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[[Fichier:Crique_Le_Mousselet.png|350px|right|thumb|La crique du Mousselet]] | [[Fichier:Crique_Le_Mousselet.png|350px|right|thumb|La crique du Mousselet]] | ||
[[Fichier:Feux-Follets.png|150px|right|thumb|Villa Les Feux-Follets, à Saint-Cast. http://www.inventaire.culture.gouv.fr/ ]] | [[Fichier:Feux-Follets.png|150px|right|thumb|Villa Les Feux-Follets, à Saint-Cast. http://www.inventaire.culture.gouv.fr/ ]] | ||
=== Sur la côte nord bretonne, agents infiltrés, agents exfiltrés === | === Sur la côte nord bretonne, agents infiltrés, agents exfiltrés === | ||
==== De Saint-Cast==== | ==== De Saint-Cast==== | ||
| Ligne 22 : | Ligne 22 : | ||
Dans la nuit du 28-29 octobre, venant d'Angleterre, (opération Jealous ou Mango 4 pour SOE) débarquent du MGB 697 Erwin Deman et Emile Raymond Minerault, 32 ans, américain d'origine française, avec des magasins et du matériel radio et ils gagnent vers deux heures du matin la villa ''Feux-Follets'' au 33 rue des Nouettes, à Saint-Cast, villa de ses parents indiquée par Aristide Sicot alors instituteur à Pléhérel. La vedette arrivait remplie de matériel (armes, postes de radio, provisions…). | Dans la nuit du 28-29 octobre, venant d'Angleterre, (opération Jealous ou Mango 4 pour SOE) débarquent du MGB 697 Erwin Deman et Emile Raymond Minerault, 32 ans, américain d'origine française, avec des magasins et du matériel radio et ils gagnent vers deux heures du matin la villa ''Feux-Follets'' au 33 rue des Nouettes, à Saint-Cast, villa de ses parents indiquée par Aristide Sicot alors instituteur à Pléhérel. La vedette arrivait remplie de matériel (armes, postes de radio, provisions…). | ||
« Imaginez la difficulté à les transporter, la nuit, le long du sentier escarpé qui remonte du Mousselet ![...] Bien sûr, cela n’était pas de tout repos pour mes parents qui avaient à héberger ces fugitifs, en cette période de restrictions alimentaires. Ils furent aidés pour cela par le secrétaire de Mairie de Plurien, Jules Labbé, qui s’arrangea pour leur fournir tickets de rationnement et faux papiers, et aida mon frère Aristide dans ses recherches d’approvisionnement à travers la campagne ». | « Imaginez la difficulté à les transporter, la nuit, le long du sentier escarpé qui remonte du Mousselet ![...] Bien sûr, cela n’était pas de tout repos pour mes parents qui avaient à héberger ces fugitifs, en cette période de restrictions alimentaires. Ils furent aidés pour cela par le secrétaire de Mairie de Plurien, Jules Labbé, qui s’arrangea pour leur fournir tickets de rationnement et faux papiers, et aida mon frère Aristide dans ses recherches d’approvisionnement à travers la campagne ». | ||
[[Fichier:Plaque_du_r%C3%A9seau_VAR.png|500px|left|thumb| Stèle placée, le 3 août 2024, à Saint-Cast, à l’entrée de l’''allée du Réseau Var'', récemment créée, tout près de l’''Allée Aristide Sicot'', ces deux allées encadrent la villa « Les Feux-Follets », autrefois propriété de la famille Sicot ]] | |||
Autre difficulté : le triste état dans lequel arrivaient certains des aviateurs : quelques-uns étaient blessés (et pas question d’appeler un médecin !). Leurs vêtements devaient être nettoyés, réparés et, souvent, remplacés. Madame Sicot s’en chargeait. <ref> Témoignage de Renée Sicot-Labbé, sœur d’Aristide, en 1992 " </ref> Le 31, ils prennent un train pour Rennes à la gare de Plestan. A Rennes, Deman emmène Minerault chez un cordonnier du 21 rue Saint-Hélier, chez M et Mme Bieard. Minerault reste rue Saint-Hélier jusqu'au mardi 2 novembre, période pendant laquelle Deman amène Louis Lecorvaisier, pour rencontrer Minerault <ref> « Le 7 mars 1945 les déportés d’un « convoi