Mathurin Marie Chanvril (1829-1893)
Mathurin Marie Chanvril est un marchand voyageur né le 23 avril 1829 et décédé le 16 mai 1893. Il est issu d'une vieille lignée de tisserands qui remonte au XVIIe siècle, ce qui lui a probablement donné sa première révélation de la couleur. Issu de la même génération que Gustave Flaubert (1820-1880), il aimait rappeler la célèbre formule du grand écrivain : « Voyager rend modeste. On voit la place minuscule qu'on occupe dans le monde. ».
Il est le père de Jean Baptiste Chanvril (1861-1917), fondateur de la Maison Chanvril qui fut une importante demeure de marchands de toiles située dans le centre historique de Rennes.
Et grand-père de Marguerite Chanvril, orpheline rennaise à 16 ans et co-fondatrice des Industries Probiomer et du syndical avicole des oeufs extra-frais datés du premier jour vendus jusqu'aux halles de Paris, La Belle Poule.
La fin de sa vie est marquée par l'âge d'or des impressionnistes. Edgar Degas part pour la Louisiane en 1873 où il peint : "Le Bureau de coton à La Nouvelle-Orléans". Il sera fortement marqué par la suite par l'affaire Alfred Dreyfus à Rennes.
Un représentant de la troisième génération de descendants de tisserands et marchands de toiles nomades et voyageurs
Originaire de La Motte/Grâce-Uzel (arrondissement de Saint-Brieuc, Loudéac Communauté − Bretagne Centre) Mathurin Marie Chanvril exerçait le métier de marchand de toile ambulant comme presque tous les hommes de ce petit coin de Bretagne.
Des charrettes pleines de toiles jusqu'à Rennes et Angers
En été, les hommes cultivaient le lin. Les femmes étaient filandières, elles filaient le lin qui était ensuite confié à des tisserands. Lorsque le lin avait été transformé en toiles, les hommes qui avaient cultivé le lin partaient, pour l'hiver, sur les routes, pour vendre la toile de lin. On dit qu'ils partaient sur les routes avec des charrettes pleines de toile et qu'ils allaient parfois jusqu'à Brest (vers l'ouest) et jusqu'à Rennes et Angers (vers l'est).
La génération suivante est devenue sédentaire, ouvrant ainsi des boutiques en ville
Jean-Baptiste Cochard (1871-1927) s'est ainsi établi à Dinan avant de changer de métier pour devenir boulanger à Saint Malo.
Son cousin germain, Jean-Baptiste Chanvril (1861-1917) fait le même choix professionnel en s'installant à Rennes, créant ainsi la Maison Chanvril, ce qui explique qu'il soit décédé à Rennes.
La fin de sa vie est marquée par l'âge d'or des impressionnistes
La fin de sa vie est marquée par l'âge d'or des impressionnistes. Il y a plus de 150 ans, le 15 avril 1874, s’ouvrait, à Paris, la première exposition des Impressionnistes : 31 artistes bien décidés à s’affranchir des règles de la peinture classique. En 2024, le musée des Beaux-arts de Rennes leur rend hommage et propose d'admirer deux Caillebotte et un Sisley, impressionnistes de la première heure.
Les Périssoires a été donné au Musée des beaux-arts de Rennes par le grand collectionneur Georges Wildenstein. Caillebotte doit beaucoup à Marie Berhaut, conservatrice du musée des Beaux-arts de Rennes de 1949 de 1968. Elle l’a remis en pleine lumière, en lui consacrant sa thèse de doctorat et en établissant le catalogue raisonné de ses peintures en 1978.
À noter que le musée des Beaux-arts de Rennes conserve aussi un Corot, Le passage du gué le soir (1868), et un Boudin, Trouville, vue des jetées à marée haute (1885). Ces deux artistes, appréciés des Impressionnistes étaient des adeptes de la peinture en plein air. Le peintre normand avait dit à Monet : « Tout ce qui est peint sur place a une force, une vivacité de touche qu’on ne retrouve pas dans l’atelier ! ».
Fortement marqué par l'affaire Alfred Dreyfus à Rennes, Edgar Degas, fils d'Auguste de Gas, aristocrate banquier et de Célestine Musson, une créole américaine de La Nouvelle-Orléans part pour la Louisiane en 1873 où il peint : "Le Bureau de coton à La Nouvelle-Orléans". Cette toile, qui présente son oncle, ses frères et ses cousins au travail, a été présentée à la seconde exposition Impressionniste, où Zola lui reproche d'être trop proche d'une illustration pour un journal illustré.
Le musée de la toile de la route du lin à Saint-Thélo, gardien de l'univers thélosien cher au romancier rennais
Saint-Thélo, petit village de la Route du Lin, valorise un patrimoine très ancien de la région où Paul Féval (1816-1887), écrivain rennais, possédait, au lieu-dit « l'abbaye », une demeure à Saint-Thélo que sa famille avait acquise dans les années 1840. À plusieurs reprises, le romancier y séjourne et il y écrit plusieurs de ses romans. Il s'inspire notamment de la vie quotidienne des paysans locaux dont la rudesse des mœurs lui inspireront quelques textes littéraires. Aujourd'hui, un centre de loisir porte son nom dans cette commune des Côtes-d'Armor.
De la maison Chanvril à la maison Métier
La maison Métier est située : 546 Carondelet Street, à La Nouvelle Orléans (New Orleans), en Louisiane.
La rue Carondelet est une rue importante de La Nouvelle-Orléans. En traversant Canal Street, elle devient Bourbon Street, qui se prolonge jusqu'à Kerlerec Street, juste à l'extérieur du Quartier français.
La rue doit son nom au gouverneur colonial espagnol Francisco Luis Héctor de Carondelet, dont le gouvernement s'étendit sur les années 1790. Au XIXe siècle, le tronçon de la rue Carondelet près de Canal Street était connu comme un centre du commerce du coton à La Nouvelle-Orléans.Plus haut dans le quartier, Carondelet Street abritait de nombreuses institutions juives de la ville, dont la synagogue historique Anshe Sfard, toujours en place. Le bâtiment original du Temple Sinaï se trouvait dans la rue avant d'être démoli en 1977, malgré les objections des défenseurs du patrimoine.
Le pâté de maisons 3600 de la rue, dans le quartier de Milan, a été décrit comme « l'un des pâtés de maisons les plus remarquables de la ville », avec trois maisons emblématiques, dont la maison Bullitt-Longenecker (également connue sous le nom de « Villa Suisse »), inscrite au Registre national des lieux historiques.
Approfondissements
Au musée des beaux-arts de Rennes : Caillebotte, Sisley, Boudin et Corot dans les collections permanentes du 1er étage. Entrée gratuite.

