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Rue Youenn Drezen

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La rue Youenn Drezen se situe dans le quartier 6 : Jeanne d’Arc - Longs-Champs - Beaulieu entre l'allée Morvan Lebesque et la rue de Fougères. Cette voie fut dénommée par délibération du conseil municipal de la Ville de Rennes le 22 juillet 1985[1], bien avant la redécouverte à la fin du XXe siècle de ses écrits antisémites en breton, à la faveur des travaux d'universitaires, qui aujourd'hui interpellent fortement.

Cette voie rend hommage à Youenn Drezen, écrivain breton (14 septembre 1899, Pont-l'Abbé - 15 février 1972, Lorient)

Yves Le Drézen réalise son service militaire à Rennes dans le 505e régiment de chars. Il débute sa carrière de journaliste débute en 1924, en entrant à la rédaction brestoise de l'hebdomadaire bilingue "Le Courrier du Finistère" et prend son patronyme breton.

Démobilisé en 1940, il écrit des chroniques littéraires ou politiques dans le journal du parti national breton "L'Heure Bretonne", dans "La Bretagne" et dans "Arvor", hebdomadaire qu'il dirige en 1943-1944. Il crée plusieurs pièces radiophoniques comiques pour la radio bilingue Radio Rennes - Bretagne. Il écrit environ 300 chroniques pendant la guerre, 90 % d'entre elles sont consacrées à l'actualité littéraire et artistique. Le reste concerne le vécu de la guerre et comporte des analyses contestables et parfois des « propos dérangeants » qui montrent une certaine porosité à la propagande du régime de Vichy.

Polémique

Après la Première Guerre mondiale, Youenn Drezen a été l'un des premiers membres de Breiz Atao Wikipedia-logo-v2.svg, un groupuscule raciste qui prônait la haine de la France et de tout ce qui pouvait nuire à la pureté de la « race bretonne »[2].

La ville de Pont-L'Abbé a aussi dénommé une rue à son nom en 1979, mais elle a finalement décidé en décembre 2019 de la débaptiser[3]. Il faut dire que le journaliste fut, malgré des qualités évidentes d'écrivain, le rédacteur de nombreux textes antisémites, racistes, anti-Français et anti-résistants et qu'il a collaboré durant la seconde guerre mondiale avec l'occupant[4]. En août 1944, Drezen reste à Rennes après la Libération. Il est interrogé deux fois par des officiers FFI, sans suite. Témoin des exactions de jeunes FFI contre les femmes accusées de collaboration, trainées dans la rue, rasées, faisant l'objet de violences sexuelles, il écrit une lettre au commissaire régional de la République Victor Le Gorgeu où il dénonce cette «parodie de justice populaire». Drezen est incarcéré le 6 septembre au camp Margueritte, le temps d'une enquête. Il voit le juge d'instruction en décembre. Libéré le 10 janvier 1945, son dossier fut classé sans suite, mais il fit l'objet d'une interdiction de séjour d'un an en Bretagne[5]. Youenn Drezen, n'est cité dans aucune liste noire d'écrivains collaborateurs pendant la guerre.

En octobre 2021, le parti de gauche souhaite débaptiser la rue à Rennes, évoquant le caractère antisémite du personnage[6].


« À Rennes, [...] la mairie socialiste (entre 1983 et 1986, ndlr) a choisi de donner aux rues du quartier des Longs Champs, tantôt un nom de nationaliste pronazi, tantôt un nom de résistant (ainsi le collabo Xavier de Langlais[7] jouxte-t-il le résistant André Philip[8] : ainsi le nationaliste Yann Sohier[9], ardent défenseur du programme national-socialiste de son ami Mordrel, jouxte-t-il le colonel Rémy[10] ; ainsi la rue Youenn Drezen descend-elle vers la rue Fernand Pelloutier, militant libertaire, en compagnie du barde nationaliste Xavier Grall[11] qui bénéficie d'une longue avenue). Il a fallu l'aplomb de militants bien aguerris pour aller jusqu'à faire attribuer à une rue le nom de l'obscur Louis Andouard[12], fanatique nationaliste, successeur de Roparz Hemon à la tête du journal Arvor sous l'Occupation et mari de Françoise Rozec, non moins fanatique nationaliste enfuie avec les SS du Bezen Perrot dont elle devait épouser l'un des chefs. »

— Françoise Morvan
Origine : "L'affaire Drezen" - Blog[13] • Recueilli par Manu35 • 2024licence

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Note et références