« Quand nourrir rimait avec mourir » : différence entre les versions

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==Tout sauf du lait !==
==Tout sauf du lait !==
Une réponse suffit à récapituler l'essentiel de ce propos :
Une réponse suffit à récapituler l'essentiel de ce propos :
"Interrogée si surprise une fois à donner une soupe de pain noir à un enfant frais né, sur ce qu'on luy representa qu'elle pechait mortellement, elle ne repondit pas que les sages femmes lui disaient qu'elle pouvait faire manger des pierres à ces enfants."
"Interrogée si surprise une fois à donner une soupe de pain noir à un enfant frais né, sur ce qu'on luy representa qu'elle pechait mortellement, elle ne repondit pas que les sages femmes lui disaient qu'elle pouvait faire manger des pierres à ces enfants ?".


Ici, s'ouvre le panorama glacial des propos abjects et des actes criminels qui s'unissent dans un jeu de procédés abominables, ceux d'une criminalité établie, c'est-à-dire occulte et organisée. On sait pourtant que le Mal, mis en pleine lumière, trouve toujours des justifications au moins partielles, des voies de retour rapide vers la rassurante et banale médiocrité. Ces éléments apparaissent dans certains interrogatoires, du genre : On ne me disait pas leur âge, je leur donnais de la bouillie ! avec le classique refus d'assumer une responsabilité : "des enfants batards confiés par des sages femmes à laditte Dujardin, qui lui dit un jour que ces mêmes sages femmes qu'elle ne lui nomma pas, luy recommandaient de nourir ces pauvres enfants le plus mal possible afin de les faire périr plutôt."
Ici, s'ouvre le panorama saisissant des propos abjects et des actes criminels qui s'unissent dans un jeu de procédés révoltants, ceux d'une criminalité établie, c'est-à-dire occulte et organisée. On sait pourtant que le Mal, mis en pleine lumière, trouve toujours des justifications au moins partielles, des voies de retour rapide vers la rassurante et banale médiocrité. Ces éléments apparaissent dans certains interrogatoires, du genre : On ne me disait pas leur âge, je leur donnais de la bouillie ! avec le classique refus d'assumer une responsabilité : "des enfants batards confiés par des sages femmes à laditte Dujardin, qui lui dit un jour que ces mêmes sages femmes qu'elle ne lui nomma pas, luy recommandaient de nourir ces pauvres enfants le plus mal possible afin de les faire périr plutôt."


Un des premiers soupçons de la justice est de savoir si la même femme ne prend pas plusieurs enfants en même temps : elle est censée les allaiter ! Aucune réponse ne vient pourtant nourrir cette préoccupation assez théorique vu ce qui suit...
Un des premiers soupçons des juges du présidial est de savoir si la supposée nourrice ne prend pas plusieurs enfants en même temps : elle est censée les allaiter ! Aucune réponse ne vient pourtant confirmer cette préoccupation, d'ailleurs assez théorique vu ce qui suit...


Les nourrices interrogées n'allaitent en fait jamais les enfants ! Peut-être en est-il autrement dans les communes voisines ? Heureux alors s'ils reçoivent quelque chose surtout s'il est donné avec un minimum de bienveillance ! La plupart doit savoir s'adapter le plus rapidement possible à la traditionnelle bouillie de blé noir, seul aliment bon marché et couramment disponible dans le foyer. Dans ces conditions, peu alimenté et sans soin, le nouveau-né, même sain, meurt d'épuisement au bout de ses cris (jour et nuit) et de sa dénutrition, son calvaire entretenu deux ou trois semaines par quelques apports de lait de vache ou de bouillie diluée. Il est pourtant notoire qu'il est "impossible que ces malheureuses victimes puissent resister" aux aliments solides à "l'action trop forte".
Les nourrices interrogées n'allaitent en fait jamais les enfants ! Peut-être en est-il autrement dans les communes voisines ? Heureux alors s'ils reçoivent quelque chose surtout s'il est donné avec un minimum de bienveillance ! La plupart doit savoir s'adapter le plus rapidement possible à la traditionnelle bouillie de blé noir, seul aliment bon marché et couramment disponible dans le foyer. Dans ces conditions, peu alimenté et sans soin, le nouveau-né, même sain, meurt d'épuisement au bout de ses cris (jour et nuit) et de sa dénutrition, son calvaire entretenu deux ou trois semaines par quelques apports de lait de vache ou de bouillie diluée. Il est pourtant notoire qu'il est "impossible que ces malheureuses victimes puissent resister" aux aliments solides à "l'action trop forte".
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