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Rue Pierre Gerbier

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La rue Pierre Gerbier se situe dans le quartier 4 : Saint-Martin. Cette voie fut dénommée par délibération du conseil municipal de la Ville de Rennes le 7 février 1983[1].

Le nom de Gerbier avait déjà été donné en 1862, à une rue aujourd'hui disparue, mais qui joignait jusqu'au réaménagement du secteur du Pré Perché dans les années 1970-1980 - avec notamment la construction de l'ancien siège du Crédit Agricole d'Ille-et-Vilaine - la rue du Puits Mauger à la rue Tronjolly.

Cette voie rend hommage à :

Pierre, Jean-Baptiste Gerbier

Buste de Pierre-Jean-Baptiste Gerbier, conservé au musée du Barreau de Paris (de Wikimedia Commons)
Le jurisconsulte Gerbier (Archives de Rennes. 100FI747)

Avocat et juriste rennais

(29 juin 1725, Rennes - 26 mars 1788, Paris).

Son père, avocat du parlement de Bretagne, appela de Hollande des précepteurs pour son éducation. Pierre Jean-Baptiste ne devint toutefois avocat qu'à 28 ans et montra une rare éloquence dans diverses causes célèbres : celle des enfants Simonne, défendant leur état contre les créanciers de leur père ; celle des frères Lyoncy contre les jésuites, poursuivis comme garants des lettres de change souscrites par le père Lavalette pour une somme de 1 500 000 livres ; celle du comte de Bussy contre la Compagnie des Indes ; celle des sieurs de Queyssac, trois frères, tous trois officiers, contre le sieur Damade, négociant : s’étant battus en duel, ils s’accusaient réciproquement d’assassinat ; celle du testament de l’abbé Desfiltières, attaqué comme contenant et continuant le fidéi-commis de l’abbé Nicole en faveur des jansénistes : cause dans laquelle Gerbier fit un panégyrique très éloquent de l’illustre maison de Port-Royal.

La statue de Gerbier devant le Palais du Parlement

Car ce grand avocat et jurisconsulte rennais fut aussi avocat au parlement de Paris à partir de 1745. Pendant l’exil et l’interrègne du Parlement sous le chancelier Maupeou, Gerbier fut du nombre des avocats qui se laissèrent séduire par le chancelier et qui plaidèrent à la commission remplaçant le parlement de Paris. Le souvenir et le ressentiment de cette défection s’attachèrent à lui lorsqu’il reparut au barreau, devant le Parlement réinstallé en 1774. Le Parlement laissa éclater son hostilité contre Gerbier, en le mettant hors de cour.

Gerbier était alors sur le point d’obtenir une place chez le comte de Provence, futur Louis XVIII ; place qu'il avait sollicité, dégoûté du barreau. Monsieur se laissa émouvoir de tout ce bruit accusateur qui s’élevait contre son protégé ; il lui demanda de se justifier avant de lui délivrer les lettres patentes l’attachant à sa personne. Gerbier écrivit son mémoire avec beaucoup de goût et de modération, et se justifia aisément aux yeux du prince, qui lui délivra ses lettres patentes. Mais tout le monde ne fut pas aussi vite convaincu : les ennemis de Gerbier s’efforcèrent de tourner contre lui-même son mémoire justificatif et firent courir force petits vers satiriques sur son compte.

A l’exception de quelques ennemis acharnés, il conserva toujours l’estime de l’ordre des avocats, qui l’élut bâtonnier en 1787. Gerbier ne survécut que de quelques mois à ce dernier témoignage, se faisant soigner uniquement par magnétisme[2].

Une des quatre statues de la place du Parlement de Bretagne le représentait.

Sur la carte

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Références

  1. Délibérations municipales, Archives de Rennes
  2. La France Pittoresque, personnages, biographie 13/01/2010