d’inutiles » en provenance de Dora furent gazés à Bergen Belsen, dont Emile Minerault, matricule 77476 </ref> et il rend visite aux sœurs Jestin, rue de Bertrand, pour savoir ce qui se passait depuis son départ en septembre, puis fit venir Louis Lecorvaisier à leur appartement. Le 25 novembre eut lieu la première opération importante. | Autre difficulté : le triste état dans lequel arrivaient certains des aviateurs : quelques-uns étaient blessés (et pas question d’appeler un médecin !). Leurs vêtements devaient être nettoyés, réparés et, souvent, remplacés. Madame Sicot s’en chargeait. <ref> Témoignage de Renée Sicot-Labbé, sœur d’Aristide, en 1992 " </ref> Le 31, ils prennent un train pour Rennes à la gare de Plestan. A Rennes, Deman emmène Minerault chez un cordonnier du 21 rue Saint-Hélier, chez M et Mme Bieard. Minerault reste rue Saint-Hélier jusqu'au mardi 2 novembre, période pendant laquelle Deman amène Louis Lecorvaisier, pour rencontrer Minerault <ref> « Le 7 mars 1945 les déportés d’un « convoi d’inutiles » en provenance de Dora furent gazés à Bergen Belsen, dont Emile Minerault, matricule 77476 </ref> et il rend visite aux sœurs Jestin, rue de Bertrand, pour savoir ce qui se passait depuis son départ en septembre, puis fit venir Louis Lecorvaisier à leur appartement. Le 25 novembre eut lieu la première opération importante. | ||
Dans la nuit du 23 au 24 décembre, une tentative du réseau Var d'exfiltrer le {{w|général Marcel Allard}} vers l'Angleterre échoua à Noël 1943 : devait débarquer un groupe mixte de six agents du SOE (dont deux femmes) sur la plage de la Fresnaye et il était prévu de récupérer neuf passagers pour l'Angleterre, parmi eux, un membre de la RAF et cinq aviateurs américains, ainsi que le général français Marcel Allard avaient été assemblés à la villa de la famille Sicot des ''Feux-Follets'' . Cette opération SOE ''Jealous III'' fut abandonnée après que le MGB 502 (Williams), ayant dû opérer une approche en profondeur dans la baie jusqu'à la hauteur de la pointe du Châtelet, eût été repéré depuis la côte par les Allemands du blockhaus des Corbières et pris pour cible à la lumière de fusées éclairantes.<ref> ''Oscar Buckmaster, un réseau de Résistance en Haute-Bretagne'', pp. 223,224 Daniel Jolys, imp. Reuzé, Martigné-Ferchaud - Nov. 2022 </ref> Replié sur Rennes, Aristide Sicot échappa de peu à l’arrestation. Sa sœur Renée, normalienne au lycée de Rennes, l’aida à échapper aux recherches. | Dans la nuit du 23 au 24 décembre, une tentative du réseau Var d'exfiltrer le {{w|général Marcel Allard}} vers l'Angleterre échoua à Noël 1943 : devait débarquer un groupe mixte de six agents du SOE (dont deux femmes) sur la plage de la Fresnaye et il était prévu de récupérer neuf passagers pour l'Angleterre, parmi eux, un membre de la RAF et cinq aviateurs américains, ainsi que le général français Marcel Allard avaient été assemblés à la villa de la famille Sicot des ''Feux-Follets'' . Cette opération SOE ''Jealous III'' fut abandonnée après que le MGB 502 (Williams), ayant dû opérer une approche en profondeur dans la baie jusqu'à la hauteur de la pointe du Châtelet, eût été repéré depuis la côte par les Allemands du blockhaus des Corbières et pris pour cible à la lumière de fusées éclairantes.<ref> ''Oscar Buckmaster, un réseau de Résistance en Haute-Bretagne'', pp. 223,224 Daniel Jolys, imp. Reuzé, Martigné-Ferchaud - Nov. 2022 </ref> Replié sur Rennes, Aristide Sicot échappa de peu à l’arrestation. Sa sœur Renée, normalienne au lycée de Rennes, l’aida à échapper aux recherches. | ||
[[Fichier:Plage_du_r%C3%A9seau_VAR.png|right|450px|thumb|Plage sous la pointe de Beg An Fry, en Guimaëc]] | |||
