Immigration rennaise et mayennaise en Afrique du sud

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L'immigration rennaise et mayennaise vers l'Afrique du sud est un travail de recensement mené à partir des années 1900 marquées par un contexte géopolitique et médiatique du début du XXè siècle, où les colonnes de l'Ouest Éclair expriment une ligne éditoriale en faveur des Boers (du néerlandais passé en afrikaans « boer », « paysan »). Aussi, les Boers en Afrique du sud ou en Argentine étaient des agriculteurs pionniers venant des Pays-Bas mais aussi de France.

Une délibération municipale du 9 juin 1900 de la ville de Rennes s'engage en faveur de la nomination du Boulevard Villebois-Mareuil(colonel français connu pour son engagement aux côtés des Boers contre l'armée britannique lors de la seconde guerre des Boers). Le caractère exalté et romanesque de cet officier mort en Afrique australe, dont les ancêtres s'étaient illustrés à la bataille de Bouvines en 1214, fut l'une des nombreuses sources d'inspiration pour le personnage de Cyrano, fut l'une des nombreuses sources d'inspiration pour le personnage de Cyrano, dans la pièce Cyrano de Bergerac. En effet Edmond Rostand l'avait bien connu, car il était un cousin de Paule Estrangin, la femme de Villebois-Mareuil.

Son frère, Christian de Villebois-Mareuil, fut maire de la commune de Grez-en-Bouère, et député de la Mayenne, dans un contexte marqué par l'Immigration rennaise et mayennaise en Afrique du sud.

La diffusion du nom De Villebois-Mareuil dans l’odonymie rennaise : le reflet équivoque et héroïsant d’une volonté populaire et politique

La dénomination odynomique reflète ici plusieurs motivations[1] :

« Que la mort de Villebois-Mareuil rappelle d'une façon frappante l'admirable intervention de Lafayette, Rochambaud... pour affranchir l'Amérique du joug anglais »

La bonne cause, la solidarité et l'anti-colonialisme

De la dénomination odynomique à l'immigration sporadique

Les campagnes précédentes n’ont certes pas mis Villebois-Mareuil en contact conflictuel avec l’Angleterre, mais ce militaire de longue tradition familiale anglophobe a ressenti Fachoda (1898) comme une humiliation.

Le Carnet de campagne du colonel de Villebois-Mareuil : journal de bord d’un « volontaire »

L'étude des paysages

Commençons par les paysages, qui l’incitent rarement à la contemplation :

  • […] nous nous trouvons en face du drift [gué] le plus poétique que j’aie vu ici : à droite, sous d’épais ombrages, s’en vient la rivière, qui passe une petite barre de rochers noirs ; à gauche, elle s’élargit entre de superbes saules et, malgré l’agitation d’hommes et d’animaux dont sont couvertes ses rives, dans son encaissement, elle garde une apparence de retraite mystérieuse, emplie d’oiseaux. En face, un troupeau de bœufs roux et noirs sort lentement de s’abreuver et remonte la berge. (173-174)

Le plus souvent, le colonel pose le regard prédateur de l’homme occidental sur la nature (cultures, ressources en eau, gibier à chasser)[2].

Villebois-Mareuil prétend partager avec Autrichiens, Hollandais, Irlandais, Russes et Allemands, établis en Afrique australe ou récemment arrivés à l’occasion de la guerre, la complicité d’une formation militaire et de valeurs européennes d’intelligence, de courtoisie et d’excellente nourriture

Il lui arrive de nuancer son admiration :

  • […] je prétends que les Boers sont restés avec les idées libres et militaires des anciens gentilshommes, naturellement soldats et hostiles à toute gêne, à tout impôt, égalitaires entre eux, mais aristocratiques à l’égard des étrangers (66-67)

D’autres Français, entrepreneurs ou religieux, recueillent son estime pour leur hospitalité et leur contribution à l’image positive de la France qu’ils propagent selon lui.

Les Boers ont toujours sur le cœur la révocation de l’Édit de Nantes ; toute réaction contre les protestants leur est cruelle ; mes nouveaux amis y ont fait allusion à propos de l’affaire Dreyfus. Il est assez difficile de leur faire admettre qu’il y a une différence considérable entre les protestants étrangers qui se sont introduits en France et nos protestants français, différence qu’on ne fait pas assez chez nous […] (32).

L’intérêt de Villebois-Mareuil pour les nouveaux moyens de combat et de destruction annonciateurs de la première guerre mondiale

Le Carnet reflète d’abord l’intérêt de Villebois-Mareuil, passé par l’École supérieure de guerre, pour les nouveaux moyens de combat et de destruction annonciateurs de la première guerre mondiale : trains blindés, estafettes cyclistes, balles dumdum35, services de santé, de télégraphe et du renseignement, ainsi que mitrailleuses Maxim et pièces d’artillerie lourde pour les troupes anglaises, canon du Creusot et fusil Mauser36 pour les Boers (124, 161, 251).

Très vite il se désole : « […] c’est la guerre immobile, celle d’il y a deux cents ans, car tout est antique dans les idées comme dans les procédés des Boers » (83). Il n’estime guère leurs chefs37, qui font le choix de la défense, non de l’attaque, afin d’épargner les hommes : « les Boers ne veulent absolument qu’une guerre avec le moins de casse possible » (90) car les généraux songeraient à leur carrière politique (65, 70, 354). Il subodore le népotisme des grandes familles boers (140)38.

De plus, il déplore les délibérations d’officiers démocrates qui interdisent les décisions rapides que nécessite une guerre de mouvement servie par un commandement hiérarchique (qu’il préconise). Enfin il rage contre l’absence de prévision : indifférence des Boers aux cartes géographiques, amateurisme du ravitaillement, du renseignement, absence des reconnaissances, de la garde de contact (au plus près des positions anglaises), minceur des lignes de défense (passim).

Il reconnaît cependant que les Boers sont de remarquables cavaliers et tireurs (même s’ils gaspillent leurs munitions) (297). Il ne met pas en doute leur patriotisme et admire leur générosité envers leurs adversaires prisonniers ou blessés.

« L’Angleterre devant l’Europe » dans Le Figaro, reproduit dans La Dépêche coloniale du 8 novembre (...)

Toute la droite colonialiste n’était pas favorable à l’intervention de la France dans la guerre des Boers, préférant la consolidation à l’aventure ; ainsi Eugène Étienne, chef du parti colonial à l’Assemblée, récuse-t-il d’avance l’entreprise de Villebois-Mareuil quand il écrit l’article suivant :

  • "Ah ! certes, il n’appartient pas à notre pays d’être l’éternel don Quichotte de l’Europe ; il a versé trop de son sang pour la sauvegarde des autres, pour qu’il soit encore – quelque douleur qu’il éprouve d’assister inactif à cet horrible duel – le champion de la cause transvaalienne […]. Mais si la France ne peut et ne doit pas intervenir dans ce sanglant conflit, n’a-t-elle pas des intérêts à défendre, des droits à faire respecter."