Villages nègres à Rennes

De WikiRennes
Aller à la navigationAller à la recherche

Au cours du XXe siècle, Rennes a accueilli à plusieurs reprises (en 1929 et 1932) des « villages nègres », il s'agissait d'exhibitions humaines destinées à montrer la richesse de l'empire colonial français à la façon des zoos humains et des expositions coloniales du Jardin d'Acclimatation parisien.

L'Ouest-Eclair 1er mai 1929, témoigne de cet exotisme attrayant pour la population rennaise

Village nègre de 1929

Ouest-Eclair 29 avril 1929

En marge de la foire-exposition sur le Champ de Mars en 1929 est installé, place Hoche, un "village nègre". Ainsi, pendant ces quelques jours de fin avril et début mai, Rennaises et Rennais vont pouvoir satisfaire leur curiosité et pallier un peu leur ignorance sur ces indigènes des colonies africaines aux mœurs exotiques, voire sauvages, si étonnantes, même lorsqu'il s'agit de la prière musulmane. Cette exposition particulière est une distraction éducative au but louable, estime-t-on alors. Les civilisés vont ainsi mieux appréhender la vie de ces lointains Soudanais et autres Sénégalais dont sont présentés quelques échantillons.

Un ancien combattant exhibé à cette occasion déclare : « Pendant la guerre, on savait bien nous placer au même rang que les autres, nous appeler des frères. Maintenant que l'on a plus besoin de nous, on nous met de côté ».

Village « soudanais » de 1932

Et voici qu'en avril 1932, un village "soudanais" remplaçant le qualificatif précédent "nègre", est à nouveau sur la place Hoche, en marge de la foire-exposition de Rennes. C'est dans l'air du temps car l'exposition coloniale internationale, dont la France a été fière, a eu leu à Paris l'année précédente, opération de propagande vivante en faveur de l'œuvre coloniale. Pour l'exposition de Rennes quatre photos sont présentées sur l'Ouest-Eclair au lecteur, dont l'une légendée "Un beau type de nègre". Le journaliste s'extasie devant ce qu'il découvre derrière la palissade qui entoure le village : "Un tableau charmant de petits négrillons tout jeunes, tout mignons, originaires de la Tripolitaine du sud qui font le Tour de France sous la direction d'un "blanc" qui a pour eux une affection toute paternelle [...] Voici un groupe de jeunes écoliers assis sur une estrade, "en tailleur", qui écoutent avec plus ou moins d'attention le "cours" de leur jeune professeur. Ils répètent avec plus ou moins de conviction, de fidélité".

Les coupures de l'Ouest-Eclair sont éloquentes avec les présentations de ces exhibitions, témoins d'une mentalité qui étonne les générations actuelles.

Ouest-Eclair, 30 avril 1932
Ouest-Eclair 1er mai 1932