[[Fichier:Maison_soeurs_Jacob.png|150px|left|thumb|Maison alors tabac-épicerie des sœurs Jacob en 1944]] | [[Fichier:Maison_soeurs_Jacob.png|150px|left|thumb|Maison alors tabac-épicerie des sœurs Jacob en 1944]] | ||
==== Puis de | ==== Puis de Guimaëc, à l'ouest de Locquirec==== | ||
Les opérations ultérieures de la ligne Var furent déplacées plus à l'ouest jusqu'à la plage de Beg-an-Fry, près de Guimaëc, dans le Finistère. Sous la pointe de Beg An Fry Aristide Sicot,<ref>https://maitron.fr/spip.php?article173236</ref> alias ''Jeannette'', avait repéré la petite plage de Vilin Izella tout-à-fait adaptée à un débarquement, protégée des regards à l'est par deux éperons rocheux. Sept opérations maritimes y furent menées lors des nuits sans lune.<ref>Témoignage du capitaine Louis Lecorvaisier (alias ''Yves'') du réseau VAR 8 déc. 1945. Une stèle y fut érigée en 1969. | Les opérations ultérieures de la ligne Var furent déplacées plus à l'ouest jusqu'à la plage de Beg-an-Fry, près de Guimaëc, dans le Finistère. Sous la pointe de Beg An Fry Aristide Sicot,<ref>https://maitron.fr/spip.php?article173236</ref> alias ''Jeannette'', avait repéré la petite plage de Vilin Izella tout-à-fait adaptée à un débarquement, protégée des regards à l'est par deux éperons rocheux. Sept opérations maritimes y furent menées lors des nuits sans lune.<ref>Témoignage du capitaine Louis Lecorvaisier (alias ''Yves'') du réseau VAR 8 déc. 1945. Une stèle y fut érigée en 1969. | ||
https://francearchives.fr/fr/facomponent/7672205d9be3b7c5aca2124a3400fa627bd18c91 </ref>. Quelques résistants étaient chargés d’accueillir les agents en gare locale, un négociant en vin, Pierre Barazer, assurait leur transport, les sœurs du tabac-épicerie Jacob à Guimaëc hébergeaient les agents dans une maison inhabitée située en face de leur établissement et voisine d'une maison occupée par les Allemands. Yvonne et Germaine Jacob assurent la nourriture et l’hébergement. Alice et Raymonde sont nommées "chefs de plage", elles sont de toutes les opérations d’embarquement et de débarquement. Convoyeuses et guides pour le transfert des agents, elles font des centaines de kilomètres dans le pays de Morlaix à bicyclette puis des missions à Paris. Avec la complicité d'un forgeron de Plouigneau, Thomas (qui accueillait les aviateurs à la gare locale) et d'un négociant en vins, ils étaient transférés de Guimaëc vers Beg-ar-Fry à pied, un trajet d'environ 7 km, de nuit en suivant le talus côté champ alors que les patrouilles allemandes passaient sur la route à 5 mètres d'eux. | https://francearchives.fr/fr/facomponent/7672205d9be3b7c5aca2124a3400fa627bd18c91 </ref>. Quelques résistants étaient chargés d’accueillir les agents en gare locale, un négociant en vin, Pierre Barazer, assurait leur transport, les sœurs du tabac-épicerie Jacob à Guimaëc hébergeaient les agents dans une maison inhabitée située en face de leur établissement et voisine d'une maison occupée par les Allemands. Yvonne et Germaine Jacob assurent la nourriture et l’hébergement. Alice et Raymonde sont nommées "chefs de plage", elles sont de toutes les opérations d’embarquement et de débarquement. Convoyeuses et guides pour le transfert des agents, elles font des centaines de kilomètres dans le pays de Morlaix à bicyclette puis des missions à Paris. Avec la complicité d'un forgeron de Plouigneau, Thomas (qui accueillait les aviateurs à la gare locale) et d'un négociant en vins, ils étaient transférés de Guimaëc vers Beg-ar-Fry à pied, un trajet d'environ 7 km, de nuit en suivant le talus côté champ alors que les patrouilles allemandes passaient sur la route à 5 mètres d'eux. | ||
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