipement minier fut exportée dans le monde entier. Les Cornouailles et l’ouest du Devon furent au cœur de la diffusion rapide de la technologie minière[3].